<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Des contes et l&#xe9;gendes</title><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/</link><description>Mais aussi des histoires pour apprendre la morale de fa&#xe7;on ludique.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sat, 26 Dec 2009 18:16:58 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Le bon g&#xe9;ant</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/12/23/16248124.html</link><category>Divers</category><category>amaranthe</category><category>g&#xe9;ant</category><category>J. Bl&#xe9;ret</category><category>ogre</category><category>roi</category><category>royaume</category><category>savetier</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/12/23/16248124.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/16248124/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/12/23/16248124.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffff66&quot;&gt;Le royaume des Amaranthes jaunes &#xe9;tait gouvern&#xe9; par un bon roi qui faisait le bonheur de ses sujets. Nous&lt;img height=&quot;273&quot; alt=&quot;sapin&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/55/79/218998/47800756.gif&quot; width=&quot;218&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt; n&apos;avons trouv&#xe9; nulle part le nom de ce roi et la situation de ce royaume, parce que, comme le dit une vieille chanson, les rois heureux n&apos;ont pas d&apos;histoire. &lt;br /&gt;La capitale de cet heureux pays &#xe9;tait situ&#xe9;e au pied d&apos;une montagne. De l&apos;autre c&#xf4;t&#xe9; de cette montagne habitait un g&#xe9;ant, qui avait quatorze pieds de hauteur ; il demeurait dans une grotte que la nature avait creus&#xe9;e et qu&apos;il avait agrandie. Il en avait fait un s&#xe9;jour tr&#xe8;s confortable qui valait bien en son genre le palais du roi.&lt;br /&gt;Ce g&#xe9;ant &#xe9;tait un brave homme comme le sont la plupart des hommes qui sont de grande taille ; il avait toutefois un petit d&#xe9;faut ; il &#xe9;tait mysanthrope, c&apos;est-&#xe0;-dire qu&apos;il d&#xe9;testait l&apos;esp&#xe8;ce humaine. Il &#xe9;tait trop honn&#xea;te pour lui faire du mal, mais la d&#xe9;testait trop pour lui faire du bien. Mais, me demanderez-vous, quel bien aurait-il pu faire &#xe0; ses voisins du royaumes des Amaranthes jaunes ? Avez-vous donc oubli&#xe9; les m&#xe9;morables exploits de Gulliver chez les petits hommes de Lillipur, comment il ramena et rapporta un jour la flotte des Brobdignaquois, comment il sauva le roi de Lilliput qui allait &#xea;tre d&#xe9;vor&#xe9; par une b&#xea;te f&#xe9;roce ? D&apos;ailleurs un po&#xe8;te des plus c&#xe9;l&#xe8;bres dont j&apos;ai aussi oubli&#xe9; le nom n&apos;a-t-il pas dit :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffff66&quot;&gt;&lt;em&gt;L&apos;amiti&#xe9; d&apos;un grand homme est un bienfait des dieux !&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffff66&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/09/90/218998/47800792.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;En temps ordinaire, le g&#xe9;ant ne donnait d&apos;autre preuve de son humeur solitaire, que sa solitude m&#xea;me. Si on lui parlait, il vous tournait le dos ; si on allait le voir, il s&apos;enfermait chez lui ; et si on frappait &#xe0; sa porte, il r&#xe9;pondait d&apos;une voix &#xe0; fendre les vitres et &#xe0; faire tomber une pile d&apos;assiettes : &amp;quot;Je n&apos;y suis pas&amp;quot;. On voyait bien qu&apos;il y &#xe9;tait, mais c&apos;&#xe9;tait justement l&#xe0; une raison pour ne pas insister. Apr&#xe8;s tout, on ne sait pas ; un g&#xe9;ant peut casserr un homme en deux, rien qu&apos;en plaisantant avec lui ; que sera-ce s&apos;il se met en col&#xe8;re !&lt;br /&gt;Mais chaque ann&#xe9;e, aux environs de No&#xeb;l, la mauvaise humeur du g&#xe9;ant prenait un caract&#xe8;re aigu. Le vent lui apportait sous forme d&apos;&#xe9;manations odorantes un sp&#xe9;cimen de toutes les bonnes choses qui se pr&#xe9;paraient en ville pour f&#xea;ter No&#xeb;l, et chacune de ces &#xe9;manations lui donnait un acc&#xe8;s de col&#xe8;re. Bref, de peur de faire des sottises, irr&#xe9;parables &#xe0; cette &#xe9;poque, il avait l&apos;habitude d&apos;aller faire un tour dans son pays, et il y restait huit jours.&lt;br /&gt;Cette ann&#xe9;e, c&apos;est-&#xe0;-dire en 10845 avant notre &#xe8;re, (vous voyez que ce n&apos;est pas d&apos;hier), et le 20 &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/11/26/218998/47800809.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;ogre&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/11/26/218998/47800809_p.jpg&quot; width=&quot;221&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;d&#xe9;cembre, le g&#xe9;ant &#xe9;tait occup&#xe9; &#xe0; faire sa malle, qu&apos;il devait ensuite porter lui-m&#xea;me au chemin de fer...&lt;br /&gt;- Mais, monsieur le conteur, il n&apos;y avait pas de chemin de fer en ce temps-l&#xe0;.&lt;br /&gt;- Il y en avait au royaume des Amaranthes jaunes. D&apos;abord dans un pays o&#xf9; il y a un homme de quinze pieds, les chemins de fer ne sont nullement une merveille. Si vous m&apos;interrompez toujours, je fais comme le g&#xe9;ant, je&amp;nbsp; boucle ma malle, qui est pleine de contes, et je vais passer huit jours dans ma famille, apr&#xe8;s avoir &#xe9;crit sur ma porte : La suite au prochain num&#xe9;ro.&lt;br /&gt;- Monsieur le conteur, nous vous promettons d&apos;&#xe9;couter sans faire d&apos;objections.&lt;br /&gt;- C&apos;est bien, alors je continue. Le roi, qui &#xe9;tait aim&#xe9; de tout le monde, &#xe9;tait fort vex&#xe9; de cette conduite du g&#xe9;ant. Il se disait : il n&apos;est pas dans tout mon royaume un seul moutard qui ne m&apos;apporte ses souhaits et son pr&#xe9;sent de No&#xeb;l, et qui ne re&#xe7;oive de moi un souvenir. Il n&apos;y a que cette esp&#xe8;ce d&apos;ogre. Mais il n&apos;aura pas le dernier mot. Je ne veux pas lui d&#xe9;clarer la guerre, car toute ma poudre a &#xe9;t&#xe9; d&#xe9;pens&#xe9;e au 14 juillet pour tirer le feu d&apos;artifice, tous mes canons ont &#xe9;t&#xe9; plant&#xe9;s dans le sol pour faire des grilles autour des monuments, et mes soldats ont tous &#xe9;t&#xe9; vers&#xe9;s dans le r&#xe9;giment des pompiers. Mais &#xe0; d&#xe9;faut de la force, il me reste la ruse. A moi Machiavel ! &#xe0; moi tous les grands trompeurs qui ont dup&#xe9; l&apos;univers.&lt;br /&gt;- Monsieur le conteur, il nous semble que Machiavel &#xe9;tait de Florance et qu&apos;il vivait au XVIe si&#xe8;cle.&lt;br /&gt;- Sans doute ; il y eu des Machiavel &#xe0; toutes les &#xe9;poques, et aussi bien cent si&#xe8;cles avant notre &#xe8;re que seize si&#xe8;cles apr&#xe8;s. Il y en aura toujours ; d&apos;ailleurs, si vous tenez &#xe0; la fin de mon histoire, &#xe9;coutez-l&#xe0; jusqu&apos;au bout.&lt;br /&gt;Aussit&#xf4;t le roi lan&#xe7;a une proclamation par laquelle il promettait &#xe0; l&apos;homme qui r&#xe9;ussirait &#xe0; amener le g&#xe9;ant, autant d&apos;or qu&apos;il pourrait en porter.&lt;br /&gt;Un petit savetier seul fut tent&#xe9; par cette promesse ; il alla trouver le g&#xe9;ant, qui &#xe9;tait entrain de mettre ses bottes. Au moment de chausser celle du pied gauche, il l&apos;examina et reconnut que le talon en &#xe9;tait tordu et la semelle perc&#xe9;e. Le petit savetier lui offrit ses services.&lt;br /&gt;- Tu viens au bon moment, dit le g&#xe9;ant au savetier, je pars demain. Fais-moi une paire de bottes. Mais non, ne me la fais pas ; jamais elle ne sera pr&#xea;te.&lt;br /&gt;- Monseigneur, dit le savetier, vous ignorez mes rares talents. Je suis capable de faire ce que vous me demandez, mais vous me le payerez sa valeur.&lt;br /&gt;- Allons, dis ton prix.&lt;br /&gt;- Eh bien, monseigneur, si je vous fais vos bottes pour demain, vous consentiriez &#xe0; venir passer un jour ou l&apos;autre les f&#xea;tes de No&#xeb;l chez le roi des Amaranthes jaunes.&lt;br /&gt;- Cela demande r&#xe9;flexion. Enfin, pourvu que ce ne soit pas le jour m&#xea;me de No&#xeb;l, c&apos;est entendu. Mets-toi &#xe0; l&apos;ouvrage ; si tu veux travailler ici, tu trouveras du cuir et les outils. &lt;br /&gt;Et le petit savetier se mit &#xe0; la besogne.&lt;br /&gt;Le savetier, comme nous l&apos;avons dit, &#xe9;tait habile ; mais encore plus vantard qu&apos;habile ; et comme il n&apos;avait point l&apos;habitude de faire une paire de bottes en 24 heures, et encore moins celle de chausser en ce court d&#xe9;lai des hommes de quatorze pieds de haut, il fit ce qu&apos;on fait quand on se d&#xe9;p&#xea;che trop, il apporta la paire de bottes finie, mais mal faite. Quand le g&#xe9;ant voulut la mettre, l&apos;une des bottes &#xe9;tait si &#xe9;troite, qu&apos;il la fendit du haut en bas, l&apos;autre &#xe9;tait si large qu&apos;il e&#xfb;t pu ais&#xe9;ment y mettre les deux jambes ensemble, et s&apos;en aller dans son pays &#xe0; cloche-pied. Mais au lieu de voyager de cette mani&#xe8;re, il pr&#xe9;f&#xe9;ra se mettre en col&#xe8;re et apostropha le petit savetier :&lt;img height=&quot;343&quot; alt=&quot;cq700myg&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/32/19/218998/47800818.gif&quot; width=&quot;266&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;- Savetier de quatre sous... commen&#xe7;a-t-il.&lt;br /&gt;Le savetier n&apos;en voulut pas entendre davantage, il se sauva &#xe0; toutes jambes, et comme il &#xe9;tait mieux chauss&#xe9; que ne le pr&#xe9;tend le proverbe, il ne fut pas longtemps &#xe0; se mettre hors de port&#xe9;e du g&#xe9;ant. D&apos;ailleurs, celui-ci, qui &#xe9;tait une bonne p&#xe2;te d&apos;homme, n&apos;avait d&apos;autre but que de faire peur aux pr&#xe9;tentieux Cr&#xe9;pin.&lt;br /&gt;L&apos;artiste en vieux souliers revint donc bredouille.&lt;br /&gt;Mlle Lilette fut la plus heureuse. Elle se rendit aupr&#xe9;s du g&#xe9;ant qui avait ferm&#xe9; sa porte, apr&#xe8;s avoir &#xe9;crit dessus : je n&apos;y suis pour personne. Elle frappa ; il ouvrit avec la ferme r&#xe9;solution d&apos;aplatir l&apos;intrus qui se permettait de venir l&apos;ennuyer. Il ne vit pas cet intrus : Mlle Lilette n&apos;avait que deux pieds de hauteur ; il est vrai qu&apos;elle n&apos;en &#xe9;tait que plus gentille.&lt;br /&gt;Le g&#xe9;ant eut beaucoup de peine &#xe0; l&apos;apercevoir ; cela fait il la prit doucement, l&apos;approcha de sa grande barbe, et d&apos;une voix capable de faire tourner un moulin, bien qu&apos;il cherch&#xe2;t &#xe0; l&apos;adoucir pour ne pas effrayer l&apos;enfant, il lui demanda :&lt;br /&gt;- Qu&apos;est-ce que tu veux, ma petite ?&lt;br /&gt;- Ze veux, dit-elle que tu viennes c&#xe8;z nous : &#xe7;a sera bien zoli, et mon papa m&apos;a dit que si ze t&apos;amenais, le roi me donnerait un plein panier d&apos;&#xe9;cus. Mon papa n&apos;est pas rice, et maman non plus.&lt;br /&gt;Le g&#xe9;ant se grattait le bout du nez, il &#xe9;tait d&#xe9;j&#xe0; &#xe0; moiti&#xe9; d&#xe9;cid&#xe9;.&lt;br /&gt;- Veux-tu venir, dis ? demanda l&apos;enfant, de sa voix la plus caline.&lt;br /&gt;- Allons, c&apos;est dit, tant pis, j&apos;y vais, s&apos;&#xe9;cria-t-il. En route, mauvaise troupe.&lt;br /&gt;Et ayant mis l&apos;enfant dans la poche de sa pelisse chaudement fourr&#xe9;e, ayant pris ses gros gants de laine et son b&#xe2;ton, le g&#xe9;ant se mit en marche pour aller passer la f&#xea;te de No&#xeb;l au royaume des Amaranthes jaunes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffff66&quot;&gt;J. BLERET&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 23 Dec 2009 18:05:00 GMT</pubDate></item><item><title>CRACUS - L&#xe9;gende Historique</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/12/18/16183180.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><category>caverne</category><category>Cracovie</category><category>dragon</category><category>flamme</category><category>Kraszewski</category><category>monstre</category><category>Pologne</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/12/18/16183180.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/16183180/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/12/18/16183180.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#9966cc&quot;&gt;&lt;img height=&quot;299&quot; alt=&quot;dragon3&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/13/95/218998/47601595.gif&quot; width=&quot;304&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Non loin de la Vistule on voit encore aujourd&apos;hui une haute montagne, appel&#xe9;e Wavel, dont une des cavernes servait jadis, dans les temps les plus recul&#xe9;s de l&apos;histoire l&#xe9;gendaire, de retraite &#xe0; un dragon qui ravageait le pays, d&#xe9;vorant tout ce qui se trouvait sous ses pas : brebis, chevaux, enfants, les hommes eux-m&#xea;mes. Toute la contr&#xe9;e &#xe9;tait dans une profonde d&#xe9;solation, et tel &#xe9;tait l&apos;effroi de la population, que personne n&apos;osait plus sortir de sa demeure. En vain, on avait t&#xe2;ch&#xe9; de combattre le fl&#xe9;au. Plus d&apos;un songeait &#xe0; &#xe9;migrer pour aller chercher ailleurs la s&#xe9;curit&#xe9; ; mais lorsqu&apos;on se rappelait tous les efforts qu&apos;il avait fallu mettre en oeuvre pour s&apos;&#xe9;tablir l&#xe0;, on ne pouvait se d&#xe9;cider &#xe0; quitter ce coin de terre o&#xf9; l&apos;on &#xe9;tait n&#xe9;, que l&apos;on avait p&#xe9;niblement d&#xe9;frich&#xe9; &#xe0; la sueur de son front. Le sol que baigne la Vistule est, au reste, d&apos;une grande fertilit&#xe9;, la terre y donne en abondance des produits de toute nature. Aussi, malgr&#xe9; les maux qu&apos;ils avaient &#xe0; souffrir, les habitants ajournaient-ils de semaine en semaine leur d&#xe9;part, cherchant ensemble un moyen de d&#xe9;fense et de salut.&lt;br /&gt;Un jour qu&apos;ils avaient, en assembl&#xe9;e publique, longtemps d&#xe9;lib&#xe9;r&#xe9; sur ce sujet, un d&apos;eux conseilla d&apos;apaiser le monstre en lui offrant quelque proie qui lui f&#xfb;t agr&#xe9;able. &amp;quot;Donnons-lui, dirent-ils, &#xe0; d&#xe9;vorer chaque ann&#xe9;e une des plus belles filles du pays.&amp;quot;&lt;br /&gt;Cette proposition fut d&apos;abord repouss&#xe9;e avec horreur, mais quand on se fut avou&#xe9; qu&apos;il n&apos;y avait pas d&apos;autres ressources et qu&apos;&#xe0; ce prix seul on pouvait acheter la tranquillit&#xe9;, on se rangea de cet avis. Il fut donc convenu qu&apos;apr&#xe8;s les travaux des champs on convoquerait toutes les jeunes filles en un m&#xea;me endroit.&lt;br /&gt;Au jour indiqu&#xe9;, elles se trouv&#xe8;rent au rendez-vous, par&#xe9;es comme pour c&#xe9;l&#xe9;brer la f&#xea;te de Marzama, d&#xe9;esse &#xe0; laquelle il &#xe9;tait d&apos;usage d&apos;offrir des pr&#xe9;sents de toute nature afin qu&apos;elle rend&#xee;t la saison favorable et chass&#xe2;t les fl&#xe9;aux qui pouvaient menacer la contr&#xe9;e. Les vieillards s&apos;&#xe9;taient assis au pied d&apos;un arbre pour choisir la jeune fille la plus belle. Toutes passaient devant eux, tremblantes d&apos;&#xe9;motion et croyant qu&apos;on allait donner une couronne &#xe0; celle qui l&apos;emporterait en beaut&#xe9; sur ses rivales. Rougissantes, baissant la t&#xea;te, elles d&#xe9;filaient sous les regards des juges. Elles &#xe9;taient orn&#xe9;es de leurs plus riches v&#xea;tements, de leurs plus gracieuses parures, des fleurs dans les cheveux, un collier de perle ou de corail au cou.&lt;br /&gt;Le cort&#xe8;ge se d&#xe9;roulait lentement. Tout &#xe0; coup, il y eut une halte. Deux jeunes filles, deux amies, s&apos;&#xe9;taient arr&#xea;t&#xe9;es devant les vieillards. Elles &#xe9;taient unies depuis leur enfance, partageant leurs jeux et leurs joies, n&apos;ayant point de secrets entre elles. L&apos;une &#xe9;tait la fille d&apos;un veuve riche ; l&apos;autre, au contraire, &#xe9;tait orpheline, ayant perdu son p&#xe8;re et sa m&#xe8;re et n&apos;ayant plus aucun parent. Elles portaient le m&#xea;me costume : un corsage bleu, une jupe pliss&#xe9;e, un tablier de couleur voyante. La jeune fille riche avait un collier d&apos;ambre, la petite pauvresse pour toute parure avait enfil&#xe9; des baies rouges qu&apos;elle s&apos;&#xe9;tait attach&#xe9;es au cou.&lt;br /&gt;Leur vue &#xe9;blouit les spectateurs.&lt;br /&gt;- Elles sont ravissantes, s&apos;&#xe9;cria l&apos;un des vieillards. Notre choix doit irr&#xe9;vocablement se fixer sur l&apos;une ou l&apos;autre. &lt;br /&gt;- C&apos;est d&apos;elles que nous attendons notre salut. Il faut que l&apos;une d&apos;elles se sacrifie au salut de nous tous.&lt;br /&gt;Etonn&#xe9;s de ces paroles, Bojenna et Slava, - c&apos;&#xe9;taient les noms des deux jeunes filles, - demeur&#xe8;rent un instant interdites, puis, comme si elles ob&#xe9;issaient &#xe0; un pressentiment, elles voulurent prendre la fuite, mais le plus &#xe2;g&#xe9; des vieillards les retint.&lt;br /&gt;- Voisins, s&apos;&#xe9;cria-t-il, d&#xe9;cidons-nous ; toutes les deux sont &#xe9;galement belles, laquelle faut-il choisir ?&lt;br /&gt;Il ne se trompait pas. Bojenna &#xe9;tait d&apos;une beaut&#xe9; remarquable ; elle avait les yeux noirs grands et brillants, les dents d&apos;une blancheur d&apos;ivoire. Ses cheveux de jais pendaient en longues boucles soyeuses jusqu&apos;&#xe0; terre. Slava avait les yeux bleus, la chevelure blonde, pareille aux rayons du soleil et retombant en tresses sur ses &#xe9;paules. Tous les regards se fixaient sur elles, on ne savait &#xe0; quoi se r&#xe9;soudre. Enfin l&apos;un des assistants dit :&lt;br /&gt;- Ne vaudrait-il pas mieux les garder toutes les deux ? Nous les m&#xe8;nerons &#xe0; l&apos;entr&#xe9;e de la caverne. Le monstre lui-m&#xea;me prendra celle qu&apos;il pr&#xe9;f&#xe8;re. &lt;br /&gt;Saisies de frayeur, les jeunes filles demand&#xe8;rent o&#xf9; &#xe9;tait cette caverne dont on venait de parler.&lt;br /&gt;- Et de quelle caverne peut-il &#xea;tre question, si ce n&apos;est celle du dragon ? r&#xe9;partit un des vieillards.&lt;br /&gt;- Mais dans quel dessein voulez-vous nous conduire &#xe0; cet antre redout&#xe9; ? disaient-elles d&apos;une voix tremblante, tandis que la p&#xe2;leur couvrait leur visage effar&#xe9;.&lt;br /&gt;- Nous voulons &#xea;tre affranchis des cruaut&#xe9;s du monstre, reprit le vieillard avec autorit&#xe9;.&lt;br /&gt;- Et comment esp&#xe9;rez-vous, disaient-elles, vous y soustraire.&lt;br /&gt;- Nous ne voulons pas qu&apos;il d&#xe9;vore nos bestiaux, r&#xe9;pondit le vieillard.&lt;img height=&quot;400&quot; alt=&quot;leila&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/30/97/218998/47601690.gif&quot; width=&quot;400&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;- Mais comment l&apos;en emp&#xea;cherez-vous ? balbuti&#xe8;rent-elles.&lt;br /&gt;- Vous le saurez bient&#xf4;t. Pour le moment votre devoir est de nous ob&#xe9;ir sans nous interroger.&lt;br /&gt;Pendant ce temps, les autres jeunes filles avaient continu&#xe9; de d&#xe9;filer et &#xe9;taient arriv&#xe9;es &#xe0; un petit bois o&#xf9; elles s&apos;arr&#xea;t&#xe8;rent. La veille on avait fait de nombreux pr&#xe9;paratifs pour la f&#xea;te qui avait lieu aux approches du jour de l&apos;an et au jour m&#xea;me qui correspond &#xe0; la No&#xeb;l. La m&#xe8;re de Bojenna avait pris part &#xe0; ces appr&#xea;ts. Les g&#xe2;teaux de miel, les petits cochons de lait, les laitages &#xe9;taient pr&#xea;ts. Elle n&apos;attendait plus que le retour de sa fille. Mais celle-ci n&apos;arrivait point. Impatiente, elle courut &#xe0; sa rencontre. Ne la voyant pas, elle allait rebrousser chemin, lorsqu&apos;elle entendit des cris, des lamentations. Il n&apos;y avait pas &#xe0; en douter : c&apos;&#xe9;tait bien sa fille qui appelait au secours. Elle arriva en courant &#xe0; l&apos;endroit o&#xf9; les deux jeunes filles &#xe9;taient li&#xe9;es &#xe0; l&apos;arbre et les trouva tout en larmes.&lt;br /&gt;Lorsqu&apos;elle apprit que les deux victimes &#xe9;taient destin&#xe9;es &#xe0; &#xea;tre livr&#xe9;es au monstre, elle poussa un grand cri et faillit s&apos;&#xe9;vanouir :&lt;br /&gt;- Ma fille ! livr&#xe9;e &#xe0; ce dragon ! Ah ! p&#xe9;risse le pays plut&#xf4;t que de laisser commettre ce crime !&lt;br /&gt;Tout en poussant ces exclamations, elle cherchait &#xe0; d&#xe9;faire les liens, mais sans pouvoir y parvenir. Sur ces entrefaites, le plus &#xe2;g&#xe9; des vieillards, apr&#xe8;s l&apos;issue de la d&#xe9;lib&#xe9;ration, s&apos;approcha de l&apos;arbre, avec l&apos;intention d&apos;emmener les deux jeunes filles, de les conduire dans sa demeure et les y garder &#xe0; vue jusqu&apos;au lendemain, puis de les mener &#xe0; la caverne. La m&#xe8;re s&apos;effor&#xe7;a de lui arracher Bojenna, et n&apos;ayant point d&apos;arme, elle ramassa une poign&#xe9;e de sable qu&apos;elle lan&#xe7;a dans les yeux du vieillard. Aveugl&#xe9;, il ne put r&#xe9;sister, mais il essaya de calmer la pauvre femme qui s&apos;&#xe9;tait jet&#xe9;e sur lui et lui serrait la gorge des deux mains comme dans un &#xe9;tau.&lt;br /&gt;- Je veux que l&apos;on d&#xe9;lie ma fille, je l&apos;exige ! criait-elle.&lt;br /&gt;Il r&#xe9;pondit par un ricanement.&lt;br /&gt;- Quel mal lui avons-nous fait ? dit-il.&lt;br /&gt;- Quel mal ? Vous voulez la livrer au dragon.&lt;br /&gt;- Qui vous l&apos;a dit ? &lt;br /&gt;- Vous ne me tromperez pas.&lt;br /&gt;Voyant que toute feinte &#xe9;tait inutile, il se dit : &amp;quot;Peut-&#xea;tre ferais-je mieux de lui rendre sa fille, aussi bien le monstre ne r&#xe9;clame qu&apos;une seule victime.&amp;quot; Puis, s&apos;adressant &#xe0; la femme :&lt;br /&gt;- Mets la main dans ma poche, tu y trouveras un couteau avec lequel tu pourras couper toi-m&#xea;me les liens.&lt;br /&gt;Avec une grande pr&#xe9;caution, mais sans cesser de se m&#xe9;fier et sans d&#xe9;esserrer l&apos;une des mains qui &#xe9;tranglait le vieillard, elle prit le couteau de l&apos;autre main, puis elle s&apos;&#xe9;lan&#xe7;a d&apos;un bond vers l&apos;arbre et en un clin d&apos;oeil les liens de sa fille furent coup&#xe9;s. Avant que le vieillard e&#xfb;t eu le temps de se raviser, elle avait pris la fuite avec Bojenna.&lt;br /&gt;- Et Slava ? cria la jeune fille, lan&#xe7;ant &#xe0; sa m&#xe8;re un regard suppliant.&lt;br /&gt;Mais sa m&#xe8;re ne l&apos;&#xe9;coutait pas et l&apos;entra&#xee;nait. Bojenna, elle-m&#xea;me, domin&#xe9;e par la terreur, se contenta de jeter tristement un regard d&apos;adieu &#xe0; son amie et se laissa emmener sans r&#xe9;sistance.&lt;br /&gt;Se voyant d&#xe9;laiss&#xe9;e, Slava pleurait. Elle s&apos;&#xe9;tait crue si proche de la d&#xe9;livrance et maintenant elle &#xe9;tait abandonn&#xe9;e &#xe0; jamais. Ses pens&#xe9;es se portaient vers son pass&#xe9;, elle songeait &#xe0; sa m&#xe8;re, &#xe0; ses soeurs, qui &#xe9;taient mortes et que sans doute elle allait revoir dans un monde meilleur et cette esp&#xe9;rance lui rendait moins cruelle la perspective de la mort. Pendant ce temps, Bojenna et sa m&#xe8;re avaient atteint leur cabane. En voyant leurs larmes et leur frayeur, les femmes et les jeunes filles, attroup&#xe9;es devant l&apos;habitation, les interrog&#xe8;rent avec anxi&#xe9;t&#xe9;. Alors on apprit le complot des vieillards ; les m&#xe8;res serraient avec effroi leurs enfants sur leur coeur, dans la crainte qu&apos;on ne v&#xee;nt les leur enlever.&lt;br /&gt;- Pauvre Slava ! disait-on. Elle n&apos;a personne qui s&apos;int&#xe9;resse &#xe0; elle, personne qui songe &#xe0; la secourir !&lt;br /&gt;&lt;img height=&quot;374&quot; alt=&quot;tresse&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/83/48/218998/47601721.gif&quot; width=&quot;400&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Parmi les jeunes gens m&#xea;l&#xe9;s &#xe0; la foule, il y avait un apprenti cordonnier, nomm&#xe9; Skouba. En entendant ce qui s&apos;&#xe9;tait pass&#xe9;, il ne douta pas un seul instant que les vieillards ne missent leur projet &#xe0; ex&#xe9;cution. Il s&apos;empara d&apos;un grand couteau et se dirigea vers l&apos;endroit o&#xf9; la jeune fille attendait le supplice. Mais quelle ne fut pas sa stup&#xe9;faction en ne trouvant pas Slava ! Le vieillard l&apos;avait d&#xe9;j&#xe0; emmen&#xe9;e et enferm&#xe9;e chez lui. Le pauvre Skouba courut &#xe0; cette demeure. Il se jeta aux genoux du vieillard, et le supplia de donner la libert&#xe9; &#xe0; Slava. Mais toutes ses pri&#xe8;res furent inutiles. Le vieillard lui d&#xe9;clara qu&apos;il ne pouvait d&#xe9;livrer la jeune fille ; il ne faisait qu&apos;ex&#xe9;cuter la volont&#xe9; du conseil de la contr&#xe9;e ; il ne pouvait refuser d&apos;ob&#xe9;ir, sous pein de s&apos;exposer lui-m&#xea;me &#xe0; la mort sans sauver la victime. Skouba se retira, mais il ne d&#xe9;sesp&#xe9;ra pas.&lt;br /&gt;- Le seul moyen, se dit-il, c&apos;est de tuer le dragon, mais pour accomplir ce dessein, je n&apos;ai d&apos;autre arme que la ruse. Eh bien ! j&apos;y aurai recours.&lt;br /&gt;Il imagina alors de prendre une peau de mouton, de la remplir d&apos;arsenic, et de l&apos;offrir au dragon qui la prendrait pour un animal vivant, quand le monstre quitterait au matin sa caverne pour chercher p&#xe2;ture, comme de coutume. Restait &#xe0; savoir comment Skouba pourrait s&apos;emparer d&apos;un mouton, d&apos;un agneau, et o&#xf9; il trouverait de l&apos;arsenic. Skouba &#xe9;tait pauvre, il n&apos;avait aucun argent qui lui permit d&apos;acheter ce dont il avait besoin pour r&#xe9;aliser son projet.&lt;br /&gt;- Ah ! se dit-il, &#xe0; quoi bon imaginer des exp&#xe9;dients, si je ne puis les mettres &#xe0; ex&#xe9;cution !&lt;br /&gt;Il demeurait pensif, jetant ses regards autour de lui, quand ses yeux s&apos;arr&#xea;t&#xe8;rent sur une maison qui s&apos;&#xe9;levait au loin sur une colline. C&apos;&#xe9;tait la demeure d&apos;un tr&#xe8;s bon et tr&#xe8;s riche seigneur qui s&apos;appelait Cracus et qui s&apos;&#xe9;tait &#xe9;tabli dans cette contr&#xe9;e avec toute sa famille. A la vue de cette habitation, l&apos;espoir entra dans le coeur de Skouba ; il courut vers la colline et se pr&#xe9;cipita tout ahuri dans la salle o&#xf9; Cracus se trouvait. Il tomba &#xe0; genoux et s&apos;&#xe9;cria :&lt;br /&gt;- Bon seigneur, secourez l&apos;orpheline ! Si vous ne le faites &#xe0; l&apos;instant, elle sera d&#xe9;vor&#xe9;e par le monstre.&lt;br /&gt;Alors l&apos;apprenti cordonnier raconta bri&#xe8;vement comment la jeune fille avait &#xe9;t&#xe9; garrott&#xe9;e, puis enferm&#xe9;e ; puis il expliqua ce qu&apos;il avait projet&#xe9; pour faire p&#xe9;rir le dragon. Cracus l&apos;&#xe9;coutait, sans l&apos;interrompre, avec la plus vive attention. Il eut piti&#xe9; du chagrin du jeune homme et du malheur de toute la contr&#xe9;e, et acquies&#xe7;a au d&#xe9;sir de Skouba. Il ordonna sur le champ &#xe0; ses gens de tuer un mouton, de le d&#xe9;pouiller de sa peau et de la remplir d&apos;arsenic. Quand cet orde e&#xfb;t &#xe9;t&#xe9; ex&#xe9;cut&#xe9;, l&apos;apprenti cordonnier porta la peau &#xe0; l&apos;entr&#xe9;e de la caverne du dragon, et ce qu&apos;il avait pr&#xe9;vu eut lieu.&lt;br /&gt;A peine le monstre fut-il sorti de son antre, qu&apos;apercevant la peau du mouton, il fondit sur la proie et la d&#xe9;vora avec avidit&#xe9;. Bient&#xf4;t le feu br&#xfb;la ses entrailles. Il se tra&#xee;na en rugissant jusqu&apos;au bord de la Vistule, plongea sa gueule dans le fleuve et avala une &#xe9;norme quantit&#xe9; d&apos;eau. Mais tous ses efforts furent vains. Au bout de quelques instants, l&apos;affreuse b&#xea;te, qui &#xe9;tait nagu&#xe8;re la terreur de la contr&#xe9;e, expira. Balayant la terre de sa queue, en proie &#xe0; une agonie &#xe9;pouvantable, vomissant des flammes, le monstre fut enti&#xe8;rement consum&#xe9;.&lt;br /&gt;Quand les vieillards arriv&#xe8;rent, conduisant l&apos;infortun&#xe9;e Slava, le dragon &#xe9;tait mort.&lt;br /&gt;Le pays, pour t&#xe9;moigner sa reconnaissance &#xe0; Cracus, le prit pour roi. Cracus fit b&#xe2;tire un ch&#xe2;teau sur la montagne de Wavel qui avait &#xe9;t&#xe9; habit&#xe9;e par le monstre. De nos jours encore on y montre la caverne du dragon. Ensuite Cracus fit construire autour de la caverne une grande ville &#xe0; laquelle on donna, en m&#xe9;moire du lib&#xe9;rateur, le nom de Cracovie. Cette ville fut la r&#xe9;sidence du roi de Pologne.&lt;br /&gt;Quant &#xe0; Skouba, il ne resta pas sans r&#xe9;compense : il &#xe9;pousa la belle Slava.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#9966cc&quot;&gt;I. J. KRASZEWSKI - 1890&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 18 Dec 2009 12:20:00 GMT</pubDate></item><item><title>Une m&#xe9;saventure</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/12/16/16171037.html</link><category>Histoire d&apos;animaux</category><category>goret</category><category>h&#xe9;ros</category><category>m&#xe9;saventure</category><category>oripeaux</category><category>Tat&apos; Nane</category><category>v&#xe9;loce</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/12/16/16171037.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/16171037/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/12/16/16171037.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcccc&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/40/26/218998/47546901.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/86/30/218998/47546955.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;150&quot; alt=&quot;Num_riser0015&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/86/30/218998/47546955_p.jpg&quot; width=&quot;113&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Il y avait une fois quatre petits fr&#xe8;res qui s&apos;ennuyaient de leur vie habituelle. Or, un jour, le ma&#xee;tre de la ferme alla &#xe0; la ville voisine avec toute la maisonn&#xe9;e, famille et serviteurs, pour assister &#xe0; la f&#xea;te du pays ; seuls les animaux demeur&#xe8;rent au logis, et, par m&#xe9;garde, la porte de la salle o&#xf9; &#xe9;taient r&#xe9;unis les quatre fr&#xe8;res &#xe9;tait mal ferm&#xe9;e, si bien qu&apos;ils se trouv&#xe8;rent libres de courir les environs.&lt;br /&gt;&amp;quot;Profitons-en !&amp;quot; s&apos;&#xe9;cri&#xe8;rent-ils d&apos;une seule voix.&lt;br /&gt;O tous avaient envie de singer leurs ma&#xee;tres en s&apos;affublant de leurs v&#xea;tements. Les voici donc grimpant au galop vers la r&#xe9;serve aux habits, dont ils connaissaient &#xe0; peu pr&#xe8;s la place pour avoir souvent vu la servante les secouer par la fen&#xea;tre.&lt;br /&gt;L&apos;un d&apos;eux, jaloux de ressembler &#xe0; une dame de grande maison, se d&#xe9;cida plut&#xf4;t pour une robe de soie verte avec chapeau et ridicule assorti :&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/07/01/218998/47546978.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;150&quot; alt=&quot;Num_riser0048&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/07/01/218998/47546978_p.jpg&quot; width=&quot;114&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&amp;quot;N&apos;ai-je pas bonne mine ?&amp;nbsp; fit majestueusement la dame improvis&#xe9;e ; et si je vais &#xe0; la ville faire mes emplettes, les commis ne me serviront-ils pas chapeau bas ?&amp;quot;&lt;br /&gt;&amp;quot;Regardez ! dit un autre ; n&apos;ai-je pas tout l&apos;air du fr&#xe8;re de Madame le docteur Jeune-France quand, sa grande m&#xe9;daille&amp;nbsp; d&apos;honneur sur la poitrine, il va lisant ses grimoires de m&#xe9;decine ?&amp;quot;&lt;br /&gt;&amp;quot;Et moi, est-ce que je ne ressemble pas &#xe0; John lui-m&#xea;me, quand il se pr&#xe9;pare &#xe0; aller jouer au foot-ball avec les jeunes Anglais du pensionnat Bellemani&#xe8;re ?&amp;quot;&lt;br /&gt;&amp;quot;Moi, je ne demande qu&apos;une bicyclette pour para&#xee;tre un des meilleurs membres du Veloce-Club&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Veloce-Club&lt;/font&gt; !&amp;quot; s&apos;&#xe9;cria le quatri&#xe8;me fr&#xe8;re en quittant pr&#xe9;cipitamment le cabinet de toilette pour aller chercher sa monture. Ses fr&#xe8;res le suivirent aussit&#xf4;t, d&#xe9;sireux de se pavaner au dehors.&lt;br /&gt;Mais, h&#xe9;las ! A peine la noble dame avait-elle fait deux pas qu&apos;elle s&apos;embarrassait dans sa robe, et, perdant l&apos;&#xe9;quilibre, roulait au bas de l&apos;escalier.&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/61/08/218998/47547005.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;150&quot; alt=&quot;Num_riser0049&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/61/08/218998/47547005_p.jpg&quot; width=&quot;111&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Pendant ce temps, l&apos;&#xe9;mule du docteur Jeune-France, trop absorb&#xe9; par sa lecture pour regarder son chemin, faisait un plongeon dans la mare, et le pseudo John, en brandissant sa raquette, se donnait sur le nez un tel coup qu&apos;il en voyait trente-six mille chandelles.&lt;br /&gt;Le quatri&#xe8;me h&#xe9;ros, enfin, le membre du V&#xe9;loce-Club&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;V&#xe9;loce-Club&lt;/font&gt;, se jetait avec sa machine contre le premier mur venu, et s&apos;y contusionnait sur toutes les coutures !&lt;br /&gt;Or le ma&#xee;tre rentrait et il mena&#xe7;ait ses pensionnaires de les poursuivre &#xe0; coups de fusil s&apos;ils ne r&#xe9;int&#xe9;graient au plus t&#xf4;t le logis de leur plein gr&#xe9; !&lt;br /&gt;Qui fut penaud ? Qui ne souhaitait plus qu&apos;une chose, se d&#xe9;barrasser au plus vite de ses oripeaux, pour reprendre son ancienne figure, quoique ce f&#xfb;t simplement une figure de goret ?&lt;br /&gt;Ils accoururent donc, et heureusement ils &#xe9;taient si dr&#xf4;les dans leurs accoutrements, que le fermier &#xe9;clata d&apos;un rire qui ne pouvait s&apos;arr&#xea;ter, de sorte qu&apos;il leur pardonna &#xe0; condition qu&apos;ils ne recommenceraient jamais.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&amp;quot;Ne for&#xe7;ons point notre talent ; nous ne ferions rien avec gr&#xe2;ce.&amp;quot;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcccc&quot;&gt;Tat&apos; Nane - 1897&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/51/73/218998/47547116.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;133&quot; alt=&quot;Num_riser0051&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/51/73/218998/47547116_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 16 Dec 2009 20:21:00 GMT</pubDate></item><item><title>Cornaline</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/11/23/15835491.html</link><category>chaumi&#xe8;re</category><category>conte</category><category>cornaline</category><category>fromage</category><category>f&#xe9;es</category><category>lune</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/11/23/15835491.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15835491/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/11/23/15835491.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/18/16/218998/46693161.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcc99&quot;&gt;&lt;img height=&quot;220&quot; alt=&quot;Num_riser0001&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/18/16/218998/46693161_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#ffcc99&quot;&gt;La vieille fermi&#xe8;re, au moment de se mette au lit, s&apos;avisa tout &#xe0; coup d&apos;aller jeter un coup d&apos;oeil au fromage blanc qui s&apos;&#xe9;gouttait dans la laiterie.&lt;br /&gt;Ce fromage, la vieille femme le destinait au Roi, rien que cela, au Roi, ma&#xee;tre de toute la contr&#xe9;e, &#xe0; la bienveillance duquel elle devait sa ferme, lou&#xe9;e et jamais pay&#xe9;e, au Roi, gourmet fameux et grand mangeur.&lt;br /&gt;Elle alluma, non pas une allumette, parce qu&apos;&#xe0; cette &#xe9;poque cette invention n&apos;existait pas encore, mais une brindille de paille aux b&#xfb;ches qui se consumaient.&lt;br /&gt;Quand la paille flamba, elle ouvrit sa lanterne, alluma la chandelle, referma la plaque de verre et s&apos;appr&#xea;ta &#xe0; sortir.&lt;br /&gt;Mais &#xe0; peine la bonne femme fut-elle sur le seuil, qu&apos;un coup de vent cach&#xe9; derri&#xe8;re la maison -ffutt- lui fit cette farce de souffler la lumi&#xe8;re. La vieille avare grommela, mais pas longtemps, car elle vit qu&apos;il faisait un admirable clair de lune, et elle songea qu&apos;elle avait failli br&#xfb;ler sa chandelle mal &#xe0; propos, ce qu&apos;elle se reprocha, regrettant presque peut-&#xea;tre m&#xea;me au fond le brin de paille qu&apos;elle avait inutilement employ&#xe9;.&lt;br /&gt;Elle posa sa lanterne sur un coin de la table et clopin-clopant, cliqueti-cliquetot, &#xe0; la cadence des sabots, se rendit &#xe0; la baraque sordide d&#xe9;cor&#xe9;e du beau nom du nom frais et joli de laiterie.&lt;br /&gt;Cric-croc, la serrure cria. Croyez-vous que la vieille g&#xe2;chait son huile &#xe0; la graisser ? Elle entra.&lt;br /&gt;Le fromage blanc s&apos;&#xe9;talait sur un lit de paille fra&#xee;che, ou mieux se tenait ferme et rond, app&#xe9;tissant, blanc comme la lune blanche au ciel sombre, et la vieille regretta- que voulez-vous, &#xe0; son &#xe2;ge on a tant de choses &#xe0; regretter !- que ce fromage ne f&#xfb;t point pour le march&#xe9; prochain o&#xf9;, pour le moins, il e&#xfb;t &#xe9;t&#xe9; pay&#xe9; six sols, par une ch&#xe2;telaine, six sols &#xe0; mettre au vieux bas de laine. Mais enfin il &#xe9;tait promis, et promis &#xe0; qui ? Au Roi, mes amis, en paiement d&apos;un loyer de ferme d&apos;au moins six &#xe9;cus.&lt;br /&gt;Croc-croc, &#xe0; double tour, la vieille femme referma la porte, retira soigneusement la clef et, clopant-clopin, cliquetot-cliqueti, &#xe0; la cadence de ses sabots, regagna la chaumi&#xe8;re sans voir, la bonne vieille, qu&apos;elle avait enferm&#xe9; le loup en la bergerie : un chat noir r&#xf4;deur et voleur et curieux et clair rayon de lune.&lt;br /&gt;Le rayon de lune se posa doucement en rond sur la planche, comme une tache blanche &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; du fromage, et se mit &#xe0; marcher, &#xe0; glisser plut&#xf4;t, lentement, lentement du c&#xf4;t&#xe9; de son voisin.&lt;br /&gt;Le chat noir aussi s&apos;avan&#xe7;a lentement du c&#xf4;t&#xe9; du fromage, mais plus vite cependant que le rayon de lune, avec des pas menus, et l&apos;on devinait sous la moustache rude une petite langue rose d&#xe9;j&#xe0; en f&#xea;te.&lt;br /&gt;Ce fut l&apos;affaire d&apos;un instant. Et sur la planche il ne resta plus qu&apos;une tache blanche, le rayon de lune, et une tache noire, le chat satisfait, couch&#xe9; en rond et faisant ronron. Le fromage &#xe9;tait mang&#xe9;.&lt;br /&gt;Or le soleil n&apos;&#xe9;tait pas encore lev&#xe9; quand la vieille - &#xe0; son &#xe2;ge on n&apos;a plus de sommeil - alla secouer la petite fille en son lit. Car j&apos;avais oubli&#xe9; de vous dire ce d&#xe9;tail : la vieille fermi&#xe8;re avait aupr&#xe8;s d&apos;elle, pur servante et souffre-douleur, une gentille petite fille, &#xe9;gar&#xe9;e sans doute dans les bois par de m&#xe9;chants boh&#xe9;miens et qu&apos;elle avait recueillie par int&#xe9;r&#xea;t en sa masure.&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/68/83/218998/46693192.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcc99&quot;&gt;&lt;img height=&quot;259&quot; alt=&quot;Num_riser0002&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/68/83/218998/46693192_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color=&quot;#ffcc99&quot;&gt;La fillette eut du mal &#xe0; s&apos;&#xe9;veiller et, quand elle fut debout, la vieille lui cira :&lt;br /&gt;&amp;quot;Prends tes cliques et tes claques, ton panier fait d&apos;osier, mets-y le fromage blanc du Roi et porte-le au palais, bon pas, bon trot, qu&apos;il n&apos;attende pas trop.&amp;quot;&lt;br /&gt;La fillette se rendit &#xe0; la laiterie ; croc-croc, avec beaucoup de peine elle ouvrit la serrure grin&#xe7;ante et dure, et tira la porte sur le sol de briques ; elle vit un beau rond blanc, voulut le prendre, et ne saisit rien, &#xe9;videmment, puisque ce n&apos;&#xe9;tait que le rayon de lune.&lt;br /&gt;Et le chat blotti derri&#xe8;re un vase de gr&#xe8;s profita de la surprise, pour s&apos;&#xe9;chapper sans h&#xe9;sitation et sans bruit.&lt;br /&gt;La pauvre enfant courut vite &#xe0; la masure en criant :&lt;br /&gt;&amp;quot;O&#xf9; est-il, o&#xf9; est-il ?&amp;quot;&lt;br /&gt;La vieille r&#xe9;pondit :&lt;br /&gt;&amp;quot;Sotte que tu es, vois sur la planche.&lt;br /&gt;- Mais non, sur la planche je n&apos;aper&#xe7;ois rien.&lt;br /&gt;- Mais si.&lt;br /&gt;- Regarde.&lt;br /&gt;Et la vieille en fureur se mit crier &#xe0; son tour :&lt;br /&gt;&amp;quot;Ah ! coquine, ah ! gourmande !&amp;quot;&lt;br /&gt;Plic-plac et deux claques, s&#xe8;ches, dures, de sa main de bois, sonn&#xe8;rent sur les joues de la pauvre innocente.&lt;br /&gt;&amp;quot;Va-t-en, voleuse ! je ne veux te voir avant que tu ne me l&apos;aies rapport&#xe9; ; tu n&apos;auras rien, tu ne rentreras pas &#xe0; la maison avant que mon fromage, le fromage du Roi, ne soit revenu.&amp;quot;&lt;br /&gt;Pleurant, les yeux chang&#xe9;s en torrents, la fillette se mit &#xe0; courir tout droit devant soi, &#xe0; la recherche du fromage, et pour &#xe9;chapper aussi aux coups de la vieille, criant &#xe0; ses trousses, pestant apr&#xe8;s elle.&lt;br /&gt;Et comme elle courait, elle vit &#xe0; ses pieds, au moment o&#xf9; elle allait poser ses sabots devant elle, une jolie petite grenouille verte arr&#xea;t&#xe9;e sur un brin d&apos;herbe.&lt;br /&gt;L&apos;enfant retin brusquement son &#xe9;lan pour ne pas blesser la rainette, et dans cet effort le pied lui manqua, elle tomba sur le gazon.&lt;br /&gt;La rainette ne bougeait pas ; elle avait eu grand&apos;peur, et on voyait battre vivement son coeur sous sa poitrine luisante de grenouille, et ses yeux tout ronds &#xe9;taient effar&#xe9;s.&lt;br /&gt;Cornaline - c&apos;&#xe9;tait le nom de la fillette - Cornaline, dis-je, prit la bestiole dans sa main et la gronda doucement.&lt;br /&gt;&amp;quot;Ca n&apos;est pas gentil, ma mie, de m&apos;avoir fait tomber ; pourquoi, petite imprudente, te mettre sur ma route, sous mon sabot, au risque de te faire &#xe9;craser, alors que d&apos;un saut tu pouvais &#xe9;viter ton mal et le mien ? Si je t&apos;avais tu&#xe9;e, pourtant, sans le vouloir, c&apos;e&#xfb;t &#xe9;t&#xe9; un grand dommage.&amp;quot;&lt;br /&gt;La grenouile ne r&#xe9;pondit rien ; elle restait les yeux fixes, le cou haletant.&lt;br /&gt;&amp;quot;Allons va, petite, et sois plus adroite une autre fois.&amp;quot;&lt;br /&gt;Et pour la renvoyer gentiment, la fillette embrassa la rainette et la posa sur son brin d&apos;herbe.&lt;br /&gt;Mais Cornaline ne put retenir un cri : devant elle une femme s&apos;&#xe9;tait dress&#xe9;e. Un manteau de velours tombait de ses &#xe9;paules, de longs souliers &#xe9;mergeaient de sa robe couleur d&apos;opale, des mitaines de soie verte enserraient ses bras nus, et deux grosses &#xe9;meraudes scintillaient sur ses tempes.&lt;br /&gt;&amp;quot;Je suis la f&#xe9;e Brikiki, enfant, dit-elle, je te dois ma d&#xe9;livrance, je la dois &#xe0; ton bon coeur et &#xe0; ton &#xe2;me compatissante ; ton baiser a termin&#xe9; l&apos;enchantement qui, depuis deux mille ans, m&apos;encha&#xee;nait &#xe0; ce corps de grenouille par la puissance d&apos;un enchanteur que j&apos;eus la folie d&apos;&#xe9;pouser ; aussi te suis-je d&#xe9;vou&#xe9;e et suis-je pr&#xea;te &#xe0; accomplir tes voeux les plus exigeants.&lt;br /&gt;- H&#xe9;las ! ma bonne marraine, reprit Cornaline, faites-moi retrouver le fromage blanc du Roi, sinon la fermi&#xe8;re sera en peine pour acquitter sa promesse.&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/92/91/218998/46693228.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcc99&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0003&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/92/91/218998/46693228_p.jpg&quot; width=&quot;281&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#ffcc99&quot;&gt;La f&#xe9;e sourit : l&apos;enfant n&apos;avait pas song&#xe9; &#xe0; demander pour elle ; elle la prit par la main et la conduisit au fruitier.&lt;br /&gt;Du bout de sa baguette elle toucha la porte qui, sans croc et sans cric, s&apos;ouvrit par enchantement ; elle toucha encore le lit de paille fra&#xee;che o&#xf9; s&apos;arrondissait le rayon de lune, et le fromage s&apos;y trouva par miracle, rond, blanc, app&#xe9;tissant.&lt;br /&gt;Cornaline se confondait en remerciements...&lt;br /&gt;&amp;quot;va, mon enfant, ton d&#xe9;sir est satisfait, mais n&apos;oublie point ceci : en portant ton fromage &#xe0; la ville, n&apos;accoste personne en chemin, ne t&apos;arr&#xea;te &#xe0; aucune invitation, car si tu ne l&apos;avais pas remis avant le coucher du soleil, il t&apos;&#xe9;chapperait &#xe0; nouveau et cette fois pour jamais. N&apos;oublie pas non plus que si je te prot&#xe8;ge, toujours pr&#xea;te &#xe0; combler tes voeux, je ne puis satisfaire plus de trois de tes demandes en un an ; c&apos;est la loi qui nous r&#xe9;git toutes.&lt;br /&gt;L&apos;enfant remercia encore et, joyeuse, apporta le fromage &#xe0; la vieille.&lt;br /&gt;Elle, sans s&apos;enqu&#xe9;rir de la fa&#xe7;on dont il s&apos;&#xe9;tait retrouv&#xe9;, trop heureuse de la chose, mais grognon malgr&#xe9; tout, s&apos;&#xe9;cria :&lt;br /&gt;&amp;quot;Qu&apos;attends-tu pour aller &#xe0; la ville, paresseuse ? Il se fait d&#xe9;j&#xe0; tard, le soleil monte vite &#xe0; l&apos;horizon.&amp;quot;&lt;br /&gt;Cornaline se souvint des paroles de la f&#xe9;e et, sans songer &#xe0; mettre le fromage en son panier, s&apos;&#xe9;chappa en le portant sur la main.&lt;br /&gt;Cela alla bien quelque temps, mais, &#xe0; tenir toujours la main ainsi tendue devant elle, le fromage lui sembla lourd.&lt;br /&gt;&amp;quot;Si j&apos;avais un panier seulement !&amp;quot; dit-elle, et avant qu&apos;elle e&#xfb;t achev&#xe9;, &#xe0; ses bras un joli panier d&apos;osier &#xe9;tait accroch&#xe9;.&lt;br /&gt;Au fond le fromage se pr&#xe9;lassait d&apos;aise.&lt;br /&gt;Cornaline, souriante, continua sa route. Regardant sa mis&#xe9;rable robe gris verd&#xe2;tre, proprette et sans accroc, mais si pass&#xe9;e de couleur et si courte, elle songeait :&lt;br /&gt;&amp;quot;Je vais, devant le Roi, faire piteuse mine, si mal par&#xe9;e, aupr&#xe8;s des belles dames qui doivent resplendir comme la bonne marraine qui m&apos;a sauv&#xe9;e de mon malheur ; on va se moquer de moi, et qui sait m&#xea;me si on voudra me recevoir, si on ne me chassera pas, comme la fermi&#xe8;re renvoie les pauvres gens qui mendient &#xe0; la porte.&lt;br /&gt;&amp;quot;Ah ! si j&apos;avais une belle robe !...&amp;quot;&lt;br /&gt;Cette robe elle l&apos;avait d&#xe9;j&#xe0;, et avec elle de beaux souliers de satin blanc, des bas de soie et des dentelles ; car la f&#xe9;e avait &#xe9;xauc&#xe9; son voeu avant qu&apos;il f&#xfb;t formul&#xe9;.&lt;br /&gt;Cornaline sautait et riait, adorable et toute heureuse.&lt;br /&gt;Or, sur le chemin elle rencontra un gar&#xe7;on de son &#xe2;ge.&lt;br /&gt;Il lui parla avec tant de douceur, lui fit tant d&apos;adroits et discrets compliments, lui offrit si adroitement de la conduire &#xe0; la ville qu&apos;elle ne connaissait peut-&#xea;tre gu&#xe9;re, que l&apos;enfant sans malice accepta ce guide inattendu et si complaisant.&lt;br /&gt;Et lui l&apos;emmena si bien par la mauvaise route que le jour se mit &#xe0; baisser, et que les murailles de la ville n&apos;apparaissait pas encore.&lt;br /&gt;Cornaline se souvint trop tard de la recommandation de la f&#xe9;e, elle s&apos;&#xe9;cria bien vite :&lt;br /&gt;&amp;quot;Je voudrais &#xea;tre arriv&#xe9;e !&amp;quot;&lt;br /&gt;Mais elle avait &#xe9;puis&#xe9; les trois voeux, et pour toute r&#xe9;ponse elle n&apos;entendit, dans le calme du soir qui tombait, que le rire narquois de son compagnon de hasard, qui lui disait :&lt;br /&gt;&amp;quot;Mon &#xe9;pouse Brikiki a pu croire un moment qu&apos;elle te r&#xe9;compenserait de l&apos;avoir arrach&#xe9;e &#xe0; ma domination, elle doit voir &#xe0; pr&#xe9;sent combien elle s&apos;est tromp&#xe9;e. J&apos;ai entrav&#xe9; ta route et te voil&#xe0; &#xe0; nouveau perdue et priv&#xe9;e pour un an de son secours.&lt;br /&gt;&amp;quot;Quant &#xe0; elle, j&apos;arriverai bien quelque jour &#xe0; la duper &#xe0; son tour, et cette fois, il ne se trouvera pas, je pense quelque fille assez sotte pour embrasser une grenouille et rompre l&apos;enchantement.&amp;quot;&lt;br /&gt;Grin&#xe7;ant, grima&#xe7;ant, hideux, l&apos;enchanteur disparut.&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/14/42/218998/46693247.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcc99&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0004&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/14/42/218998/46693247_p.jpg&quot; width=&quot;203&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color=&quot;#ffcc99&quot;&gt;Et clou&#xe9;e sur place, la pauvre petite Cornaline ne savait quelle route suivre &#xe0; pr&#xe9;sent.&lt;br /&gt;Le soleil commen&#xe7;ait &#xe0; s&apos;enfoncer derri&#xe8;re les collines, et la lune &#xe9;mergeait au bord oppos&#xe9; de l&apos;horizon.&lt;br /&gt;Cornaline pensa qu&apos;il fallait reprendre le chemin de la ferme ; elle revint donc sur ses pas et marcha tr&#xe8;s longtemps. Mais tout &#xe0; coup, &#xe0; son bras, le panier eut un fr&#xe9;missement ; la lune arrivait au fa&#xee;te de la vo&#xfb;te c&#xe9;leste avait aper&#xe7;u au fond de l&apos;osier son rayon d&#xe9;rob&#xe9; et, l&apos;attirant brusquement, elle avait emport&#xe9; le fromage de la fillette.&lt;br /&gt;Et du m&#xea;me coup, tout le charme avait &#xe9;t&#xe9; rompu : la corbeille avait disparu, les souliers et aussi les dentelles, et la belle robe de soie... Cornaline &#xe9;tait devenue pauvrette comme devant, les mains vides. Sa joie, comme la chandelle de Pierrot, &#xe9;tait morte, du coup, au clair de lune.&lt;br /&gt;Quand elle arriva au logis, la vieille mangeait sa soupe dans son &#xe9;cuelle grise. Entre deux bouch&#xe9;es, elle posa sa cuill&#xe8;re et tendit la main :&lt;br /&gt;&amp;quot;Donne-moi les &#xe9;cus que le Roi t&apos;a remis&amp;quot; dit-elle...&lt;br /&gt;Il para&#xee;t que le souverain avait l&apos;habitude de faire quelque menu cadeau en pareille circonstance.&lt;br /&gt;Cornaline reprit :&lt;br /&gt;&amp;quot;Mais le Roi ne m&apos;a pas donn&#xe9; d&apos;&#xe9;cus...&amp;quot;&lt;br /&gt;Elle allait ajouter :&lt;br /&gt;&amp;quot;... pour une bonne raison, c&apos;est que je ne l&apos;ai pas vu, parce que...&amp;quot;&lt;br /&gt;Mais la vieille, furibonde, l&apos;interrompit.&lt;br /&gt;&amp;quot;Tu mens, il t&apos;a remis trois &#xe9;cus tout au moins, pour un pareil cadeau, et tu les as vol&#xe9;s comme tu m&apos;avais d&#xe9;rob&#xe9; le fromage ce matin, coquine, menteus, petite peste. Va-t-en, va-t-en ou je t&apos;assomme, et ne reviens que si tu m&apos;apportes les &#xe9;cus que le Roi t&apos;a donn&#xe9; pour moi, en paiement de mon fromage blanc.&amp;quot;&lt;br /&gt;Cornaline repassa le seuil, d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;e, bris&#xe9;e de fatigue, l&apos;estomac serr&#xe9; par la faim. Elle alla s&apos;asseoir machinalement au fond du verger, sur un talus en pente douce, au bord d&apos;une mare. Et l&#xe0; elle se mit &#xe0; pleurer.&lt;br /&gt;Puis, avisant une grenouille pos&#xe9;e sur une feuille plate, elle se prit, oubliant ce que son coeur avait de peines, &#xe0; songer &#xe0; sa marraine, la f&#xe9;e Brikiki.&lt;br /&gt;&amp;quot;Qui sait si ma d&#xe9;sob&#xe9;issance n&apos;a point port&#xe9; malheur &#xe0; ma protectrice ? Qui sait si l&apos;enchanteur m&#xe9;chant ne l&apos;a point &#xe0; nouveauc chang&#xe9;e en une rainette, pareille &#xe0; cette pauvre bestiole qui me regarde avec des yeux pleins de reproches...&amp;quot;&lt;br /&gt;Elle tendit la main pour prendre la grenouille. Toc, elle avait d&#xe9;j&#xe0; saut&#xe9;, et dans la main serr&#xe9;e de Cornaline, il ne restait qu&apos;une blanche fleur de n&#xe9;nuphar.&lt;br /&gt;Alors Cornaline se mit &#xe0; pleurer.&lt;br /&gt;Et les larmes en coulant grosses, rondes et limpides, sur ses joues fra&#xee;che, tombaient une &#xe0; une dans le calice de la fleur, comme en une coupe, et la fleur s&apos;&#xe9;panouissait ; son coeur d&apos;or s&apos;enflait doucement, si bien qu&apos;au bout d&apos;un instant, en sa main inqui&#xe8;te, Cornaline s&apos;aper&#xe7;ut que la fleur s&apos;animait. Une femme &#xe9;tait devant elle, tout de blanc v&#xea;tue.&lt;br /&gt;&amp;quot;Enfant, dit-elle je dois &#xe0; ton bon coeur, &#xe0; ton &#xe2;me compatissante, d&apos;&#xea;tre arrach&#xe9;e &#xe0; l&apos;enchantement auquel depuis mille ans le mauvais enchanteru m&apos;avait encha&#xee;n&#xe9;e pour me punir de l&apos;avoir cr&#xe9;dulement &#xe9;pous&#xe9;, alors qu&apos;il avait fait p&#xe9;rir ma soeur Brikiki, sa premi&#xe8;re femme.&lt;br /&gt;&amp;quot;Il m&apos;avait dit : &amp;quot;Tu vas devenir et rester une fleur qui cro&#xee;t et se d&#xe9;veloppe dans la vase et la boue des mares, jusqu&apos;au jour o&#xf9; viendra t&apos;arroser non la pluie des orages, mais une ros&#xe9;e comme l&apos;eau de l&apos;Oc&#xe9;an.&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;img height=&quot;283&quot; alt=&quot;gracieuse&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/65/59/218998/46693329.gif&quot; width=&quot;380&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&amp;quot;Et de tes yeux bleus est tomb&#xe9;e cette ros&#xe9;e qui a bris&#xe9; le charme qui me tenait. Pour toi, enfant au coeur si doux, je veux selon ma puissance t&apos;accorder ce que tu me demanderas.&amp;quot;&lt;br /&gt;Et Cornaline demanda :&lt;br /&gt;&amp;quot;Je voudrais les pi&#xe8;ces d&apos;or dont maman fermi&#xe8;re a besoin, que le Roi lui aurait offertes pour prix de son fromage.&amp;quot;&lt;br /&gt;La f&#xe9;e sourit :&lt;br /&gt;&amp;quot;La vieille gueuse n&apos;a droit &#xe0; rien, bien au contraire, elle doit &#xe0; tous, au Roi, et plus encore &#xe0; toi ; mais cependant ton voeu sera exauc&#xe9;.&amp;quot;&lt;br /&gt;Au coudrier voisin la f&#xe9;e prit trois feuilles s&#xe8;ches, feuilles d&apos;automne, feuilles dor&#xe9;es par le soleil et par le froid, elle les posa dans la main de Cornaline et dit :&lt;br /&gt;&amp;quot;Ce sont les trois &#xe9;cus du Roi, les &#xe9;cus d&apos;or.&amp;quot;&lt;br /&gt;Et les feuilles se chang&#xe8;rent en pi&#xe8;ces brillantes.&lt;br /&gt;&amp;quot;Va les porter bien vite &#xe0; la vieille, mais n&apos;oublie pas, quoi qu&apos;il arrive, que tu ne dois pas ouvrir ta main. Sinon elle dispara&#xee;traient aussit&#xf4;t. Et, selon le seul pouvoir qui me soit accord&#xe9;, souviens-toi aussi que je puis exaucer en un an trois voeux que tu ferais, si &#xe9;tranges fussent-ils.&lt;br /&gt;Cornaline la remercia, puis, la main bien serr&#xe9;e, elle reprit le chemin tr&#xe8;s court qui la s&#xe9;parait de la ferme.&lt;br /&gt;Une voix l&apos;appela. Elle se retourna : c&apos;&#xe9;tait un bambin plus petit qu&apos;elle, certes, car elle allait, malgr&#xe9; son air ch&#xe9;tif, avoir ses seize ans.&lt;br /&gt;&amp;quot;Cornaline !... lui cria le bambin. N&apos;est-ce pas &#xe0; toi cette pi&#xe8;ce d&apos;or ? Je viens de l&apos;entendre.&amp;quot;&lt;br /&gt;Cornaline remercia, prit la pi&#xe8;ce, ouvrit la main pour la mettre avec les autres, et le gamin qui la regardais, la bouche close, les joues gonfl&#xe9;es, souffla au m&#xea;me moment, si bien que les trois feuilles s&#xe8;ches s&apos;envol&#xe8;rent dans l&apos;espace. Le gamin ricana et son rire &#xe9;tait cruel. Cornaline reconnu le rire de l&apos;enchanteur, mais il avait d&#xe9;j&#xe0; disparu, &#xe9;vanoui.&lt;br /&gt;&amp;quot;Mes pauvres &#xe9;cus, murmurait-elle, o&#xf9; sont-ils ? Si du moins j&apos;avais encore les trois feuilles de coudrier.&amp;quot;&lt;br /&gt;Les feuilles &#xe0; ce moment se trouvaient dans sa main.&lt;br /&gt;&amp;quot;Les voici, les jolies feuilles, mais ce n&apos;est pas tout, il faudrait que la bonne f&#xe9;e les change&#xe2;t &#xe0; nouveau.&amp;quot;&lt;br /&gt;Trois &#xe9;cus sonn&#xe8;rent dans sa main. L&apos;enfant avait gaspill&#xe9; un de se voeux, car elle pouvait d&apos;un coup demander les pi&#xe8;ces d&apos;or !&lt;br /&gt;Elle serra nerveusement sa main, et cette fois, se prit &#xe0; courir, d&#xe9;cid&#xe9;e &#xe0; ne rien voir, &#xe0; ne rien &#xe9;couter avant d&apos;&#xea;tre pr&#xe8;s de la vieille, dont au loin elle apercevait, par la fen&#xea;tre, la silhouette cass&#xe9;e.&lt;br /&gt;Une pierre se trouva sous son pied, elle la heurta, et patatras, roula sur le sol, la t&#xea;te en avant, les bras tendus. Ses pauvres genoux nus s&apos;&#xe9;corch&#xe8;rent aux graviers, son front se frappa au sol, mais, courageuse, elle se releva sans une plainte, la main crisp&#xe9;e d&#xe9;sesp&#xe9;rement, car elle devinait la malice de son pers&#xe9;cuteur. Souffrant, inqui&#xe8;te, presque morte de fatigue et de peine, elle reprit son chemin.&lt;br /&gt;Sur le seuil de la porte, une chevrette blanche &#xe9;tait couch&#xe9;e en travers. Pour se faire un passage, Cornaline la poussa doucement de la main ; la chevrette se redressa, eut un b&#xea;lement tr&#xe8;s doux et frotta son nez busqu&#xe9; &#xe0; la jambe de la fillette. Celle-ci voulut lui rendre la caresse et, dans un geste, la pauvre main qui tenait les &#xe9;cus s&apos;oublia un instant : elle s&apos;ouvrit pour glisser gentimetn sur le dos rugueux de la b&#xea;te, si bien que l&apos;une des pi&#xe8;ces roula sur le sol et que les deux autres disparurent en fum&#xe9;e en m&#xea;me temps.&lt;br /&gt;La ch&#xe8;vre eut un b&#xea;lement comme un rire et, les cornes en avant, disparut par enchantement dans le sol.&lt;br /&gt;Cornaline n&apos;osa franchir le seuil. Que dirait-elle cette fois ? Qui sait si, dans sa col&#xe8;re, la vieille avare ne&amp;nbsp; la tuerait pas ? En tout cas, puisqu&apos;elle serait chass&#xe9;e impitoyablement, mieux valait partir sans affronter l&apos;orage.&lt;br /&gt;L&apos;enfant partit &#xe0; travers la campagne, demi-morte de faim, harass&#xe9;e de fatigue.&lt;br /&gt;Au bout de cent pas elle s&apos;&#xe9;vanouit.&lt;br /&gt;... Quand elle se r&#xe9;veilla, elle &#xe9;tait dans une chambre claire, dans un bon lit ; deux personnes, une vieille femme et un vieil homme, &#xe9;taient assis aupr&#xe8;s, causant &#xe0; mi-voix.&lt;br /&gt;Elle regarda de ses grands yeux bleus &#xe9;tonn&#xe9;s.&lt;br /&gt;&amp;quot;La voil&#xe0; qui s&apos;&#xe9;veille enfin, dit le bonhomme.&lt;br /&gt;- O&#xf9; suis-je ? murmura Cornaline.&lt;br /&gt;Et la bonne femme lui raconta qu&apos;ils l&apos;avaient rencontr&#xe9;e au milieu du chemin, et que depuis un an elle dormait l&#xe0;, comme morte, malgr&#xe9; leurs soins.&lt;br /&gt;&amp;quot;Oh ! merci&amp;quot;, dit-elle.&lt;br /&gt;Et frapp&#xe9;e de ce mot : un an ! elle demanda :&lt;br /&gt;&amp;quot;C&apos;est bien depuis une ann&#xe9;e que je suis l&#xe0; ?&lt;br /&gt;- Un an juste aujourd&apos;hui&amp;quot; reprit le bonhomme.&lt;br /&gt;Cornaline se rappela les paroles de ses marraines les f&#xe9;es ; un an, elle avait donc six voeux &#xe0; formuler.&lt;br /&gt;Alors elle demanda aux deux bonnes gens :&lt;br /&gt;&amp;quot;N&apos;avez-vous point quelque regret au fond du coeur quelque souhait en votre pens&#xe9;e ?&amp;quot;&lt;br /&gt;La femme dit :&lt;br /&gt;&amp;quot;Toute ma vie, j&apos;ai r&#xea;v&#xe9; d&apos;une jolie chaumi&#xe8;re avec une grande cour verte, un poulailler, une &#xe9;table, une grange...&amp;quot;&lt;br /&gt;L&apos;homme continua :&lt;br /&gt;&amp;quot;Toute mon existence, j&apos;ai d&#xe9;sir&#xe9; avoir un fils de vingt ans laborieux comme sa m&#xe8;re ; il nous e&#xfb;t aid&#xe9;s &#xe0; diriger notre petit bien, si mince f&#xfb;t-il.&amp;quot;&lt;br /&gt;La femme reprit :&lt;br /&gt;&amp;quot;Oh ! ce fils, je l&apos;ai tant attendu aussi ! nous aurions eu peut-&#xea;tre des petits-enfants pour &#xe9;gayer nos vieux jours : nous e&#xfb;mes bien un enfant, un jour ; mais il fut vol&#xe9; par des boh&#xe9;miens de passage, le jour o&#xf9; disparut aussi la fille nouvellement n&#xe9;e de nos voisins.&amp;quot;&lt;br /&gt;Et les vieux s&apos;enfonc&#xe8;rent silencieux dans ces souvenirs tristes et toujours vivants, bien que lointains.&lt;br /&gt;Ils ne voyaient pas qu&apos;autour d&apos;eux tout se transformait. Les murs de la maison &#xe9;taient maintenant haut, larges et neufs, le petit enclos, agrandi, &#xe9;tait sem&#xe9; de pommiers en fleurs, des b&#xea;tes y paissaient, des poules y picoraient les insectes et les brins d&apos;herbe.&lt;br /&gt;Sur le seuil un beau gar&#xe7;on de vingt ans attendait, pr&#xea;t &#xe0; s&apos;avancer le regard joyeux.&lt;br /&gt;Et derri&#xe8;re lui, deux vieillards l&apos;escortaient, les yeux tendus vers Cornaline transfigur&#xe9;e...&lt;br /&gt;Cinq de ses voeux &#xe9;taient accomplis. Un sixi&#xe8;me lui restait ; jalousement elle le gardait en elle.&lt;br /&gt;Les deux vieillards reconnurent leur fils, virent leurs souhaits de fermiers r&#xe9;alis&#xe9;e, leurs voisins retrouv&#xe8;rent aussi en Cornaline leur enfant vol&#xe9;e ; alors le jeune homme vint plier un genou devant Cornaline et lui demanda si elle ne voulait point devenir sa femme. A peine entendit-on son &amp;quot;oui&amp;quot; &#xe9;touff&#xe9; par la joie, et la douce enfant songea.&lt;br /&gt;&amp;quot;Ainsi mon voeu se r&#xe9;alise sans que je l&apos;aie formul&#xe9;, et il me reste un souhait, &#xf4; bonnes f&#xe9;es, que je garde pr&#xe9;cieusement pour la premi&#xe8;re peine que je rencontrerai, h&#xe9;las ! trop vite, chez ceux que je croiserai sur ma route.&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 23 Nov 2009 11:25:00 GMT</pubDate></item><item><title>URGENT : un cheval &#xe0; sauver</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/10/08/15353706.html</link><category>Histoire d&apos;animaux</category><category>amour</category><category>cheval</category><category>corrida</category><category>d&#xe9;fense</category><category>geste</category><category>sauver</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/10/08/15353706.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15353706/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/10/08/15353706.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/90/09/163335/44886789.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;poney&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/90/09/163335/44886789_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;225&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ff0066&quot;&gt;&lt;strong&gt;Urgent :&lt;/strong&gt; un cheval &#xe0; sauver, vous pouvez y contribuer en cliquant sur le lien ci-dessous, on ne vous demande qu&apos;un clic de souris, alors SVP un petit geste d&apos;amour. Merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : n&apos;h&#xe9;sitez pas &#xe0; transmettre &#xe0; vos connaissances.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.actuanimaux.com/nous_soutenir.php&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#009966&quot; size=&quot;3&quot;&gt;http://www.actuanimaux.com/nous_soutenir.php&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#6633ff&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Un clic de souris par jour pour sauver des animaux, d&#xe9;fendre des causes animales, comme la corrida par exemple. Alors mettez ce lien dans vos favoris.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 08 Oct 2009 12:20:12 GMT</pubDate></item><item><title>La Rose</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/09/21/15145955.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><category>grand&apos;m&#xe8;re</category><category>Sauvage</category><category>souvenir</category><category>tapisserie</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/09/21/15145955.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15145955/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/09/21/15145955.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ff6699&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;La_rose_et_le_chat&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/23/88/218998/44202044.gif&quot; width=&quot;420&quot; height=&quot;420&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;La branche d&apos;h&#xe9;liotrope qui devait orner la belle tapisserie ne grandissait pas sensiblement ; grand&apos;m&#xe8;re &#xe9;tait un peu paresseuse ce jour-l&#xe0;, et le petit chat noir assis devant elle s&apos;en &#xe9;tait s&#xfb;rement aper&#xe7;u, car le regard malicieux de ses yeux verts, &#xe9;meraudes ench&#xe2;ss&#xe9;es dans du jais, ne quittait pas la mains souvent immobile de la travailleuse.&lt;br /&gt;- Il&amp;nbsp; est quatre heures, dit, celle-ci en se levant, je ne travaille plus.&lt;br /&gt;Elle roula soigneusement son ouvrage tandis que le minois du chat exprimait parfaitement cette id&#xe9;e : &amp;quot;La tapisserie avancera tout autant.&amp;quot;&lt;br /&gt;L&apos;a&#xef;eule s&apos;approcha alors d&apos;une de ces commodes antiques, dont les tiroirs ventrus laissent &#xe9;chapper lorsqu&apos;on les ouvre une l&#xe9;g&#xe8;re odeur de rose et sont de vraies mines &#xe0; tr&#xe9;sors surprenants, pour les petits enfants admis &#xe0; y puiser. N&apos;&#xe9;tant parvenue &#xe0; ouvrir un de ces &#xe9;normes tiroirs qu&apos;avec beaucoup de difficult&#xe9;s, grand&apos;m&#xe8;re l&apos;enleva pour d&#xe9;couvrir l&apos;obstacle. Au fond du meuble, sa main rencontra un petit livre un peu froiss&#xe9; dont les pages jaunies, la couverture p&#xe2;lie attestaient le grand &#xe2;ge.&lt;br /&gt;D&#xe8;s qu&apos;elle eut tourn&#xe9; les premiers feuillets, elle tressaillit songeuse tourna les yeux vers le portrait de grand-p&#xe8;re. Le sourire bienveillant du vieillard, si beau encore sous ses cheveux blancs, semblait r&#xe9;pondre &#xe0; ses propres pens&#xe9;es et longtemps elle s&apos;attarda dans cette douce contemplation. &lt;br /&gt;Ensuite elle lut avec un int&#xe9;r&#xea;t incompr&#xe9;hensible pour Minet, qui trouvait ce vieux livre bien moins beau que ceux de la biblioth&#xe8;que, les aventures de la Belle au Bois dormant, celles de Peau d&apos;&#xc2;ne et tous les autres contes qui avaient charm&#xe9; son enfance.&lt;br /&gt;Mais le jour baissait lentement et elle allait fermer le livre quand elle trouva entre deux pages une fleur fan&#xe9;e, s&#xe9;ch&#xe9;e depuis de longues ann&#xe9;es.&lt;br /&gt;- Que je suis heureuse, dit-elle doucement, la voil&#xe0; cette rose que j&apos;ai tant cherch&#xe9;e, un des plus pr&#xe9;cieux souvenirs de lui.&lt;br /&gt;Grand&apos;m&#xe8;re alors ferma les yeux pour mieux penser et tout &#xe0; coup il lui sembla qu&apos;on parlait pr&#xe8;s d&apos;elle. La voix fine et claire qui troublait le silence de la chambre venait de la pauvre fleur fl&#xe9;trie.&lt;br /&gt;- Je suis bien laide, n&apos;est-ce-pas maintenant ? disait la rose. Te souviens-tu de ma beaut&#xe9; qui a pass&#xe9;, comme la tienne du reste, ma ch&#xe8;re Claire, mais beaucoup plus vite ? Tu es grand&apos;m&#xe8;re et dans toute ta longue vie j&apos;ai tenu une petite place. Veux-tu savoir mon histoire ? Je naquis dans le jardin o&#xf9; tu t&apos;es promen&#xe9;e tant de fois et o&#xf9; tes petits enfants jouent aujourd&apos;hui. J&apos;&#xe9;tais belle alors (je puis le dire sans orgueil, je suis si vieille), mes p&#xe9;tales ros&#xe9;s s&apos;entr&apos;ouvraient avec gr&#xe2;ce, retenus par un mignon corset vert, une tremblotante perle de ros&#xe9;e &#xe9;tincelait sur mon sein, ma tige gracile n&apos;avait que de petites &#xe9;pines brunes qui faisaient ressortir ma fra&#xee;cheur, trois feuilles d&apos;un vert sombre d&#xe9;licatement d&#xe9;coup&#xe9;es me prot&#xe9;geaient.&lt;br /&gt;&amp;quot;Je n&apos;avais jamais vu le jardinier ; et l&apos;arriv&#xe9;e d&apos;un jeune homme dans la grande all&#xe9;e m&apos;&#xe9;tonna beaucoup, mais des fleurs presque fan&#xe9;es et tr&#xe8;s instruites m&apos;apprirent que c&apos;&#xe9;tait M. Georges, le neveu du propri&#xe9;taire.&lt;br /&gt;&amp;quot;M. Georges s&apos;approcha de moi, me regarda attentivement, puis d&apos;un coup sec me s&#xe9;para du rosier en disant joyeusement :&lt;br /&gt;&amp;quot;- Je n&apos;ai jamais vu cette esp&#xe8;ce de rose, il n&apos;y en a du reste qu&apos;une, elle fera tr&#xe8;s bien dans mon herbier ; puis il m&apos;emporta.&lt;br /&gt;&amp;quot;A peine n&#xe9;e je quittais le beau jardin o&#xf9; j&apos;aurais tant aim&#xe9; &#xe0; vivre, et &#xe0; ma douleur venait encore s&apos;ajouter la crainte, car s&#xfb;rement je courais un grand danger. J&apos;ignorais ce que c&apos;&#xe9;tait un herbier, mais les roses mes voisines, tout en se cachant affol&#xe9;es sous les feuilles, pour ne pas partager mon sort, m&apos;avaient cri&#xe9; que c&apos;&#xe9;tait le plus effroyable instrument de supplice, que mon ravisseur, jeune savant comme je le sus plus tard, avait d&#xe9;j&#xe0; &#xe9;t&#xe9; le bourreau de fleurs nombreuses dont on avait connu les souffrances gr&#xe2;ce aux racontars d&apos;un moineau qui avait vol&#xe9; sur les fen&#xea;tres du terrible M. Georges.&lt;br /&gt;&amp;quot;Au bout de quelques instants je sentis un certain bien-&#xea;tre, on venait de me placer dans vase de cristal plein d&apos;eau fra&#xee;che. J&apos;&#xe9;tais sur une table couverte de livres dans une chambre simplement meubl&#xe9;e. Le jeune homme lisait et paraissait m&apos;avoir oubli&#xe9;e ; je commen&#xe7;ais &#xe0; me rassurer quand on frappa &#xe0; la porte.&lt;br /&gt;&amp;quot; - Entrez ! cria-t-il avec un peu de mauvaise humeur.&lt;br /&gt;&amp;quot;Une domestique p&#xe9;n&#xe9;tra dans la chambre.&lt;br /&gt;&amp;quot; - C&apos;est vous, Marie, que d&#xe9;sirez-vous ?&lt;br /&gt;&amp;quot; - Monsieur Georges, n&apos;est-ce pas vous qui avez cueilli une rose presque blanche dans la grande all&#xe9;e ? Celle-ci, tenez, ajouta la femme &#xe0; cette demande un peu brusque et en me d&#xe9;sigant.&lt;br /&gt;&amp;quot; - Puisqu&apos;elle est ici, ce ne peut &#xea;tre que moi ; quel inconv&#xe9;nient voyez-vous &#xe0; ce que je cueille les fleurs qui me plaisent ?&lt;br /&gt;&amp;quot; - Aucun, monsieur, mais Mlle Claire l&apos;avait vue et d&#xe9;sirait la mettre dans ses cheveux pour le bal de ce soir. Elle m&apos;envoie vous la demander.&lt;br /&gt;&amp;quot; - Je ne puis la lui donner, cette fleur est rare, je tiens &#xe0; la conserver, ma cousine en prendra une autre.&lt;br /&gt;&amp;quot; - Mais, monsieur, toutes les autres sont rouges, et comme mademoiselle est blonde elle ne peut les mettre.&lt;br /&gt;&amp;quot; - Elle est si jolie qur tout doit &#xea;tre bien sur elle ; du reste elle peut choisir une autre fleur qu&apos;une rose.&lt;br /&gt;&amp;quot; - Mais, monsieur...&lt;br /&gt;&amp;quot; - C&apos;est assez discut&#xe9; pour une telle babiole, je ne cherche pas &#xe0; contrarier Claire, mais je ne peux sacrifier une rose que je ne connais pas, pour un caprice. Expliquez-lui que c&apos;est impossible.&lt;br /&gt;&amp;quot;La femme de chambre sortit en murmurant.&lt;br /&gt;&amp;quot;Alors, perdant tout espoir d&apos;&#xe9;chapper &#xe0; l&apos;herbier, je d&#xe9;testai celui qui tuait les roses et faisait pleurer les jeunes filles, car certainement cette jolie cousine Claire (il avait dit qu&apos;elle &#xe9;tait jolie) allait beaucoup pleurer.&lt;br /&gt;&amp;quot;Je dois avouer aujourd&apos;hui en toute sinc&#xe9;rit&#xe9;, que la douleur de Claire me touchait, que j&apos;&#xe9;tais tout simplement triste et irrit&#xe9;e de rester dans cette chambre silencieuse, d&apos;y mourir pour le plaisir d&apos;un savant, quand j&apos;aurais pu me faire admirer sur la t&#xea;te d&apos;une belle danseuse.&lt;br /&gt;&amp;quot;Je passai une nuit pleine d&apos;angoisse, craignant &#xe0; tout instant de me sentir arracher un &#xe0; un mes p&#xe9;tales si d&#xe9;licieusement ros&#xe9;s.&lt;br /&gt;&amp;quot;Le jour vint enfin, M. Georges se remit &#xe0; travailler. Quel ne fut pas mon &#xe9;tonnement en voyant la femme de chambre si mal accueillie la veille entrer pr&#xe9;cipitamment sans frapper.&lt;br /&gt;&amp;quot; - Monsieur, dit-elle vivement, venez, mademoiselle est malade, elle a sans doute eu froid en entrant hier et depuis elle a la fi&#xe8;vre.&lt;br /&gt;&amp;quot;Georges p&#xe2;lit et sortit imm&#xe9;diatement en posant &#xe0; la domestique de nombreuses questions sur l&apos;&#xe9;tat de la malade et j&apos;en conclus qu&apos;il &#xe9;tait moins mauvais que je l&apos;avais suppos&#xe9;.&lt;br /&gt;&amp;quot;Quand il revint, il paraissait pr&#xe9;occup&#xe9;.&lt;br /&gt;&amp;quot; - La rose, la rose, dit-il tout haut, pourquoi r&#xe9;p&#xe8;te-t-elle toujours ces mots dans son d&#xe9;lire ?&lt;br /&gt;&amp;quot;Puis apr&#xe8;s un moment de r&#xe9;flexion :&lt;br /&gt;&amp;quot; - J&apos;avais oubli&#xe9; ce d&#xe9;tail. Pauvre enfant, elle a d&#xfb; &#xea;tre bien contrari&#xe9;e, j&apos;ai &#xe9;t&#xe9; souverainement rididcule ; jamais elle ne m&apos;aurait rien refus&#xe9; aussi brutalement. Mais cette rose est peut-&#xea;tre fan&#xe9;e.&lt;br /&gt;&amp;quot;Non, je n&apos;&#xe9;tais pas fan&#xe9;e, mais plus ouverte encore que la veille, je lui parus plus belle encore. Il me prit et m&apos;emporta. Comme j&apos;&#xe9;tais heureuse d&apos;&#xe9;chapper &#xe0; l&apos;herbier et de faire plaisir &#xe0; la pauvre Claire ; puis, comme toutes les jeunes roses, j&apos;&#xe9;tais tr&#xe8;s curieuse et d&#xe9;sirais vivement la voir.&lt;br /&gt;&amp;quot;Elle me sembla bien plus jolie que je ne l&apos;avais esp&#xe9;r&#xe9;, la cousine de M. Georges, et je compris combien une fleur devait &#xea;tre fi&#xe8;re d&apos;orner ses beaux cheveux blonds.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/14/36/218998/44203580.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;rosescoeur&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/14/36/218998/44203580_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;300&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&amp;quot; - Clairette, dit le jeune homme en souriant, la voici cette rose, voulez-vous me pardonner ma sottise ?&lt;br /&gt;&amp;quot; - Je vous pardonne, m&#xe9;chant, mais avez-vous r&#xe9;ellement l&apos;h&#xe9;ro&#xef;sme de sacrifier les int&#xe9;r&#xea;ts de la science &#xe0; un caprice ?&lt;br /&gt;&amp;quot; - J&apos;arriverai certainement &#xe0; trouver une autre rose semblable, et si je n&apos;y parviens pas ce sera la juste punition d&apos;avoir fait pleurer vos beaux yeux.&lt;br /&gt;&amp;quot; - J&apos;accepte alors et je vous remercie.&lt;br /&gt;&amp;quot;Claire gu&#xe9;rit rapidement et me mit dans le petit livre de contes o&#xf9; le cousin Georges lui avait appris &#xe0; lire, lorsque je fus un peu fan&#xe9;e. Je m&apos;y dess&#xe9;chai, heureuse d&apos;avoir contribu&#xe9; &#xe0; faire plaisir &#xe0; une cr&#xe9;ature aussi bonne que la jeune fille pour qui je n&apos;ai cess&#xe9; d&apos;&#xea;tre un pr&#xe9;cieux souvenir.&lt;br /&gt;&amp;quot;Les ann&#xe9;es pass&#xe8;rent, Claire, devenue la femme du cousin Georges, me regarda souvent en souriant. Un jour des larmes tomb&#xe8;rent sur moi tandis que je tremblais dans ses mains blanches, le compagnon de toute sa vie, ce savant &#xe0; qui j&apos;avais donn&#xe9; mon estime apr&#xe8;s en avoir &#xe9;t&#xe9; tant effray&#xe9;e, venait de mourir. Puis les visages roses des petits-enfants rappel&#xe8;rent &#xe0; l&apos;a&#xef;eule le visage souriant du cher disparu, et de nouveau elle me revit ave joie.&lt;br /&gt;&amp;quot;Un domestique maladroit me fit tomber derri&#xe8;re ce meuble et c&apos;est par pur hasard que...&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ff6699&quot;&gt;A ce moment grand&apos;m&#xe8;re, la jolie Claire de l&apos;histoire racont&#xe9;e par la rose, s&apos;&#xe9;veilla. On avait apport&#xe9; la lampe et le portrait du grand-p&#xe8;re, vivement &#xe9;clair&#xe9;, avait toujours son doux sourire, il avait sans doute entendu ; fr&#xea;le souvenir du pass&#xe9;, la rose semblait sur le livre fan&#xe9; un papillon endormi. Grand&apos;m&#xe8;re allait reprendre ses r&#xe9;flexions, mais des cris joyeux se firent entendre dans l&apos;antichambre, la porte s&apos;ouvrit violemment, deux blondes fillettes et un bambin aux cheveux bruns rebelles, tomb&#xe8;rent dans les bras de l&apos;a&#xef;eule qui crus sentir s&apos;effeuiller sur elle un bouquet de roses, fra&#xee;ches comme celle offerte jadis &#xe0; la mignonne Clairette.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ff6699&quot;&gt;SAUVAGE&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#ff6699&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#ff6699&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#ff6699&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#ff6699&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#ff6699&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ff6699&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 21 Sep 2009 10:41:00 GMT</pubDate></item><item><title>Rosette - Souvenir d&apos;&#xe9;cole</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/08/21/14803218.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><category>C. Delon</category><category>coeur</category><category>cruche</category><category>lait</category><category>Rosette</category><category>sabot</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/08/21/14803218.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14803218/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/08/21/14803218.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#00ccff&quot;&gt;Elle avait six ans &#xe0; peine ; elle &#xe9;tait si gentille, et si fra&#xee;che, et si gracieuse, que nous l&apos;avions nomm&#xe9; Rosette. Tous les jours, en sortant de l&apos;&#xe9;cole, vers l&apos;heure de midi, nous la rencontrions allant chercher son lait chez la voisine, pour le petit fr&#xe8;re je pense. Il me semble encore la voir, avec ses cheveux blonds boucl&#xe9;s et ses joues roses, avec son petit tablier bleu, toujours propre et bien ajust&#xe9;, et ses petits sabots.&lt;br /&gt;Elle ne s&apos;arr&#xea;tait point &#xe0; nous parler ; elle nous regardait, en passant, avec ses grands yeux clairs, curieuse, un peu effarouch&#xe9;e peut-&#xea;tre de nos pouss&#xe9;es bruyantes ; elle souriait &#xe0; ceux qu&apos;elle connaissait. Mais au retour, elle passait, toute s&#xe9;rieuse, sans lever seulement les yeux, tenant &#xe0; deux mains sa jolie petite cruche de fa&#xef;ence blanche &#xe0; fleurs bleues, pleine de lait ; elle marchait lentement, regardant &#xe0; ses pieds, avec mille pr&#xe9;cautions. Or, un jour, - je ne sais comment cela arriva, - le pied lui glissa, elle chancela, heurta contre l&apos;angle de la muraille, et la jolie cruche fut bris&#xe9;e en mille morceaux. Le lait se r&#xe9;pandit sur sa robe.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/53/75/218998/43023319.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;190&quot; alt=&quot;art043A011&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/53/75/218998/43023319_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Elle restait l&#xe0;, la pauvre petite, tremblante et comme ahurie un instant ; puis elle &#xe9;clata en sanglots. Nous l&apos;entour&#xe2;mes, nous voul&#xfb;mes la consoler, rien n&apos;y faisait.&lt;br /&gt;Une id&#xe9;e vint &#xe0; l&apos;un de nous.&lt;br /&gt;&amp;quot;Il faut vite acheter une autre petite cruche pareille, dit-il. Cotisons-nous.&lt;br /&gt;- Oui, oui ! s&apos;&#xe9;cri&#xe8;rent les compagnons, tous d&apos;un &#xe9;lan ; une plus belle, m&#xea;me !&lt;br /&gt;- Non : vous ne savez pas, vous autres. Il faut l&apos;avoir toute pareille ; qu&apos;il lui semble que c&apos;est la m&#xea;me...&amp;quot;&lt;br /&gt;Chacun fouille &#xe0; sa poche ; en un instant la cueillette est faite, la somme est trouv&#xe9;e. Puis le plus grand court chez le marchand, demande une petite cruche &#xe0; lait, blanche, &#xe0; fleurs bleues, pareille... dame ! &#xe0; peu pr&#xe8;s.&lt;br /&gt;Cependant la m&#xe8;re de la mignonne, ne la voyant pas revenir, inqui&#xe8;te, &#xe9;tait sortie &#xe0; sa rencontre. Elle trouva Rosette debout au milieu de nous, toute inond&#xe9;e de pleurs, qui essuyait ses yeux du coin de son tablier ; juste au m&#xea;me instant notre camarade arrivait, apportant la cruche neuve, pleine de lait. Il resta interdit, rougit... On n&apos;avait pas pr&#xe9;vu cela.&lt;br /&gt;&amp;quot;Qu&apos;est-ce que ceci, enfants ? demanda la m&#xe8;re.&lt;br /&gt;- C&apos;est un cadeau que nous avons voulu faire &#xe0; notre petite voisine, pour la consoler de son accident, se h&#xe2;ta de dire mon compagnon. Vous voulez bien, n&apos;est-ce pas ?&amp;quot;&lt;br /&gt;Il fallut accepter.&lt;br /&gt;&lt;img width=&quot;231&quot; height=&quot;325&quot; alt=&quot;Rosette&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/46/85/218998/43024023.gif&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;Et la petite s&apos;en retourna, tenant la main de sa m&#xe8;re, consol&#xe9;e, souriante d&#xe9;j&#xe0;...&lt;br /&gt;Or, cependant que cette gentille sc&#xe8;ne se passait, savez-vous o&#xf9; j&apos;&#xe9;tais moi, moi qui vous parle ? Il faut bien vous le dire, car vous ne le devineriez pas. J&apos;&#xe9;tais cach&#xe9; dans un coin, derri&#xe8;re un gros arbre. D&#xe8;s que j&apos;avais entendu parler d&apos;argent &#xe0; donner, je m&apos;&#xe9;tais recul&#xe9;, rouge de honte, je m&apos;&#xe9;tais enfui loin de mes camarades.&lt;br /&gt;Ah ! c&apos;est que le matin m&#xea;me, &#xe9;tourdi que j&apos;&#xe9;tais, j&apos;avais d&#xe9;pens&#xe9; pour des jouets, pour je ne sais quelle inutile fantaisie, tous les petits sous de ma semaine, d&#xe8;s le premier jour. Alors - vous comprenez le reste, et ma honte, et mes regrets, quand, de derri&#xe8;re mon arbre, je la vis passer, la petite, heureuse, avec sa cruche neuve ; quand je pensai que, moi seul, je n&apos;avais pas ma part dans sa joie... J&apos;&#xe9;clatai en pleurs &#xe0; mon tour. Que de reproches je me fis ! La r&#xe9;solution qui fut prise en moi, je n&apos;ai pas besoin de la dire. - Je ne savais pas, jusqu&apos;alors, que l&apos;argent, utile &#xe0; tant de choses, peut aussi, pour qui l&apos;&#xe9;pargne, donner les joies du coeur... Je le sais, &#xe0; pr&#xe9;sent. Et c&apos;est pour vous l&apos;apprendre, &#xe0; vous enfants, que j&apos;ai voulu vous conter mon histoire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#00ccff&quot;&gt;C. DELON&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#00ccff&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 21 Aug 2009 10:02:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;Etoile et le Bouleau</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/08/17/14764852.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><category>bouleau</category><category>Finlande</category><category>Zacharias Top&#xe9;lius</category><category>&#xe9;toile</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/08/17/14764852.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14764852/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/08/17/14764852.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccff99&quot;&gt;&lt;img width=&quot;384&quot; height=&quot;296&quot; alt=&quot;Etoile1&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/99/04/218998/42892773.gif&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;Je vais vous raconter l&apos;histoire de deux enfants qui travers&#xe8;rent la vie, n&apos;ayant qu&apos;un but dans la vie. C&apos;&#xe9;tait il y a environ cent cinquante ans. Une grande famine r&#xe9;gnait en Finlande. La guerre &#xe9;tendait ses ravages partout. Les villes &#xe9;taient incendi&#xe9;es, les moissons d&#xe9;truites. Beaucoup de malheureux &#xe9;migraient.&lt;br /&gt;Des membres d&apos;une m&#xea;me famille furent partout dispers&#xe9;s ; les uns furent emmen&#xe9;s prisonniers par l&apos;ennemi, les autres se cach&#xe8;rent dans les for&#xea;ts ou gagn&#xe8;rent la Su&#xe8;de. Souvent la femme ignorait le sort de son mari, le fr&#xe8;re celui de sa soeur, le p&#xe8;re celui de ces enfants. Aussi, la paix une fois conclue, lorsque chacun rejoignit son foyer, il &#xe9;tait rare qu&apos;on n&apos;e&#xfb;t pas &#xe0; pleurer l&apos;absence ou la mort d&apos;un des siens.&lt;br /&gt;Parmi ceux qui avaient &#xe9;t&#xe9; emmen&#xe9;s dans un autre pays, se trouvaient deux jeunes enfants, le fr&#xe8;re et la soeur. Ils furent recueillis par de braves gens qui prirent d&apos;eux le plus grand soin.&lt;br /&gt;Les ann&#xe9;es pass&#xe8;rent. Les enfants grandirent entour&#xe9;s d&apos;affection ; mais, malgr&#xe9; leur vie heureuse, ils ne pouvaient oublier ni leurs parents, ni leur patrie.&lt;br /&gt;Lorsque les enfants apprirent que la paix &#xe9;tait r&#xe9;tablie en Finlande, et que ceux qui le d&#xe9;siraient pouvaient y rentrer, leur &#xe9;loignement leur devint si insupportable, qu&apos;ils demand&#xe8;rent la permission de retourner chez eux.&lt;br /&gt;Leurs amis se mirent &#xe0; rire en disant :&lt;br /&gt;&amp;quot;Rentrer chez vous ! Enfants, vous n&apos;y pensez pas ! Vous auriez plus de cent lieues &#xe0; marcher !&lt;br /&gt;- Cela ne fait rien ! r&#xe9;pondirent les enfants, pourvu que nous arrivions &#xe0; la maison.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/64/84/218998/42892893.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;- Mais n&apos;avez-vous pas trouv&#xe9; un bon foyer chez nous ? Vous avez tout en abondance, des fruits et du laitage exquis, une jolie demeure et des amis qui vous ch&#xe9;rissent ! Que voulez-vous de plus ?&lt;br /&gt;- C&apos;est vrai, r&#xe9;pondirent les enfants, mais nous voulons retourner chez nous.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/39/39/218998/42892979.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;220&quot; height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0024&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/39/39/218998/42892979_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;- Dans votre patrie vous trouverez une grande mis&#xe8;re ; les for&#xea;ts de sapins seront votre abri, la mousse vous servira de lit ; le froid et la neige seront votre lot, un pain grossier sera votre nourriture. Depuis longtemps vos parents et vous amis sont morts, et quand vous les chercherez, vous ne trouverez que la trace des loups qui r&#xf4;dent autour des ruines de vos chaumi&#xe8;res.&lt;br /&gt;- C&apos;est vrai, dirent les enfants, mais nous voulons retourner chez nous.&lt;br /&gt;- Mais il y a dix ans que vous &#xea;tes arriv&#xe9;s ici. Vous &#xe9;tiez tout petits ; vous n&apos;aviez que quatre et cinq ans et vous ne pouviez vous souvenir de grand&apos;chose. Maintenant, vous avez quatorze et quinze ans, mais vous connaissez peu la vie : vous avez oubli&#xe9; la maison paternelle et le chemin qui y m&#xe8;ne. Vous avez oubli&#xe9; vos parents et ils vous ont oubli&#xe9;s.&lt;br /&gt;- Oui, dirent les enfants, mais nous voulons retourner chez nous.&lt;br /&gt;- Qui vous indiquera le chemin ?&lt;br /&gt;- Je me souviens qu&apos;il y a devant notre maison un grand bouleau o&#xf9; les oiseaux chantent &#xe0; l&apos;aurore.&lt;br /&gt;- Et moi, dit la soeur, je me souviens que, le soir, une &#xe9;toile luit &#xe0; travers le feuillage du bouleau.&amp;quot;&lt;br /&gt;On leur d&#xe9;fendit de penser davantage &#xe0; leur d&#xe9;part. Mais plus on leur d&#xe9;fendait, plus les enfants y pensaient.&lt;br /&gt;Une nuit, le jeune gar&#xe7;on, qui ne pouvait fermer les yeux, dit &#xe0; sa soeur :&lt;br /&gt;&amp;quot;Dors-tu ?&lt;br /&gt;- Non, r&#xe9;pondit-elle, je ne puis dormir, car je pense &#xe0; la maison.&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/35/91/218998/42893016.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;225&quot; height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0025&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/35/91/218998/42893016_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;- Moi aussi, dit son fr&#xe8;re. Faisons un paquet de nos v&#xea;tements, et partons.&lt;br /&gt;Et tous deux partirent sans bruit.&lt;br /&gt;La lune brillait sur les sentiers. La nuit &#xe9;tait splendide. Quand ils eurent march&#xe9; un moment, la jeune fille dit :&lt;br /&gt;&amp;quot;Mon fr&#xe8;re, j&apos;ai peur que nous nous &#xe9;garions !&amp;quot;&lt;br /&gt;Le jeune homme r&#xe9;pondit :&lt;br /&gt;&amp;quot;Allons toujours du c&#xf4;t&#xe9; de l&apos;ouest, l&#xe0; o&#xf9; le soleil se couche tous les soirs pendant l&apos;&#xe9;t&#xe9;. Notre pays est de ce c&#xf4;t&#xe9;. Quand nous verrons le bouleau devant la maison et l&apos;&#xe9;toile qui brille dans le feuillage, nous saurons que nous avons retrouv&#xe9; notre foyer.&amp;quot;&lt;br /&gt;Le jeune gar&#xe7;on s&apos;arma d&apos;un solide b&#xe2;ton, pour le cas o&#xf9; ils seraient attaqu&#xe9;s.&lt;br /&gt;Cependant il ne leur arriva aucun mal.&lt;br /&gt;Un jour, ils de trouv&#xe8;rent &#xe0; un carrefour et ils ne surent quelle route prendre.&lt;br /&gt;Tout &#xe0; coup, deux petits oiseaux se mirent &#xe0; chanter sur la route de gauche.&lt;br /&gt;&amp;quot;C&apos;est par ici, dit le jeune gar&#xe7;on ; ce sont les oiseaux qui le disent.&amp;quot;&lt;br /&gt;Ils poursuivirent leur route, guid&#xe9;s par les oiseaux qui voletaient devant eux de branche en branche. Ils se nourrissaient de baies sauvages ; s&apos;abreuvaient aux sources fra&#xee;ches et reposaient la nuit sur un lit de mousse ; chose merveilleuse, ni les fruits, ni le refuge pour la nuit ne leur manqu&#xe8;rent jamais.&lt;br /&gt;A la fin, la soeur se sentit lasse et dit :&lt;br /&gt;&amp;quot;Ne crois-tu pas que nous devrions nous mettre &#xe0; la recherche du bouleau ?&lt;br /&gt;- Non, dit le fr&#xe8;re, pas avant d&apos;entendre parler la langue que parlaient notre p&#xe8;re et notre m&#xe8;re.&amp;quot;&lt;br /&gt;Un soir, apr&#xe8;s avoir march&#xe9; sans interruption toute la journ&#xe9;e, ils furent tr&#xe8;s las. Au cr&#xe9;puscule, ils atteignirent une ferme isol&#xe9;e. Dans la cour, une petite fille &#xe9;tait occup&#xe9;e &#xe0; &#xe9;plucher des navets.&lt;br /&gt;&amp;quot;Voudrais-tu nous donner un de tes navets ? demand&#xe8;rent les enfants.&lt;br /&gt;- Bien volontiers, r&#xe9;pondit la petite. Mais, entrez chez nous, maman y est, elle vous donnera &#xe0; manger.&amp;quot;&lt;br /&gt;A ces mots, le jeune gar&#xe7;on battit des mains et se jeta au cou de la petite fille en l&apos;embrassant et en pleurant de joie.&lt;br /&gt;&amp;quot;Pourquoi es-tu si content ? lui demanda sa soeur.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/00/73/218998/42893042.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;272&quot; height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0026&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/00/73/218998/42893042_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;- Comment ne le serais-je pas ? Cet enfant parle la m&#xea;me langue que parlaient nos parents : maintenant, nous pouvons nous mettre &#xe0; la recherche du bouleau et de l&apos;&#xe9;toile.&amp;quot;&lt;br /&gt;Ils entr&#xe8;rent dans la maison o&#xf9; ils furent bien re&#xe7;us. On leur demanda d&apos;o&#xf9; ils venaient. Le jeune gar&#xe7;on prit la parole.&lt;br /&gt;&amp;quot;Nous venons de tr&#xe8;s loin, et nous voulons retrouver notre foyer. Mais nous ne savons qu&apos;une chose, c&apos;est que, devant notre maison, il y a un bouleau o&#xf9; les oiseaux chantent &#xe0; l&apos;aurore et o&#xf9; une &#xe9;toile brille le soir, &#xe0; travers le feuillage.&lt;br /&gt;- Pauvres enfants ! fut la r&#xe9;ponse. Il y a sur la terre des centaines de bouleaux et au ciel des milliers d&apos;&#xe9;toiles ! Comment vous serait-il possible de ne pas vous tromper !&amp;quot;&lt;br /&gt;Les deux enfants r&#xe9;pondirent :&lt;br /&gt;&amp;quot;Dieu nous aidera !&lt;br /&gt;Les enfants remerci&#xe8;rent alors ceux qui les avaient re&#xe7;us et reprirent leur chemin. Cependant, &#xe0; partir de ce moment, ils n&apos;eurent plus besoin de dormir dans les bois et purent demander l&apos;hospitalit&#xe9; de maison en maison ; quoique le pays f&#xfb;t d&#xe9;vast&#xe9; et la mis&#xe8;re g&#xe9;n&#xe9;rale, ils trouv&#xe8;rent toujours du pain et un g&#xee;te, car chacun avait compassion d&apos;eux. Mais l&apos;&#xe9;toile et le bouleau restaient introuvables. Il y avait bien des bouleaux et des &#xe9;toiles devant les maisons, mais ce n&apos;&#xe9;taient jamais ceux qu&apos;ils cherchaient.&lt;br /&gt;&amp;quot;Ah ! soupirait la soeur, la Finlande est si grande et nous sommes si petits ! Jamais nous ne retrouverons la maison !&amp;quot;&lt;br /&gt;Il y avait deux ans qu&apos;ils &#xe9;taient en route. C&apos;&#xe9;tait le soir de la Pentec&#xf4;te, &#xe0; la fin mai, et les arbres commen&#xe7;aient &#xe0; se couvrir de leur premi&#xe8;re verdure. En entrant dans la cour d&apos;une ferme o&#xf9; ils esp&#xe9;raient se reposer, ils virent un grand bouleau orn&#xe9; de sa parure printani&#xe8;re, et &#xe0; travers son feuillage d&apos;un vert tendre, brillait dans la nuit naissante l&apos;&#xe9;toile du soir. Le cr&#xe9;puscule &#xe9;tait si clair qu&apos;on ne distinguait que cette seule &#xe9;toile dans tout le firmament.&lt;br /&gt;&amp;quot;Voil&#xe0; notre bouleau ! s&apos;&#xe9;cria le jeune gar&#xe7;on, sans h&#xe9;siter.&lt;br /&gt;- Voil&#xe0; notre &#xe9;toile !&amp;quot; s&apos;&#xe9;cria sa soeur, en m&#xea;me temps.&lt;br /&gt;Ils se jet&#xe8;rent dans les bras l&apos;un de l&apos;autre en r&#xe9;pandant des larmes de joie.&lt;br /&gt;&amp;quot;Voici l&apos;&#xe9;curie o&#xf9; notre p&#xe8;re mettait ses chevaux ! dit le fr&#xe8;re.&lt;br /&gt;- Voici le puits o&#xf9; notre m&#xe8;re venait abreuver le troupeau, dit la soeur.&lt;br /&gt;- Il y a deux petites croix au pied du bouleau, dit le fr&#xe8;re. Qu&apos;est-ce que cela peut signifier ?&lt;br /&gt;- J&apos;ai peur d&apos;entrer dans la maison, dit la soeur. S&apos;ils ne nous reconnaissaient pas ! Entre le premier, mon fr&#xe8;re..&lt;br /&gt;- Restons un moment derri&#xe8;re la porte !&amp;quot; dit le jeune gar&#xe7;on, dont le coeur battait &#xe0; grands coups.&lt;br /&gt;Un homme et une femme &#xe9;taient assis dans une chaumi&#xe8;re. Ils n&apos;&#xe9;taient tr&#xe8;s &#xe2;g&#xe9;s ni l&apos;un ni l&apos;autre, mais les soucis et la mis&#xe8;re avaient pr&#xe9;matur&#xe9;ment rid&#xe9; leurs fronts.&lt;br /&gt;&amp;quot;Pour nous, disait l&apos;home, il n&apos;y a plus de consolation ; nos quatre enfants sont partis, deux dorment sous le bouleau, deux ont &#xe9;t&#xe9; emmen&#xe9;s en pays ennemi. Ceux-ci ne reviendront sans doute jamais.&amp;quot;&lt;br /&gt;Ils parlaient encore, lorsque les enfants entr&#xe8;rent. Ils dirent qu&apos;ils venaient de loin et qu&apos;ils avaient faim.&lt;br /&gt;&amp;quot;Approchez-vous, dit le p&#xe8;re ; vous passerez la nuit avec nous et vous aurez &#xe0; manger. Si nos enfants avaient v&#xe9;cu, ils seraient aussi grands que vous.&lt;br /&gt;- Quels gentils enfants ! dit la femme. Les n&#xf4;tres seraient aussi gentils qu&apos;eux, s&apos;ils avaient v&#xe9;cu !&amp;quot;&lt;br /&gt;Et le p&#xe8;re et la m&#xe8;re se mirent &#xe0; pleurer. Alors les enfants, n&apos;y tenant plus, se jet&#xe8;rent au cou de leurs parents.&lt;br /&gt;&amp;quot;Ne nous reconnaissez-vous pas ? s&apos;&#xe9;cri&#xe8;rent-ils ! Nous sommes vos enfants !&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/98/21/218998/42893068.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;263&quot; alt=&quot;Num_riser0027&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/98/21/218998/42893068_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Les parents, d&#xe9;bordants de reconnaissance, press&#xe8;rent leurs enfants sur leur coeur. Ils se racont&#xe8;rent tout ce qui leur &#xe9;tait arriv&#xe9;. Mais tout &#xe9;tait oubli&#xe9;, la joie inondaient leurs coeurs.&lt;br /&gt;Le p&#xe8;re se r&#xe9;jouissait de retrouver son fils grand et fort. La m&#xe8;re caressait les cheveux noirs de sa fille et couvrait de baisers ses joues fra&#xee;ches.&lt;br /&gt;&amp;quot;Je pensais bien, dit-elle, qu&apos;il arriverait quelque chose d&apos;heureux aujourd&apos;hui. Deux oiseaux inconnus sont venus ce matin chanter de joyeuses chansons dans notre bouleau.&lt;br /&gt;- Je les connais, dit la petite ; ce sont les deux oiseaux qui nous ont conduits jusqu&apos;ici, et ils se r&#xe9;jouissent avec nous.&lt;br /&gt;- Ma soeur, dit le jeune gar&#xe7;on, allons saluer encore ce l&apos;&#xe9;toile et le bouleau. C&apos;est l&#xe0; que reposent nos petits fr&#xe8;res. Je le comprends maintenant. &lt;br /&gt;&amp;quot;Ces oiseaux qui nous ont guid&#xe9;s dans notre voyage, les oiseaux qui ont chant&#xe9; dans le bouleau, ce sont leurs petites &#xe2;mes blanches. Ce sonte eux qui nous ont r&#xe9;p&#xe9;t&#xe9; : &amp;quot;Retournez &#xe0; la maison, retournez &#xe0; la maison, pour consoler &amp;quot;notre p&#xe8;re et notre m&#xe8;re&amp;quot;. Ce sont eux qui, dans les plaines d&#xe9;sertes, ont pris soin d&apos;apaiser notre faim et nous ont prot&#xe9;g&#xe9;s pendant&amp;nbsp; notre sommeil. Ils ont aplani toutes les difficult&#xe9;s devant nous, jusqu&apos;&#xe0; ce qu&apos;ils nous aient dit :&lt;br /&gt;&amp;quot;Voici votre bouleau et voici votre &#xe9;toile.&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccff99&quot;&gt;L&#xe9;gende finlandais de Zacharias Top&#xe9;lius.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccff99&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 17 Aug 2009 11:46:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;homme de fum&#xe9;e</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/08/12/14703881.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><category>Ch. Schiffer</category><category>fum&#xe9;e</category><category>homme</category><category>&#xe9;go&#xef;sme</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/08/12/14703881.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14703881/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/08/12/14703881.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;MARGIN: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccccff&quot; face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;De fum&#xe9;e ! Oh non ! Il &#xe9;tait parfaitement en chair et en os, et il le prouvait de toutes fa&#xe7;ons. On l’appelait &#xab; l’homme de fum&#xe9;e &#xbb; parce qu’il jouissait du don de produire en parlant une sorte de fum&#xe9;e qui pr&#xea;tait &#xe0; sa personne un charme irr&#xe9;sistible. Et ce don, qu’il tenait d’une f&#xe9;e, produisait son effet chaque fois que l’homme parlait de lui-m&#xea;me ou qu’il se trouvait en cause d’une fa&#xe7;on ou d’une autre.. Dans ces deux cas, il mettait un tel feu dans sa parole que la fum&#xe9;e ne tardait pas &#xe0; poindre. Elle venait l’envelopper d’un voile protecteur et couvrir ses faiblesses, au point qu’elles paraissaient autant de qualit&#xe9;s agr&#xe9;ables. On le voyait alors si gai de tout son effort, si aimable, que son meilleur ami risquait d’&#xea;tre sacrifi&#xe9; pour amuser l’auditoire un instant, si rempli d’esprit qu’il trouvait dans son imagination les argument du fait : - toutes choses qui le faisaient rechercher comme convive. Son &#xe9;cot ainsi que les notes de son tailleur se payaient en fum&#xe9;e.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/76/81/218998/42664948.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;150&quot; height=&quot;136&quot; alt=&quot;fum_e1&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/76/81/218998/42664948_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/60/32/218998/42664935.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;MARGIN: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccccff&quot; face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Comme l’homme pouvait, malgr&#xe9; tout, sembler quelque peu vaporeux, il connaissait le secret de faire grand bruit aux moindres entreprises de la vie.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;MARGIN: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccccff&quot; face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Longtemps, gr&#xe2;ce &#xe0; ces dons, il r&#xe9;ussit et &#xe0; se tenir en dehors des vicissitudes de l’existence et &#xe0; s’en moquer, tant en planant au-dessus des peines trop souvent communes. Trop souvent aussi l’homme c&#xe9;da au plaisir d’exhaler sa fum&#xe9;e en bavardant, lorsqu’il e&#xfb;t &#xe9;t&#xe9; mieux inspir&#xe9; de t&#xe9;moigner d’un peu de charit&#xe9; envers son prochain. Mais il s’aveuglait et s’&#xe9;tourdissait de parti pris, et les envieux purent parler de sa vanit&#xe9; et de son &#xe9;go&#xef;sme sans l’effrayer. Il vit de m&#xea;me les ann&#xe9;es peser sur lui, et le forcer &#xe0; produire nuages de fum&#xe9;e pour maintenir sa r&#xe9;putation du plus aimable&lt;font style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/font&gt;des gar&#xe7;ons. Tout changeait autour de lui : - il restait immuable, satisfait de lui comme au temps de ses premiers succ&#xe8;s.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;MARGIN: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccccff&quot; face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Un jour pourtant il remarqua qu’il &#xe9;tait n&#xe9;glig&#xe9;. Le monde se lassait donc de ses charmes avant qu’il n’e&#xfb;t envie de cesser de briller et de consacrer sa vie aux agr&#xe9;ments sans fin ? Il se trouvait seul alors que d’autres se recueillaient dans la famille qu’ils avaient fond&#xe9;e, et il payait, aux jours de vieillesse, cette libert&#xe9; qu’il montrait autrefois, dans un glorieux d&#xe9;fi, &#xe0; ceux qui peinaient pour &#xe9;lever leurs enfants.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;MARGIN: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccccff&quot; face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Et lorsque la maladie vint : &#xab; Ah ! se dit-il, mes amis n’abandonneront pas celui qui leur a fait passer tant d’heures agr&#xe9;ables ! &#xbb; Vite il les appela : l’un lui fit r&#xe9;pondre qu’il partait en voyage avec son enfant, l’autre qu’il veillait sur sa femme malade, celui-ci qu’il allait &#xea;tre grand-p&#xe8;re, celui-l&#xe0; qu’il mariait sa fille : - toutes raisons suffisantes pour laisser &#xe0; lui-m&#xea;me l’homme de fum&#xe9;e.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;MARGIN: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccccff&quot; face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le d&#xe9;laiss&#xe9; eut tout &#xe0; coup comme une vision de la v&#xe9;rit&#xe9;. Il vit que non seulement, dans sa vanit&#xe9; &#xe9;go&#xef;ste, il n’avait v&#xe9;cu que pour lui ; mais il s’aper&#xe7;ut encore que le gaspillage d’une existence de fum&#xe9;e et de bruit n’avait attach&#xe9; &#xe0; lui aucun de ceux qu’il connaissait autrefois. Pas un ! A cette pens&#xe9;e son cœur se serra. &#xab; Ah ! s’&#xe9;cria-t-il, qui viendra verser sur moi une larme de regret sinc&#xe8;re ? Qui viendra r&#xe9;chauffer ma main dans la sienne, pour me sauver du d&#xe9;sespoir ? &#xbb; Il attendit vainement. Tout &#xe0; coup, une terrible angoisse saisit tout son &#xea;tre, une angoisse qui s&#xe9;cha instantan&#xe9;ment sa peau sur les os !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;MARGIN: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccccff&quot; face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img width=&quot;128&quot; height=&quot;93&quot; alt=&quot;fum_e&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/61/07/218998/42665311.gif&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;On conserva longtemps l’homme ainsi dess&#xe9;ch&#xe9; ; mais un jour une vieille femme qui ne savait que parler de son prochain voulut le voir, et s’approcha si pr&#xe8;s avec la lumi&#xe8;re qu’elle mit le feu &#xe0; l’homme qui avait constamment parl&#xe9; de lui-m&#xea;me et qui disparut, une derni&#xe8;re fois, en fum&#xe9;e !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;MARGIN: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccccff&quot; face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;CH. SCHIFFER - 1880&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 12 Aug 2009 07:11:00 GMT</pubDate></item><item><title>La Sir&#xe8;ne</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/08/09/14697293.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><category>Ch. Schiffer</category><category>chant</category><category>sir&#xe8;ne</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/08/09/14697293.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14697293/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/08/09/14697293.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cc99&quot;&gt;Jadis, avant la cr&#xe9;ation des chemins de fer, on entendait parfois dans la nuit la voix incomparable de la Sir&#xe8;ne du Rhin. Elle chantait quand les roseaux frissonnaient sur le fleuve, quand la lune argentait le brouillard sous les feuilles, quand le ciel &#xe9;tincelait d&apos;&#xe9;toiles. Tous, du voyageur cheminant dans le sentier aux sentinelles veillant sur la plate-forme des tours, &#xe9;coutaient, et craignaient, et fuyaient ces accents tant&#xf4;t tristes et &#xe9;plor&#xe9;s, tant&#xf4;t pleins d&apos;appels s&#xe9;duisants. Les m&#xe8;res et les fianc&#xe9;es ha&#xef;ssaient la perfide cr&#xe9;ature et l&apos;accusait de perdre les malheureux qui, touch&#xe9;s par ses chants irr&#xe9;sistibles, se laissaient attirer au bord du fleuve, et on assurait qu&apos;elle avait enlev&#xe9; &#xe0; leurs ch&#xe2;teaux plus de chevaliers que les croisades.&lt;br /&gt;Pourtant la pauvre Sir&#xe8;ne ne tuait jamais personne, et lorsqu&apos;un imprudent se laissait surprendre et saisir, il revenait &#xe0; lui, apr&#xe8;s un court voyage sous les flots, dans une belle et grande salle o&#xf9; les pr&#xe9;c&#xe9;dentes victimes accueillaient le nouveau venu et lui offraient une place &#xe0; leurs festins. D&#xe9;sormais rien ne manquait &#xe0; ses plaisirs aquatiques. Le palais, vaste et spacieux, s&apos;&#xe9;tendait sous le Rhin et montrait ses vo&#xfb;tes de cristal reposant sur des murs de marbre, ses grottes, ses cascades ruisselant dans des bassins de corail.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/60/64/218998/42643195.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;238&quot; alt=&quot;sirene_&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/60/64/218998/42643195_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Un soir, deux voyageurs, un vieillard et un jeune homme, vinrent s&apos;asseoir sur la berge. En courant le monde, ils s&apos;&#xe9;taient donn&#xe9; tant de preuves de leur amiti&#xe9;, qu&apos;ils avaient r&#xe9;solu d&apos;en &#xe9;prouver la force en r&#xe9;sistant &#xe0; l&apos;enchanteresse. &amp;quot;Quand elle para&#xee;tra, dit le plus &#xe2;g&#xe9;, je placerai ma main sur ton coeur et tu te sentiras le courage d&apos;ob&#xe9;ir &#xe0; ce que je demanderai.&amp;quot;&lt;br /&gt;Bient&#xf4;t, glissant sur l&apos;eau, la Sir&#xe8;ne s&apos;avan&#xe7;a tendant vers le jeune homme ses bras suppliants ; mais celui-ci fascin&#xe9;, recula vers son ami. D&#xe9;j&#xe0; le feu de l&apos;amiti&#xe9; s&apos;&#xe9;teignait ; il tremblait lorsque le vieillard lui passa son &#xe9;p&#xe9;e : &amp;quot;Frappe, lui cria celui-ci, frappe, ou tu es perdu !&amp;quot;&lt;br /&gt;D&#xe9;j&#xe0; aussi la Sir&#xe8;ne le touchait : &amp;quot;Oui, dit-elle, tue moi,&amp;quot; d&apos;une voix si douce qu&apos;il n&apos;eut pas le courage de lever le bras. Le vieillard alors lui couvrit les yeux de sa main : aussit&#xf4;t le jeune homme avan&#xe7;a son arme et transper&#xe7;a l&apos;enchanteresse. Aussit&#xf4;t des chevaliers, des bourgeois, des paysans, sortirent en foule d&apos;entre les roseaux, tremp&#xe9;s et se secouant comme des caniches. C&apos;&#xe9;taient les captifs d&#xe9;livr&#xe9;s qui, des profondeurs du Rhin, remontaient au jour.&lt;br /&gt;Mais; &#xf4; surprise ! Une belle jeune fille apparut &#xe0; son tour et vint se jeter dans les bras du vieillard en l&apos;appelant &amp;quot;Mon p&#xe8;re !&amp;quot; Celui-ci, transport&#xe9; de joie, l&apos;embrassa, et ne l&apos;interrompit que pour la regarder avec tendresse :&amp;quot;Oui, dit enfin le vieillard aux assistants, je retouve ma fille qu&apos;une f&#xe9;e avait chang&#xe9;e en Sir&#xe8;ne. Vous la connaissez tous, mes amis, cette Sir&#xe8;ne, vous qu&apos;elle a attir&#xe9;s et retenus jusqu&apos;&#xe0; ce qu&apos;il se trouv&#xe2;t un homme assez fort pour r&#xe9;sister &#xe0; ses chants. Et moi, pour d&#xe9;livrer ma fille, j&apos;ai d&#xfb; chercher cet homme en lui laissant ignorer quel prix &#xe9;tait attach&#xe9; &#xe0; son exploit. Votre sauveur a puis&#xe9; dans notre amitit&#xe9; le courage de tenter l&apos;&#xe9;preuve ; maintenant, mon ami d&apos;hier veut-il &#xea;tre mon fils ?&amp;quot;&lt;br /&gt;L&apos;histoire raconte que bient&#xf4;t apr&#xe8;s il y eut une noce magnifique dans un des ch&#xe2;teaux du Rhin, et que quelques-uns des seigneurs invit&#xe9;s crurent reconna&#xee;tre dans le chant de la mari&#xe9;e certains accents de la Sir&#xe8;ne du fleuve.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cc99&quot;&gt;CH. SCHIFFER&lt;br /&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cc99&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cc99&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cc99&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cc99&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 09 Aug 2009 17:19:00 GMT</pubDate></item><item><title>MIRAGE</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/07/31/14600932.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><category>Marie-Louise Olivier</category><category>mirage</category><category>onde</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/07/31/14600932.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14600932/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/07/31/14600932.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#33cc00&quot; face=&quot;Verdana&quot; style=&quot;FONT-SIZE: 10pt;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;320&quot; height=&quot;453&quot; alt=&quot;Linette&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/31/64/218998/42335974.gif&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;L&apos;onde coule joyeuse dans le fleuve joli, aux tons verts et bleut&#xe9;s qui s&apos;argentent... Et les saules pleureurs trempent avec d&#xe9;lices leurs branches ondoyantes, dans le fleuve joli. L&apos;air pur est impr&#xe9;gn&#xe9; du doux parfums de de fleurs, et les buissons frissonnent sous le z&#xe9;phir l&#xe9;ger.&lt;br /&gt;Coule, coule, onde pure, coule gaiement, emporte dans ton cours chaque instant de nos jours, chaque soupir, chaque pens&#xe9;e, toutes nos joies, nos douleurs, nos souvenirs heureux et n&#xe9;fastes, cours, va toujours enserrant en ton sein d&#xe9;pouilles humaines et poissons brillants.&lt;br /&gt;... Et le fleuve argent&#xe9;, fid&#xe8;le image de la vie, court, press&#xe9;, bouillonnant, vers un but toujours le m&#xea;me, le but o&#xf9; tend tout ce qui existe : la fin.&lt;img width=&quot;74&quot; height=&quot;125&quot; alt=&quot;poisson1&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/36/79/218998/42333029.gif&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;T&#xe9;moignant leurs regrets &#xe0; l&apos;onde bleue qui passe, les vieux saules lentement, de leurs branches qui tra&#xee;nent, saluent en murmurant d&apos;&#xe9;ternels adieux...&lt;br /&gt;... Linette &#xe9;tait assise au bord de cette rive, o&#xf9; le printemps mettait tant d&apos;amour et de fleurs. Doucement berc&#xe9;e par les chants de cette nature embellie c&#xe9;l&#xe9;brant &#xe0; coeur-joie le retour de la belle saison, elle se laissait envahir par l&apos;ivresse qui r&#xe9;gnait en ces lieux. -Alors un regret lui vint. &amp;quot;Oh ! pourquoi suis-je seule au monde, disait-elle, pourquoi sans parents, sans amis, suis-je condamn&#xe9;e &#xe0; vivre ? Pauvrette, il me faudra mourir un jour, sans avoir pu confier &#xe0; personne toutes les sensations tendres et cruelles que je ressens, sans avoir pu reporter sur quelqu&apos;un ce besoin d&apos;affection dont toute &#xe2;me jeune est remplie ! Oh ! pourquoi ?&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;img width=&quot;100&quot; height=&quot;100&quot; alt=&quot;poisson7&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/70/20/218998/42333059.gif&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;Et son pied d&apos;alb&#xe2;tre, vein&#xe9; de bleu, aux ongles roses, trempait dans l&apos;eau limpide, lui apportant de son contact avec le clair liquide une exquise sensation de fra&#xee;cheur.&lt;br /&gt;Les n&#xe9;nuphars aux larges coupes &#xe9;maillaient l&apos;eau de taches crues.&lt;br /&gt;Tout &#xe0; coup, les grands yeux bleus de Linette, clairs comme l&apos;onde o&#xf9; ils se miraient, virent au milieu du fleuve une bu&#xe9;e l&#xe9;g&#xe8;re se former, montant en spirales transparentes. -Alors Linette crut voir la surface liquide s&apos;agiter, et de l&apos;eau surgit en cet instant une femme, aux longs cheveux verts, aux yeux d&apos;or, vaporeuse, &#xe9;th&#xe9;r&#xe9;e. -Sa main fine tenait un joli n&#xe9;nuphar &#xe0; la blanche corolle.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/86/22/218998/42331914.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;211&quot; height=&quot;300&quot; alt=&quot;ondine1&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/86/22/218998/42331914_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La blondine &#xe9;coutait fascin&#xe9;e par ces yeux &#xe9;tranges, cette voix merveilleuse, au timbre sonore, aux sons argentins. Sous le charme, elle dit : &#xab; Oh ! madame, vous qui &#xea;tes si belle, oh ! ne me quittez pas ! J’ai besoin d’&#xea;tre aim&#xe9;e et d’&#xea;tre secourue. Quand on est belle ainsi, on doit &#xea;tre tr&#xe8;s bonne. Oh ! laissez-moi rassasier ma vue de votre &#xe9;trange beaut&#xe9;, je ne veux rien de plus. En ma vie de pauvresse, je n’ai pu que souffrir, et l’on ne m’aima pas, je n’avais pas d’amis, car je suis seule au monde, h&#xe9;las !&lt;br /&gt;&#xab; Mais on dit que les f&#xe9;es sont aussi g&#xe9;n&#xe9;reuses que puissantes, vous devez &#xea;tre f&#xe9;e, car je n’ai jamais rien vu de plus joli. –On dit que vos palais sont remplis de richesses, de joies et de plaisirs. Prot&#xe9;gez-moi, j’ai besoin d’aide, je suis si faible et le monde est si grand !&lt;br /&gt;- Enfant, r&#xe9;pond l’ondine, ta parole est sinc&#xe8;re, elle m’&#xe9;meut ; viens, je te &lt;img width=&quot;121&quot; height=&quot;121&quot; alt=&quot;poisson3&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/90/97/218998/42333093.gif&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;sauverai, car je sui de ce fleuve ma&#xee;tresse souveraine, on ob&#xe9;it &#xe0; mon gr&#xe9;, et j’y commande en reine, viens. Mon palais est fait du plus fin cristal, les perles, les coraux &#xe0; l’envi s’y entassent, tout est brillant et beau. – Les poissons argent&#xe9;s, aux &#xe9;cailles de nacre, les fleurs inconnues, les roseaux toujours verts, les rochers aux tons roses, les algues aux fleurs bleues, mille et mille tr&#xe9;sors, je te les donnerai, viens, - Viens, car dans mon palais, la peine est inconnue, on est toujours heureux et je n’ai jamais vu sur d’autre joue que la tienne, briller cette ros&#xe9;e qui coule de tes yeux. &#xbb; - Puis &#xe9;tendant la main vers la blonde mignonne, l’ondine aux cheveux verts, l’ondine s’enfon&#xe7;ait, et Linette extasi&#xe9;e, fascin&#xe9;e par l’&#xe9;trange, Linette aux pieds d’alb&#xe2;tre, aux ongles roses, ses blonds cheveux d&#xe9;faits, Linette la suivait.&lt;br /&gt;… Et sur l’onde limpide qui coule, coule joyeuse dans le fleuve joli, sur l’onde o&#xf9; les vieux saules trempent leurs branches molles, des mariniers passant, aper&#xe7;urent un jour un corps d’enfant, dont les beaux cheveux blonds mettaient des reflets d’or sur l’onde qui s’argente, et l’eau l’enveloppait de son frais manteau !!!&lt;br /&gt;… Coule, coule, onde pure, coule gaiement, emporte ton cours chaque instant de nos jours, souvenirs et d&#xe9;pouilles… et vous, saules pleureurs, aux branches chevelues, saluez au passage cette onde verdie, image de la vie, qui file, file toujours, en murmurant sans cesse d’&#xe9;ternels adieux.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#33cc00&quot; face=&quot;Verdana&quot; style=&quot;FONT-SIZE: 10pt;&quot;&gt;Marie-Louise&lt;font style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/font&gt;OLIVIER &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 31 Jul 2009 13:53:00 GMT</pubDate></item><item><title>BONNES VACANCES</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/07/05/14299624.html</link><category>Dessin</category><category>amusement</category><category>jeux</category><category>sable</category><category>vacance</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/07/05/14299624.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14299624/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/07/05/14299624.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;300&quot; alt=&quot;zzzzzz&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/08/81/218998/41422068.gif&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 05 Jul 2009 09:47:09 GMT</pubDate></item><item><title>Si je vous fais plaisir...</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/06/18/14120643.html</link><category>Dessin</category><category>conte</category><category>fable</category><category>histoire</category><category>l&#xe9;gende</category><category>plaisir</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/06/18/14120643.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14120643/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/06/18/14120643.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;248&quot; alt=&quot;com&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/68/67/218998/40818521.gif&quot; width=&quot;328&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 18 Jun 2009 06:50:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le costume d&apos;Arlequin</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/06/16/14100570.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><category>arlequin</category><category>costume</category><category>Marie de Grand Maison</category><category>Venise</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/06/16/14100570.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14100570/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/06/16/14100570.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffff00&quot;&gt;Aux environs de Venise, cette belle cit&#xe9; qu&apos;on a si justement appel&#xe9;e la reine de l&apos;Adriatique, vivait, il y a plusieurs si&#xe8;cles, un &#xe9;colier mod&#xe8;le, qui se nommait Arlequin.&lt;br /&gt;Il &#xe9;tait l&apos;orgueil de ses parents et donnait l&apos;exemple &#xe0; ses camarades par sa bonne tenue et son excellente conduite. Il avait toujours les meilleurs places dans toutes les compositions, et les premiers prix dans les concours. Personne ne songeait &#xe0; en &#xea;tre jaloux, parce que le brillant &#xe9;l&#xe8;ve demeurait modeste au milieu de ses succ&#xe8;s, autant qu&apos;il se montrait obligeant pour chacun.&lt;br /&gt;L&apos;usage alors &#xe9;tait de donner un v&#xea;tement neuf &#xe0; tous les enfants, &#xe0; l&apos;occasion du Carnaval, cette f&#xea;te joyeuse par excellence, qui est, &#xe0; Venise, particuli&#xe8;rement brillante.&lt;br /&gt;Les &#xe9;coliers attendaient ce jour avec impatience pour r&#xe9;aliser les petits r&#xea;ves de vanit&#xe9; qu&apos;ils avaient pu caresser pendant toute une ann&#xe9;e. On &#xe9;tait fier de parler &#xe0; l&apos;avance de ce costume nouveau, et d&apos;en discuter la forme et la couleur avec ses camarades.&lt;img height=&quot;318&quot; alt=&quot;arlequin&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/52/74/218998/40753326.gif&quot; width=&quot;322&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Seul, quand ses camarades s&apos;entretenaient de tous ces heureux projets, Arlequin gardait le silence.&lt;br /&gt;A la fin, un de ses amis, &#xe9;tonn&#xe9; de ce mutisme, lui demanda :&lt;br /&gt;&amp;quot;Et toi, Arlequin, tu ne nous dis pas quelle sera la couleur de ton habit !&lt;br /&gt;- Moi, r&#xe9;pondit l&apos;enfant simplement, je n&apos;en aurai&amp;nbsp; pas cette ann&#xe9;e ; nous ne sommes pas assez riches, et mes parents trouvent que cela co&#xfb;terait trop cher.&lt;br /&gt;- Ah ! pauvre Arlequin !&amp;quot; s&apos;&#xe9;cria l&apos;&#xe9;colier.&lt;br /&gt;Aussit&#xf4;t, il lui vint une g&#xe9;n&#xe9;reuse id&#xe9;e qu&apos;il s&apos;empressa de communiquer &#xe0; tous ses petits compagnons, &#xe0; l&apos;insu d&apos;Arlequin.&lt;br /&gt;&amp;quot;Ne trouvez-vous pas, dit-il, que ce serait triste pour nous si, dans cette belle f&#xea;te du Carnaval, nous voyions notre meilleur camarade se tenir &#xe0; l&apos;&#xe9;cart et ne pas prendre part &#xe0; nos jeux, sous le pr&#xe9;texte qu&apos;il n&apos;a pas d&apos;habit ?&amp;quot;&lt;br /&gt;Tous furent de son avis.&lt;br /&gt;&amp;quot;Eh bien ! continua le jeune gar&#xe7;on, je propose que chacun prenne un morceau au costume qu&apos;on doit lui faire, pour l&apos;apporter &#xe0; Arlequin. Il aura ainsi ce qu&apos;il faut pour qu&apos;on lui en confectionne un.&lt;br /&gt;- Oui ! Oui !&amp;quot; s&apos;&#xe9;cri&#xe8;rent tous les petits V&#xe9;nitiens. Le projet &#xe9;tait accept&#xe9;.&lt;br /&gt;Le lendemain, tous les &#xe9;coliers arrivaient, rayonnants de bonheur, pr&#xe9;senter leur offrande &#xe0; Arlequin.&lt;br /&gt;Or on sait que dans les pays du chaud soleil, on aime non seulement les &#xe9;toffes l&#xe9;g&#xe8;res, mais aussi les couleurs voyantes. Le peuple de Venise ne faisait pas exception &#xe0; cette r&#xe8;gle ; mais les &#xe9;coliers, agissant dans tout l&apos;&#xe9;lan de leur coeur, n&apos;avaient pas song&#xe9; &#xe0; cette diversit&#xe9; de nuances. Qu&apos;on juge de leur confusion en voyant combien tous ces morceaux dissemblables rendaient leur cadeau bizarre.&lt;br /&gt;Arlequin touch&#xe9; jusqu&apos;aux larmes du sentiments qui les avait guid&#xe9;s, et devinant leur embarras s&apos;&#xe9;cria :&lt;br /&gt;&amp;quot;Rassurez-vous, mes bons camarades, aucun pr&#xe9;sent n&apos;aurai pu me faire un plus vif plaisir. Vous vous chagrinez du nombre des pi&#xe8;ces qui formeront mon costume, et je trouve, moi, que plus il en contiendra, plus il devra m&apos;&#xea;tre pr&#xe9;cieux, puisque chacune d&apos;elles me repr&#xe9;sentera un ami.&amp;quot;&lt;br /&gt;En effet, le jour du mardi gras, Arlequin endossa avec un bonheur sans pareil ce v&#xea;tement bariol&#xe9;, qui fut comp&#xe9;t&#xe9; par un chapeau de feutre gris, orn&#xe9; d&apos;une queue de lapin.&lt;br /&gt;Alors, arm&#xe9; d&apos;un sabre de bois, et le visage couvert d&apos;un masque noir, il parcourut les rues de la ville, en sautant et en dansant, laissant d&#xe9;border sa joie par toutes sortes de gentillesses et d&apos;aimables saillies, dont il gratifiait tous ceux qu&apos;il rencontrait.&lt;br /&gt;Aucun d&#xe9;guisement ne recouvrit jamais un coeur plus joyeux que celui-l&#xe0;.&lt;br /&gt;En est-il beaucoup, parmi les imitateurs d&apos;Arlequin, qui savent au moins quel trait d&apos;amiti&#xe9; touchante &#xe0; perp&#xe9;tu&#xe9; la bigarrure de son costume ?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffff00&quot;&gt;Marie de GRAND MAISON&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 16 Jun 2009 10:26:00 GMT</pubDate></item><item><title>La maladie de Madame Chatte</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/06/10/14029970.html</link><category>Histoire d&apos;animaux</category><category>chat</category><category>rat</category><category>souris</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/06/10/14029970.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14029970/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/06/10/14029970.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cccccc&quot;&gt;&lt;img height=&quot;118&quot; alt=&quot;image530&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/82/71/218998/40539320.gif&quot; width=&quot;88&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Un soir, dans le grenier tr&#xe8;s noir, derri&#xe8;re les caisses garnies de paille o&#xf9; le peuple des souris et des rats avait &#xe9;lu domicile, une grande nouvelle se r&#xe9;pandit : Mme Chatte &#xe9;tait malade !&lt;br /&gt;Mme Chatte, c&apos;&#xe9;tait une belle minette, que l&apos;on voyait se glisser le soir sur les goutti&#xe8;res, et qui, &#xe0; pas menus, venait sans bruit, parfois r&#xf4;der dans le grenier.&lt;br /&gt;Mme Chatte, c&apos;&#xe9;tait la gardienne du garde-manger, rempli de choses succulentes. Mme Chatte, c&apos;&#xe9;tait l&apos;ogresse des souris, qui, d&apos;un coup de sa patte agile, vous les saisissait au passage, et d&apos;un coup de dent les croquait, avant que les petites b&#xea;tes grignotantes eussent pu seulement faire : &amp;quot;Cuic !&amp;quot;&lt;br /&gt;Aussi, lorsqu&apos;on sut que Mme Chatte &#xe9;tait malade, on porta en triomphe M. Raton qui avait apport&#xe9; la bonne nouvelle.&lt;br /&gt;&amp;quot;Oui, dit M. Raton, la cuisini&#xe8;re l&apos;a mise dans un panier, et l&apos;a port&#xe9;e chez le v&#xe9;t&#xe9;rinaire, qui est le m&#xe9;decin des chats. Je vis la chose, cach&#xe9; sur le buffet.&lt;img height=&quot;77&quot; alt=&quot;image536&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/30/94/218998/40539335.gif&quot; width=&quot;77&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;- Elle va peut-&#xea;tre mourir, dit Mme Raton. Je propose de f&#xea;ter ce beau jour, en donnant un bal &#xe0; la cuisine, quand tout le monde sera couch&#xe9;.&amp;quot;&lt;br /&gt;La proposition fut acclam&#xe9;e, et, quand minuit sonna, on aurait pu voir toutes les souris et tous les rats qui, trottinant sur la rampe de l&apos;escalier, se faufilaient jusqu&apos;&#xe0; la cuisine.&lt;br /&gt;Ah ! quelle belle surprise, mes amis ! Il y avait l&#xe0; des noix d&#xe9;licieuses, des biscuits bien sucr&#xe9;s, du lard rance exquis, un fromage de Hollande entier, que sais-je !&lt;br /&gt;On commen&#xe7;a par bien manger. Puis on dansa. Puis, comme la danse ouvre l&apos;app&#xe9;tit, on recommen&#xe7;a &#xe0; manger. Puis, comme la danse active la digestion, on dansa de nouveau. Ainsi ce fut une belle f&#xea;te.&lt;br /&gt;Mais le matin, &#xe0; force de manger, de danser, de manger encore, et de danser toujours, rats et souris se trouv&#xe8;rent si fatigu&#xe9;s, que sans force pour remonter chez eux, ils s&apos;endormirent dans tous les coins de la &lt;img height=&quot;120&quot; alt=&quot;image537&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/15/93/218998/40539347.gif&quot; width=&quot;120&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;cuisine.&lt;br /&gt;Or, la maladie de Mme Chatte n&apos;&#xe9;tait pas tr&#xe8;s grave : elle avait simplement une ar&#xea;te dans le gosier. Le v&#xe9;t&#xe9;rinaire lui fit prendre du sirop d&apos;&#xe9;pic&#xe9;a, et, le matin il la renvoya chez elle par un commissionnaire, tout &#xe0; fait gu&#xe9;rie.&lt;br /&gt;Personne n&apos;&#xe9;tant r&#xe9;veill&#xe9; dans la maison, le commissionnaire glissa Mme Chatte par le soupirail de la cave et s&apos;en alla. Mme Chatte fit un brin de toilette et monta tranquillement vers la cuisine, pour boire un peu de lait. Et elle entra.&lt;br /&gt;Ah ! mes enfants, ce ne fut pas long. Quand elle vit tout le peuple souris endormi, un coup de patte ici, un coup de griffe l&#xe0;, en trois minutes la place fut nette. Seuls M. et Mme Raton, qui connaissaient une cachette, purent &#xe9;chapper au massacre.&lt;img height=&quot;224&quot; alt=&quot;image95&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/06/01/218998/40539394.gif&quot; width=&quot;188&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&amp;quot;Ecoutez-moi bien, disaient-ils plus tard &#xe0; leurs petits-fils, en leur racontant ce terrible drame : si l&apos;on vous dit que le chat est malade, n&apos;en croyez rien. Si l&apos;on vous dit qu&apos;il est mort, tenez-vous sur vos gardes. Si l&apos;on vous dit qu&apos;il est enterr&#xe9;, m&#xe9;fiez-vous encore.&amp;quot;&lt;br /&gt;M. et Mme Raton avaient raison ; mais les jeunes ne profitent jamais de l&apos;exp&#xe9;rience de leurs a&#xee;n&#xe9;s, et les petites souris imprudentes continuent &#xe0; se faire croquer par les chats.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 10 Jun 2009 12:58:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le ruban de la f&#xe9;e Ginette</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/06/04/13963431.html</link><category>Conte de F&#xe9;es</category><category>M. R&#xe9;mond</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/06/04/13963431.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13963431/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/06/04/13963431.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#3399ff&quot;&gt;&lt;img height=&quot;122&quot; alt=&quot;fille088&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/80/26/218998/40308459.gif&quot; width=&quot;102&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Lucette avait les yeux bleus, les cheveux dor&#xe9;s, et elle &#xe9;tait toute mignonne, malgr&#xe9; ses pauvres habits &#xe9;triqu&#xe9;s et us&#xe9;s. Tout le jour, bien qu&apos;elle n&apos;e&#xfb;t que dix ans, elle travaillait avec son p&#xe8;re dans la for&#xea;t, ramassant du bois mort, faisant de petits tas de branchettes menues ; puis, le soir, quand on rentrait dans la cabane, elle faisait cuire les l&#xe9;gumes du maigre repas, rangeait les outils du b&#xfb;cheron, et s&apos;endormait sur sa couchette, si peu douce et si peu moelleuse, un sourire aux l&#xe8;vres.&lt;br /&gt;Lucette chantait d&#xe8;s son r&#xe9;veil, et pourtant sa vie &#xe9;tait dure. Elle &#xe9;tait la sixi&#xe8;me enfant d&apos;une famille de pauvres b&#xfb;cherons. L&apos;hiver, le froid entrait dans la hutte mal close, et jamais on n&apos;e&#xfb;t connu l&#xe0; une heure joyeuse sans la bonne f&#xe9;e Ginette.&lt;br /&gt;Ginette aimait ces malheureux ; souvent, elle s&apos;arr&#xea;tait chez eux, laissait une pi&#xe8;ce d&apos;argent, gu&#xe9;rissait un des petits malades, donnait quelque chaud v&#xea;tement.&lt;br /&gt;&amp;quot;Je veillerai sur cette petite, avait dit la bonne f&#xe9;e, lorsque la sixi&#xe8;me enfant &#xe9;tait n&#xe9;e. Appelez-la Lucette ; ce sera ma prot&#xe9;g&#xe9;e, j&apos;en prendrai soin.&amp;quot;&lt;br /&gt;Et la petite avait grandi, gaie et mignonne.&lt;br /&gt;Mais, un jour, Lucette suivit son p&#xe8;re en ville. L&#xe0;, elle rencontra des enfants mieux v&#xea;tus ; elle aper&#xe7;ut mille merveilles ignor&#xe9;es, de beaux jouets qu&apos;elle n&apos;aurait jamais, des friandises auxquelles elle ne pourrait jamais go&#xfb;ter ; elle revint toute songeuse.&lt;br /&gt;Le lendemain, en faisant ses fagots, elle pensait &#xe0; ce qu&apos;elle avait entrevu un instant. Elle s&apos;assit, d&#xe9;courag&#xe9;e ; ses mains &#xe9;taient bleuies de froid, et elle sentait aussi comme une sensation de froid dans son petit coeur.&lt;br /&gt;Une grosse larme roula sur sa joue.&lt;img height=&quot;275&quot; alt=&quot;fee021&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/22/68/218998/40308484.gif&quot; width=&quot;100&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Ginette arriva.&lt;br /&gt;&amp;quot;Qu&apos;as-tu ?&lt;br /&gt;- J&apos;ai froid ; mes mains sont tout engourdies.&lt;br /&gt;- Console-toi. Je vais faire lever, pour te r&#xe9;chauffer, un doux rayon de soleil.&lt;br /&gt;- J&apos;ai faim...&lt;br /&gt;- Regarde, tout pr&#xe8;s, sur le buisson, ce fruit dor&#xe9;. Prends, c&apos;est pour toi...&amp;quot;&lt;br /&gt;Lucette remercia, mais ses larmes coulaient toujours.&lt;br /&gt;&amp;quot;Pourquoi as-tu tant de chagrin, ce matin ?&lt;br /&gt;- Je pense aux enfants que j&apos;ai rencontr&#xe9;s hier &#xe0; la ville. Ils ont de beaux habits, ils mangent des friandises. Ils sont heureux parce qu&apos;ils ont tout ce qu&apos;ils veulent.&lt;br /&gt;- Mais, Lucette, je ne te laisse pas souffrir. Je viens d&#xe8;s que tu m&apos;appelles, je te donne des fruits savoureux, des v&#xea;tements pour te pr&#xe9;server du froid. Regarde ces fleurs, &#xe9;coute ces oiseaux, n&apos;est-ce pas mieux que les jouets des enfants riches ?&amp;quot;&lt;br /&gt;Lucette n&apos;&#xe9;taient pas convaincue.&lt;br /&gt;&amp;quot;Tu n&apos;es plus content de ton humble sort, tu voudrais plus de fortune, plus de plaisirs ?...&amp;quot;&lt;br /&gt;Ginette coupa un bout du ruban bleu de sa baguette et le noua autour du cou de la petite fille.&lt;br /&gt;&amp;quot;Tiens, Lucette, garde ce taliman. D&#xe9;sormais, tous tes d&#xe9;sirs seront sur-le-champ r&#xe9;alis&#xe9;s, tu auras des richesses et des joies tant que tu en voudras. Mais prends garde ! Sois prudente en te faisant ta part de bonheur, n&apos;&#xe9;puise pas trop vite la mesure qui t&apos;est destin&#xe9;e. Quand tu voudras quelque chose, aussi&#xf4;t tu l&apos;auras, mais en m&#xea;me temps, le ruban bleu s&apos;usera, diminuera petit &#xe0; petit, et un jour pourrait venir o&#xf9; tu ne l&apos;aurais plus. Ton privil&#xe8;ge, alors, serait fini.&lt;br /&gt;- Mais, douce f&#xe9;e, ne vous verrai-je plus ?&lt;br /&gt;- Une seule fois, quand ton ruban sera petit, petit, &#xe0; peine perceptible, quand il sera si us&#xe9; qu&apos;il ne restera &lt;img height=&quot;200&quot; alt=&quot;003&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/60/57/218998/40310064.gif&quot; width=&quot;201&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;plus qu&apos;un souhait &#xe0; faire, je viendrai te donner un dernier conseil. Adieu, petite Lucette...&amp;quot;&lt;br /&gt;Lucette voulut remercier, Ginette avait disparu.&lt;br /&gt;Ravie, n&apos;osant croire &#xe0; son bonheur, la fillette s&apos;en retourna vers sa cabane, et, vit, elle d&#xe9;sira une belle robe.&lt;br /&gt;&amp;quot;Qui est cette belle demoiselle ?&amp;quot; demandaient ses petits fr&#xe8;res en la voyant venir dans le chemin.&lt;br /&gt;Et, tandis qu&apos;ils reconnaissaient Lucette, eux aussi se trouv&#xe8;rent v&#xea;tus d&apos;habits somptueux, et aussi le p&#xe8;re, et aussi la m&#xe8;re. Lucette ne se poss&#xe9;dait pas de joie, surtout quand un beau ch&#xe2;teau rempla&#xe7;a la mis&#xe9;rable hutte, que des laquais chamarr&#xe9;s l&apos;entour&#xe8;rent, et que tous se trouv&#xe8;rent r&#xe9;unis autour d&apos;une table charg&#xe9;e de mets recherch&#xe9;s, de bonbons, de cr&#xe8;mes et de sucreries.&lt;br /&gt;Lucette, cependant, se lassa de jouer sans fin et de croquer sans cesse des friandise ; ayant vu passer, dans un beau carosse, une belle jeune fille et un jeune prince son fianc&#xe9; :&lt;br /&gt;&amp;quot;Je voudrais, pensa-t-elle, grandir vite, &#xe9;pouser un beau seigneur...&amp;quot;&lt;br /&gt;Lucette eut aussit&#xf4;t vingt ans, un riche marquis voisin la demanda en mariage. Ce furent des f&#xea;tes magnifiques. Elles finirent dans les larmes : le jeune seigneur dut partir pour guerroyer en lointain pays.&lt;br /&gt;Lucette se d&#xe9;sola pendant de longs mois d&apos;&#xea;tre sans nouvelles ; puis, d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;e :&lt;br /&gt;&amp;quot;Faisons le sacrifice d&apos;un peu de notre vie, dit-elle. Peu importe si nous vieillissons, si j&apos;use le temps, mais que cette affreuse guerre finisse, pour que mon &#xe9;poux revienne !&amp;quot;&lt;br /&gt;Et voici que la guerre fut finie, mais le seigneur ne revint pas.&lt;br /&gt;Il &#xe9;tait mort l&#xe0;-bas, loin de sa patrie.&lt;br /&gt;Alors, dans son noir chagrin, la princesse d&#xe9;sol&#xe9;e, ne tenant plus &#xe0; la vie, pensa qu&apos;il vaudrait mieux &#xea;tre plus pr&#xe8;s de mourir ; elle &#xe9;tait lasse de vivre, et aurait voulu que le temps cour&#xfb;t, rapide, pour abr&#xe9;ger ses jours.&lt;img height=&quot;94&quot; alt=&quot;moyen_age6&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/00/51/218998/40310124.gif&quot; width=&quot;138&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt; &lt;br /&gt;Et son souhait se r&#xe9;alisa.&lt;br /&gt;Ses cheveux sont blancs maintenant, sa t&#xea;te tremble, et elle s&apos;aper&#xe7;oit que le petit ruban est si court, si t&#xe9;nu qu&apos;elle ne peut plus le saisir de ses doigts tremblants ; ses yeux affaiblis distinguent &#xe0; peine le mince fil azur&#xe9;, et c&apos;est tout de suite un regret qui monte &#xe0; son coeur, un effroi vague qui l&apos;&#xe9;treint, et un appel suppliant vers sa douce protectrice.&lt;br /&gt;Ginette est devant elle.&lt;br /&gt;&amp;quot;Que d&#xe9;sires-tu, Lucette ? Veux-tu d&apos;autre or, d&apos;autres ch&#xe2;teaux somptueux, quelques ann&#xe9;es encore de &lt;img height=&quot;183&quot; alt=&quot;024&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/59/69/218998/40310159.gif&quot; width=&quot;122&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;f&#xea;tes, de richesses ?... Veux-tu mourir, si tu souffres trop ?... Veux-tu...&amp;quot;?&lt;br /&gt;Et, pench&#xe9;e vers elle, la f&#xe9;e, doucement, tout bas, tout bas, avec un bon sourire, murmure un conseil :&lt;br /&gt;&amp;quot;Veux-tu retourner dans ta for&#xea;t ? Veux-tu redevenir la petite Lucette ?&amp;quot;&lt;br /&gt;Un instant apr&#xe8;s, Lucette, revenue de son r&#xea;ve d&apos;opulence, courait encore, gaie et joyeuse, dans les sentiers fleuris.&lt;br /&gt;Son r&#xea;ve n&apos;avait dur&#xe9; que quelques minutes ; les ann&#xe9;es de jeunesse, les ann&#xe9;es d&apos;&#xe2;ge m&#xfb;r, les ann&#xe9;es de vieillesse, elle les avaient v&#xe9;cues en quelques instants, et cela lui avait suffi pour comprendre qu&apos;il ne faut pas envier le bonheur d&apos;autrui, et que la vraie sagesse consiste &#xe0; savoir toujours se contenter de la vie telle qu&apos;elle se pr&#xe9;sente et de ce que l&apos;on a.&lt;img height=&quot;107&quot; alt=&quot;010&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/88/43/218998/40310142.gif&quot; width=&quot;70&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#3399ff&quot;&gt;M. REMOND&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 04 Jun 2009 15:53:00 GMT</pubDate></item><item><title>Haute comme trois pommes</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/05/25/13845987.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><category>E. Bezan&#xe7;on</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/05/25/13845987.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13845987/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/05/25/13845987.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cccc00&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/36/84/218998/39893247.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;261&quot; alt=&quot;Num_riser0011&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/36/84/218998/39893247_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Dans la jolie petite localit&#xe9; de Fouillis-les-Roses&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Fouillis-les-Roses&lt;/font&gt;, habitait une petite fille qui avait un gros chagrin. Avait-elle perdu son papa ou sa maman ? Non, heureusement, tous deux vivaient et l&apos;aimaient bien.&lt;br /&gt;Etait-elle souvent grond&#xe9;e, punie ? Non plus, car elle &#xe9;tait bonne, sage et appliqu&#xe9;e. Avait-elle ce qu&apos;on appelle un caract&#xe8;re malheureux, &#xe9;loignant ses compagnes ? Pas du tout : douce comme un agneau. Elle &#xe9;tait malade, infirme ? Allons donc ! Vive comme un oiseau, saine comme une fleur des champs !&lt;br /&gt;Si &#xe9;trange que cela puisse sembler, le grand chagrin de Colette Lebrun, consistait &#xe0; &#xea;tre... haute comme trois pommes !&lt;br /&gt;La premi&#xe8;re fois que la grande L&#xe9;onie lui avait lanc&#xe9; cette parole m&#xe9;prisante, elle &#xe9;tait devenue toute rouge. Des larmes &#xe9;taient mont&#xe9;es &#xe0; ses yeux ; mais, si peu haute qu&apos;on soit, on a son amour-propre, et Colette s&apos;&#xe9;tait mordu les l&#xe8;vres tr&#xe8;s fort pour ne pas pleurer.&lt;br /&gt;Voici comment la chose &#xe9;tait venue : elles &#xe9;taient cinq ou six petites filles dehors. Chacune disait son &#xe2;ge.&lt;br /&gt;&amp;quot;Moi, j&apos;ai sept ans et demi.&lt;br /&gt;- Moi, huit.&lt;br /&gt;- Moi, neuf ans et quatre mois, fit la grande L&#xe9;onie, du haut de ses jambes d&apos;&#xe9;chassier ; mais tout le monde me donne douze ans !&lt;br /&gt;- Je suis plus vieille que toi, dit Colette en se redressant ; j&apos;ai neuf ans et demi.&lt;br /&gt;- Oh ! toi... tu ne comptes pas : tu es haute comme trois pommes.&amp;quot;&lt;br /&gt;Le mot fatal &#xe9;tait l&#xe2;ch&#xe9;. L&#xe9;onie ne l&apos;avait pas invent&#xe9; ; mais Colette l&apos;entendait pour la premi&#xe8;re fois. L&apos;impression fut frappante. Elle se senti bless&#xe9; au vif, d&apos;autant plus que toutes les autres se mettaient &#xe0; rire bruyamment.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/61/51/218998/39893302.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;217&quot; alt=&quot;Num_riser0012&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/61/51/218998/39893302_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cependant, il n&apos;y avait rien de plus gentil que Colette, dans sa petite taille bien proportionn&#xe9;e, avec son doux et frais visage encadr&#xe9; de bouclette brunes et emmitoufl&#xe9; d&apos;une capeline rouge.&lt;br /&gt;Si Colette avait &#xe9;t&#xe9; impolie, elle aurait r&#xe9;pondu &#xe0; cette perche de L&#xe9;onie : La mauvais herbe cro&#xee;t toujours !... Si elle avait &#xe9;t&#xe9; pr&#xe9;tentieuse, elle aurait pu r&#xe9;pliquer : Dans les petites bo&#xee;tes, les bons onguents. Si, seulement, elle avait gard&#xe9; un peu de pr&#xe9;sence d&apos;esprit, elle aurait cit&#xe9; quelques exemples fameux, tels que le Petit Poucet, Tom Pouce, et autres personnages exigus et d&#xe9;brouillards qui viennent toujours &#xe0; bout de berner les grands et les gros. Eh bien, Colette ne trouva rien... ou plut&#xf4;t, comme cela arrive souvent, elle d&#xe9;couvrit une foule de bonnes ripostes... le lendemain.&lt;br /&gt;Cette L&#xe9;onie Pitel, si fi&#xe8;re de ses pattes de cigogne, n&apos;&#xe9;tait pas m&#xe9;chante, mais brouillonne, taquine, et elle avait la langue prompte, comme vous voyez. Puis il existait une certaine rivalit&#xe9; entre sa famille et celle de Colette : les Pitel &#xe9;taient merciers-papetiers&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;merciers-papetiers&lt;/font&gt; ; les Lebrun, papetiers-merciers&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;papetiers-merciers&lt;/font&gt; ; &#xe7;a ne faisait pas assez de diff&#xe9;rence.&lt;br /&gt;Les Lebrun &#xe9;taient les premiers en date dans la localit&#xe9; ; mais les Pitel leur en voulaient, pr&#xe9;cis&#xe9;ment pour cela. Les deux boutiques, situ&#xe9;es dans la m&#xea;me rue, &#xe0; vingt m&#xe8;tres l&apos;une de l&apos;autre, se ressemblaient comme deux aiguilles &#xe0; tricoter. Seulement, les parents de L&#xe9;onie, qui &#xe9;taient entreprenants, venaient d&apos;ouvrir un &amp;quot;rayon de confiserie&amp;quot; sous les esp&#xe8;ces de cigares de chocolat &#xe0; un sou et de sucres d&apos;orge aux couleurs excentriques ; c&apos;&#xe9;tait une provocation &#xe0; laquelle les Lebrun avaient r&#xe9;pondu en se livrant &#xe0; la vente de timbres-poste pour collectionneurs !...&lt;br /&gt;... Ce jour-l&#xe0;, juch&#xe9;e sur un tabouret, et toute &#xe0; la joie de cette grandeur &#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;re, Colette est en train de &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/10/00/218998/39893342.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0003&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/10/00/218998/39893342_p.jpg&quot; width=&quot;234&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;pr&#xe9;parer l&apos;&#xe9;talage ; elle s&apos;en acquitte avec beaucoup de soin, dispose au milieu la grosse t&#xea;te de marotte coiff&#xe9;e d&apos;un bonnet de dentelle qui en est le plus bel ornement, et autour de cette figure rubiconde, toutes les fournitures justifiant ce double titre : &amp;quot;Papeterie-mercerie&amp;quot;. Sur une ficelle, contre la porte vitr&#xe9;e, elle accroche des chansons vieilles et jaunes, les fameux petits cahiers enlumin&#xe9;s qui annonce l&apos;Histoire du Petit Chaperon Rouge ou les M&#xe9;saventures d&apos;un Petit Curieux.&lt;br /&gt;Puis, comme c&apos;est jeudi, jour de cong&#xe9;, prenant son canevas, elle s&apos;installe gravement derri&#xe8;re le comptoir, les pieds pendant tr&#xe8;s loin au-dessus de sol.&lt;br /&gt;&amp;quot;Tu ne vas pas jouer, Colette ? demande sa m&#xe8;re qui vaque aux soins du m&#xe9;nage dans l&apos;arri&#xe8;re-boutique.&lt;br /&gt;- Non, maman ; j&apos;aime mieux t&apos;aider &#xe0; recevoir les clients.&lt;br /&gt;- Il en vient si peu ! Et puis je ne veux pas que tu restes ici. Ca n&apos;est pas sain. Va t&apos;amuser avec tes camarades.&amp;quot;&lt;br /&gt;Colette ob&#xe9;it sans r&#xe9;pliquer. Elle n&apos;a point parl&#xe9; &#xe0; sa m&#xe8;re de l&apos;affront qu&apos;elle a re&#xe7;u, de peur de lui faire de la peine. C&apos;est dommage ; Mme Lebrun l&apos;aurait consol&#xe9;e, en lui montrant la v&#xe9;rit&#xe9; que son esprit d&apos;enfant ne voit pas : &#xe0; savoir que, petite ou grande, peu importe, et que c&apos;est mal placer l&apos;amour-propre que de le jucher sur des &#xe9;chasses !&lt;br /&gt;Donc, Colette sort de la boutique, le coeur gros. Elle sait trop ce qui l&apos;attend : du plus loin qu&apos;elles l&apos;aper&#xe7;oivent, les mauvaises langues ont l&apos;habitude de s&apos;&#xe9;crier :&lt;br /&gt;&amp;quot;Tiens ! Voil&#xe0; Trois-Pommes.&lt;br /&gt;- A quoi jouons-nous ?&lt;br /&gt;- A cache-cache.&lt;br /&gt;- Qui va y &#xea;tre ?&lt;br /&gt;- Ce sera Trois-Pommes, chuchote L&#xe9;onie ; on la fera courir tant qu&apos;on voudra, avec ses petites jambes !&amp;quot;&lt;br /&gt;Pour la forme, elle compte vivement, effleurant la poitrine de ses compagnes et chantant d&apos;une voix pointue :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;u&gt;&amp;quot;J&apos;ai vu dans la lune&lt;br /&gt;Trois petits lapins,&lt;br /&gt;Qui mangeaient des prunes&lt;br /&gt;Comme des p&apos;tits coquins...&amp;quot;&lt;/u&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Et elle triche pour que le sort d&#xe9;signe Colette. Celle-ci s&apos;essouffle &#xe0; leur poursuite, sans parvenir &#xe0; les attraper...&lt;br /&gt;La sueur perle &#xe0; son front, les larmes &#xe0; ses yeux... car elle entend leurs &#xe9;clats de rire moqueurs. Il semble que sa petite taille rende tout permis envers elle.&lt;br /&gt;Mais aujourd&apos;hui, elle aper&#xe7;oit, de loin, pr&#xe8;s du tablier noir et des longues jambes maigres de L&#xe9;onie Pitel, un petit tablier bleu, deux petites jambes, allant &#xe0; pas de caneton. Le coeur de Colette s&apos;int&#xe9;resse ; elle aime tout ce qui est plus faible qu&apos;elle. Elle en oublie ses griefs.&lt;br /&gt;&amp;quot;C&apos;est son petit fr&#xe8;rre ?&lt;br /&gt;- Oui, c&apos;est Charlot ; on l&apos;a ramen&#xe9; de nourrice, hier.&lt;br /&gt;- Tu as de la chance !...&lt;br /&gt;- Oh ! il m&apos;adore !... C&apos;est que je le g&#xe2;te !... n&apos;est-ce pas, mon chou ?&amp;quot;&lt;br /&gt;En effet, Charlot ne quitte pas sa soeur ; il s&apos;accroche &#xe0; sa jupe. C&apos;est flatteur, mais un peu g&#xea;nant pour courir. Aussi ne tarde-t-elle pas &#xe0; le laisser, en l&apos;asseyant sur un tas de cailloux, et en l&apos;informant que, s&apos;il pleure, un homme tout noir viendra le chercher. Cela ne sert qu&apos;&#xe0; lui arracher des cris per&#xe7;ants.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/52/49/218998/39893371.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;249&quot; alt=&quot;Num_riser0013&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/52/49/218998/39893371_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&amp;quot;Qu&apos;il est ennuyeux ! g&#xe9;mit L&#xe9;onie. Dis-donc, Trois-pommes, garde-le un peu. Ca te va mieux qu&apos;&#xe0; moi !...&amp;quot;&lt;br /&gt;Colette est tout heureuse de tenir dans la sienne cette menotte douce, d&apos;&#xea;tre oblig&#xe9;e de rapetisser encore ses pas menus pour les mesure &#xe0; ceux de Charlot, de se sentir protectrice, maternelle... grande &#xe0; son tour !... Si elle est &amp;quot;haute comme trois pommes&amp;quot;, lui, alors, n&apos;est haut que comme une petite pomme d&apos;api !...&lt;br /&gt;... Colette a d&#xe8;s lors trouv&#xe9;e sa voie : c&apos;est &#xe0; qui lui confiera le petit fr&#xe8;re ou la soeurette aux jambes trop courtes ; toute l&apos;&#xe9;cole maternelle est sous sa garde, aux jours de cong&#xe9; ; elle domine de la t&#xea;te sa troupe de poussins, comme une poulette de petite race. Bont&#xe9;, douceur, ing&#xe9;nieuse gaiet&#xe9;, elle n&apos;&#xe9;pargne rien pour se faire aimer... et tous ces petis l&apos;adorent, la r&#xe9;clament, la suivent.&lt;br /&gt;Or, par un joli jeudi de printemps, elle avait organis&#xe9;, avec ses b&#xe9;b&#xe9;s, une ronde au beau milieu de la route ; c&apos;&#xe9;tait plaisir de voir toutes ces menottes li&#xe9;es les unes aux autres, tous ces tabliers bleus, blancs, roses, toutes ces petites t&#xea;tes brunes ou blonde tournant dans le soleil d&apos;avril.&lt;br /&gt;Soudain la voix de Colette s&apos;arr&#xea;te brusquement... et la ronde se d&#xe9;fait, la bande se disperse, comme une vol&#xe9;e d&apos;oisillons.&lt;br /&gt;Quel monstre effrayant s&apos;avance ? Les plus jeunes n&apos;ont rien vu, m&#xea;me dans leurs cauchemars, qui ressemble &#xe0; cette voiture fantastique. Comment va-t-elle&amp;nbsp; si vite sans chevaux, dans un tourbillon de poussi&#xe8;re !... Trois &#xea;tres extraordinaires, avec des yeux &#xe9;normes, des habits velus - gens ou b&#xea;tes, on ne sait trop - sont assis sur le devant de cette voiture.&lt;br /&gt;Mais voil&#xe0; que des cris per&#xe7;ants s&apos;&#xe9;l&#xe8;vent... Le clan des grandes soeurs, parmi lesquelles est L&#xe9;onie, et qui jouaient au Chat perch&#xe9; sur le bord du chemin, s&apos;arr&#xea;te glac&#xe9; de frayeur.&lt;br /&gt;Dans sa pr&#xe9;cipitation &#xe0; prot&#xe9;ger la retraite de tous ces petits, Colette en a laiss&#xe9; &#xe9;chapper un : Charlot, le plus insouciant, est rest&#xe9; au milieu de la route, bouche b&#xe9;e, regardant venir cette chose extraordinaire !...&lt;br /&gt;Frrr !... Frrr !... Plus qu&apos;une seconde... Charlot va &#xea;tre broy&#xe9; sous les yeux des enfants immobiles, terrifi&#xe9;s.&lt;br /&gt;Non !... une petite fille s&apos;&#xe9;lance, le saisit par le bras, le repousse sur le bord du chemin. Il est temps : la voiture est sur elle !&lt;br /&gt;Alors les petits voeint les b&#xea;tes &#xe9;tranges faire des efforts d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;s pour arr&#xea;ter leur machine, et l&apos;une d&apos;elles - la plus mince - sautant &#xe0; terre arrachant la gaze &#xe9;paisse et les horribles lunettes qui la masquaient, se changer, comme dans un conte de f&#xe9;es, en une belle jeune fille.&lt;br /&gt;&amp;quot;Oh ! la pauvre migonne ! la pauvre courageuse mignonne !&amp;quot; r&#xe9;p&#xe8;te-t-elle en serrant dans ses bras le petit corps inanim&#xe9; de Colette relev&#xe9; sur la route.&lt;br /&gt;Les enfants et, en t&#xea;te, L&#xe9;onie s&apos;approchent tremblants. Colette ne bouge pas... Elle est p&#xe2;le... p&#xe2;le... et... chose horrible ! il y a du sang sur ses v&#xea;tements...&lt;br /&gt;&amp;quot;Est-ce que... est-ce qu&apos;elle est... morte ?... balbutie L&#xe9;onie qui tremble de tous ces membres.&lt;br /&gt;- Non... Je l&apos;esp&#xe8;re !... Non... son coeur bat... Je respire !... Tenez, reprend la demoiselle en se tournant vers ses fr&#xe8;res, cela suffira pour me faire prendre l&apos;automobile en aversion...&amp;quot;&lt;br /&gt;Car les deux autres b&#xea;tes &#xe9;tranges se sont, elle aussi, transform&#xe9;es, non en Princes Charmants, mais en deux grands jeunes gens.&lt;br /&gt;&amp;quot;Conduisez-nous chez elle, reprend la jeune fille ; nous n&apos;allons pas l&apos;abandonner ainsi ! Pauvre petite !... Elle est haute comme trois pommes, et elle vient de montrer le courage d&apos;une vraie femme... Quel bonheur !... Elle ouvre les yeux !...&amp;quot;&lt;br /&gt;En effet, Colette rouvre les paupi&#xe8;res... juste pour entendre, une fois de plus, son sobriquet. Est-ce son &#xe9;tat de faiblesse ? Est-ce la douce voix qui prononce ces mots avec &#xe9;motion ?... Cette fois-l&#xe0;, ils ne lui causent pas de peine.&lt;br /&gt;&amp;quot;C&apos;est son fr&#xe8;re, ce petit ? demande l&apos;un des jeunes gens en montrant Charlot.&lt;br /&gt;- Non... c&apos;est le mien,&amp;quot; murmure la grande L&#xe9;onie, baissant la t&#xea;te tr&#xe8;s bas !&lt;br /&gt;La blessure de Colette n&apos;&#xe9;tait, heureusement, pas tr&#xe8;s grave.&lt;br /&gt;Melle Germaine de Beauval, dont le p&#xe8;re venait d&apos;acheter une jolie propri&#xe9;t&#xe9; dans le pays, se fit un devoir de visiter et de soigner Colette jusqu&apos;&#xe0; son complet r&#xe9;tablissement ; elle t&#xe2;cha, en la comblant de cadeaux, de la d&#xe9;dommager, ainsi que ses parents, du mal qu&apos;elle avait caus&#xe9; involontairement, et resta toujours sa grande amie.&lt;br /&gt;Le d&#xe9;vouement de la petite fille eut encore pour r&#xe9;sultat de r&#xe9;concilier les Lebrun, papetiers-merciers, avec les Pitel, merciers-papetiers. Ces derniers n&apos;oublieront jamais qu&apos;elle a sauv&#xe9; la vie &#xe0; Charlot. Quant &#xe0; L&#xe9;onie ; vous n&apos;avez rencontr&#xe9; nulle part asperge mont&#xe9;e plus humble devant trois pommes... ni fille plus attentive, plus douce, plus tendre qu&apos;elle ne l&apos;est devenue envers Colette !... Elle sait, maintenant, qu&apos;un grand coeur peut loger dans un tout petit corps.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cccc00&quot;&gt;E. BEZANCON&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 25 May 2009 09:17:00 GMT</pubDate></item><item><title>Monsieur le Vent</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/05/21/13806585.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><category>J. Jacquin</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/05/21/13806585.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13806585/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/05/21/13806585.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcccc&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/99/18/218998/39742310.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;142&quot; alt=&quot;Num_riser0010&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/99/18/218998/39742310_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcccc&quot;&gt;D&#xe8;s qu&apos;il voit poindre aux branches les premiers bourgeons, et qu&apos;apparaissent les premi&#xe8;res fleurs blanches et roses des pommiers et des p&#xea;chers, M. le Vent se frotte les mains et pr&#xe9;pare en cachette ses giboul&#xe9;es. Mars arrive, les giboul&#xe9;es sont pr&#xea;tes... M. le Vent va s&apos;amuser. &lt;br /&gt;Il vient d&apos;abord en sourdine &#xe9;tudier le terrain. A pas menus, il trottine par les carrefours et les ruelles. Les bonnes gens qui se sentent fr&#xf4;l&#xe9;s murmurent : &amp;quot;Il fait frisquet ce matin !&amp;quot; Les nez rougissent, les petites mains se fourrent dans les manchons, et M. le Vent sourit dans sa barbe et s&apos;amuse &#xe0; produire de petits tourbillons qui courent, alertes, sur le trottoir. &lt;br /&gt;Mais soudain, vlin ! vlan ! les volets claquent contre les murs. Un gros monsieur s&apos;affermit sur ses jambes et dit : &amp;quot;Bon ! voil&#xe0; l&apos;ouragan !&amp;quot; Et toutes les mains se cramponnent &#xe0; tous les chapeaux. &lt;br /&gt;Pr&#xe8;s d&apos;un passant maigre, sur lequel glisse l&apos;air, en sifflant, une dame &#xe9;norme attaqu&#xe9;e de tous les c&#xf4;t&#xe9;s voudrait bien retenir sa capote qui flotte, son boa qui s&apos;envole, sa levrette que la temp&#xea;te balance au bout d&apos;une corde ! - Vlin ! vlan ! vlin ! &lt;br /&gt;Et M. Bob qui a justement choisi ce beau temps pour faire une promenade sur le boulevard avec son pr&#xe9;cepteur ! &lt;br /&gt;&amp;quot;C&apos;est &#xe7;a qui est une riche id&#xe9;e, n&apos;est-ce pas, Monsieur ? Vous allez s&#xfb;rement en profiter pour m&apos;expliquer la fable du Ch&#xea;ne et du Roseau... Oh ! l&#xe0; l&#xe0; ! mon chapeau ! Monsieur ! Monsieur ! mon chapeau !... Le voil&#xe0; dans l&apos;&#xe9;gout !&amp;quot; &lt;br /&gt;Vlan ! vlin ! Vlan ! Aux &#xe9;talages c&apos;est un cliquetis de vitres bris&#xe9;es. &lt;br /&gt;&amp;quot;Mauvais temps pour monter la garde !&amp;quot; dit un fantassin qui rentre au quartier. &lt;br /&gt;Le p&#xe8;re Gu&#xe9;pin, commis d&apos;assurance, qui a promis d&apos;aller d&#xee;ner ce soir avec sa fille chez une vieille tant de Montrouge, s&apos;est mis en route. &lt;br /&gt;Ils se sont rev&#xea;tus, lui de sa redingote neuve, elle de sa plus belle robe. &lt;br /&gt;&amp;quot;Oh ! Papa, pourvu qu&apos;il ne pleuve pas ! dit Mademoiselle. &lt;br /&gt;- Je crois que j&apos;ai bien fait tout de m&#xea;me, r&#xe9;pond le p&#xe8;re Gu&#xe9;pin, de ne pas mettre mon chapeau haut de forme ! &lt;br /&gt;- Prends toujours ce &amp;quot;tuyau de po&#xea;le, en attendant !&amp;quot; gronde en passant M. le Vent qui lui fait descendre une chemin&#xe9;e sur la t&#xea;te... &lt;br /&gt;Vlan ! vlin ! vlan ! &lt;br /&gt;Un pot de fleurs d&#xe9;gringole du cinqui&#xe8;me &#xe9;tage d&apos;une maison. &lt;br /&gt;Seul M. Loustic &#xe9;prouve du plaisir &#xe0; ces m&#xe9;saventures. Il a enfonc&#xe9; son chapeau jusqu&apos;aux oreilles, boutonn&#xe9; son pardessus, relev&#xe9; son col ; les mains dans ses poches, la canne au port d&apos;armes, il se prom&#xe8;ne et rit en faisant des &amp;quot;mots&amp;quot;. &lt;br /&gt;La corbeille d&apos;un patronnet bascule, son contenu tombe &#xe0; terre, et le gamin crie &#xe0; tous les &#xe9;chos : &lt;br /&gt;&amp;quot;Mon g&#xe2;teau ! mon g&#xe2;teau qui est perdu ! &lt;br /&gt;- Aussi, remarque M. Loustic, quelle id&#xe9;e de sortir par ce temps-l&#xe0; avec un... vol-au-vent !&amp;quot; &lt;br /&gt;Vlin ! vlan ! vlin ! &lt;br /&gt;Encore un couvre-chef qui s&apos;enfuit ! &lt;br /&gt;&amp;quot;Cours donc apr&#xe8;s !&amp;quot; murmure M. le Vent, en envoyant le bonhomme d&#xe9;coiff&#xe9; rouler dans le ruisseau. &lt;br /&gt;Et tout cela se rencontre, se heurte, s&apos;entrechoque, le passant maigre et la grosse dame, la levrette et le bouledogue, le fantassin, la famille Gu&#xe9;pin, M. Loustic et le vol-au-vent, pendant que dans les serrures on entend comme un rire aigu et railleur ! &lt;br /&gt;M. le Vent s&apos;amuse. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcccc&quot;&gt;J. JACQUIN&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 21 May 2009 10:07:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le Rossignol et la Belle-de-Nuit</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/05/12/13700509.html</link><category>Conte de F&#xe9;es</category><category>belle-de-nuit</category><category>rossignol</category><category>Sauvage</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/05/12/13700509.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13700509/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/05/12/13700509.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccffff&quot;&gt;Quel d&#xe9;licieux pays que le royaumes des Emeraudes ! Que de curieux voudraient le visiter ! Malheureusement le Temps, impitoyable destructeur, n&apos;a pas plus respect&#xe9; ses palais d&apos;or et de pierres pr&#xe9;cieuses que la gloire et la prosp&#xe9;rit&#xe9; d&apos;empires plus vastes, dont les &#xe9;coliers les moins sensibles au charme des &#xe9;tudes historiques connaissent tout au moins les noms.&lt;br /&gt;Vers l&apos;an 642 apr&#xe8;s Nostamalda&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Nostamalda&lt;/font&gt;, l&#xe9;gislateur des Emeraudiens, une petite princesse naissait dans le palais royal. Les f&#xe9;es, press&#xe9;es autour du berceau capitonn&#xe9; de satin, lui avaient prodigu&#xe9; tour &#xe0; tour la bont&#xe9;, l&apos;esprit, la gr&#xe2;ce, la beaut&#xe9;, quand la f&#xe9;e des Neiges, p&#xe2;le et triste dans sa parure hivernale, d&#xe9;clara que la mignonne fillette mourrait si elle voyait une seule fois la lumi&#xe8;re du soleil.&lt;br /&gt;D&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;s, le roi et la rein voulurent &#xe9;viter pour toujours &#xe0; l&apos;enfant la vu du beau ciel de son pays. Ils firent construire pour elle un palais immense, qui, d&apos;apr&#xe8;s les documents relatant l&apos;histoire de la princesse Zella (c&apos;&#xe9;tait son nom) fut consid&#xe9;r&#xe9; comme la 142e merveille du royaume des Emeraudes. Il n&apos;avait pas de fen&#xea;tres, une porte d&apos;or couverte de diamants permettait seule aux visiteurs et aux serviteurs l&apos;acc&#xe8;s de cette demeure &#xe9;trange et f&#xe9;erique. Les salles &#xe9;taient capitonn&#xe9;es de satin bleu, blanc ou rose sem&#xe9; de pierres pr&#xe9;cieuses aux feux changeants. Cent mille bougies, plac&#xe9;es dans des cand&#xe9;labres d&apos;or, y entretenaient constamment une brillante lumi&#xe8;re. Toutes les ressources de l&apos;industrie et de l&apos;art avaient &#xe9;t&#xe9; employ&#xe9;es pour distraire et charmer la royale recluse.&lt;br /&gt;Amen&#xe9;e dans ce palais d&apos;or sans que ses jolis yeux bleus aient vu l&apos;azur du ciel ou suivi un blond rayon de soleil, Zella s&apos;y trouvait heureuse. Elle y grandit, persuad&#xe9;e que les plafonds aux peintures d&#xe9;licates, les tentures aux couleurs riantes, devaient n&#xe9;cessairement borner ses regards, que la lumi&#xe8;re factice illuminant sa demeure &#xe9;tait seule qui exist&#xe2;t.&lt;br /&gt;Quand la jeune fille atteignit sa dix-huiti&#xe8;me ann&#xe9;e une grande f&#xea;te r&#xe9;unit dans l&apos;immense salon blanc aux meubles d&apos;&#xe9;meraude, les rois les plus puissants, les princesses les plus belles et les plus &#xe9;l&#xe9;gantes, les seigneurs les plus aimables de son pays et des royaumes environnants.&lt;br /&gt;La f&#xe9;e des Neiges avait pr&#xe9;sid&#xe9; &#xe0; la toilette de Zella et quand celle-ci parut, v&#xea;tue d&apos;une robe bleue p&#xe2;le paillet&#xe9;e d&apos;aiguilles de givre brillantes comme des diamants finement taill&#xe9;s, un murmure d&apos;admiration l&apos;accueillit et un courtisan empress&#xe9; la surnomma Belle-de-Nuit.&lt;br /&gt;Un prince &#xe9;tranger nomm&#xe9; Rossignol, le seul sans doute &#xe0; qui le seul sans doute &#xe0; qui l&apos;on e&#xfb;t n&#xe9;glig&#xe9; de raconter l&apos;histoire myst&#xe9;rieuse de la jolie princesse, crut que le palais sans fen&#xea;tres &#xe9;tait n&#xe9; d&apos;un de ces caprices, et en dansant avec elle il dit en souriant :&lt;br /&gt;- Gracieuse Zella, vous avez eu une heureuse id&#xe9;e en faisant construire cette demeure sans ouvertures, car, lorsqu&apos;on peut contempler vos yeux, le ciel le plus bleu semblerait sombre, lorsqu&apos;on peut admirer votre blonde et vaporeuse chevelure, les rayons du soleil ne sauraient charmer les regards.&lt;img height=&quot;400&quot; alt=&quot;f_e_des_neiges&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/17/45/218998/39388379.gif&quot; width=&quot;315&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Ces compliments laiss&#xe8;rent la jeune fille songeuse tout le reste du jour. Le ciel, le soleil &#xe9;taient des choses inconnues pour elle et apr&#xe8;s avoir r&#xea;v&#xe9; bien longtemps elle d&#xe9;cida &#xe0; tout tenter pour les voir.&lt;br /&gt;Le lendemain, tout le monde reposait encore au palais d&apos;Or quand Zella, trompant la vigilance de ses femmes, traversa les salles brillamment illumin&#xe9;es, ouvrit la porte et sorti. Les gardes, profond&#xe9;ment endormis, n&apos;avaient pas entendu ses pas l&#xe9;gers et ele se trouvait dans les rues pav&#xe9;es de marbre, sans que personne soup&#xe7;onn&#xe2;t cette promenade mortelle.&lt;br /&gt;Habitu&#xe9;e &#xe0; la lumi&#xe8;re &#xe9;blouissante qui inondait ses appartements, la clart&#xe9; ind&#xe9;cise qui enveloppait la ville&amp;nbsp; cette heure matinale l&apos;&#xe9;tourdit d&apos;abord, mais elle se remit bient&#xf4;t et marcha &#xe0; l&apos;aventure. Elle &#xe9;tait arriv&#xe9;e pr&#xe9;s d&apos;un petit bois, quand le voile, qui semblait couvrir tout d&apos;une lueur bleu&#xe2;tre, se d&#xe9;chira : dans le ciel azur&#xe9;, le soleil, rouge comme un globe de feu, darda ses rayons br&#xfb;lants. La jeune princesse, frapp&#xe9;e &#xe0; mort par cette chaleur ennemie, tomba sous les ombrages puissants, &#xe0; la prot&#xe9;ger. Une exclamation de douleur retenti pr&#xe8;s d&apos;elle &#xe0; ce moment. Le prince Rossignol venait d&apos;apprendre la valeur de ses imprudentes paroles, quand, en se promenant dans la ville, il avait aper&#xe7;ut la jeune fille. Affol&#xe9; de d&#xe9;sespoir, il venait seulement de la rejoindre et ne savait comment r&#xe9;parer le malheur qu&apos;il avait caus&#xe9; inconsciemment.&lt;br /&gt;Soudain, la f&#xe9;e des Neiges, plus p&#xe2;le que jamais, apparut devant lui. De sa baguette froide et brillante elle toucha Zella inanim&#xe9;e et les yeux bleus, les cheveux dor&#xe9;s, la longue robe blanche disparurent. La princesse des Emeraudes n&apos;&#xe9;tait plus qu&apos;une jolie fleurette qui ferma aussit&#xf4;t sa corolle. L&apos;infortun&#xe9;e jeune fille n&apos;&#xe9;tait plus qu&apos;une mignonne belle-de-nuit.&lt;br /&gt;Le prince pleurait en appelant Zella. La f&#xe9;e comprit ses regards suppliants, elle eut piti&#xe9; de sa douleur et, frappant son v&#xea;tement avec la baguette de glace, elle le transforma en un petit oiseau gris, au plumage bien humble, mais elle lui donna ce qui charme le plus dans l&apos;oiseau et&amp;nbsp; il devint le chantre m&#xe9;lodieux des belles nuits de printemps.&lt;br /&gt;Aujourd&apos;hui, les princesses les plus d&#xe9;licates peuvent supporter l&apos;&#xe9;clat des rayons du soleil, le royaume des Emeraudes n&apos;est plus qu&apos;un souvenir, la baguette des f&#xe9;es est bris&#xe9;e, mais le chant du rossignol n&apos;a rien perdu de sa po&#xe9;sie et la belle-de-nuit est toujours fra&#xee;che et gracieuse.&lt;br /&gt;Quand la nuit est venue, quand la nature s&apos;est doucement endormie, que les &#xe9;toiles d&apos;or se sont allum&#xe9;es, une &#xe0; une dans le ciel d&apos;un bleu laiteux, que la lune verse sa lumi&#xe8;re argent&#xe9;e sur les gazons de velours vert, un chant &#xe9;trange, aux roulades tour &#xe0; tour lentes, joyeuses ou tristes s&apos;&#xe9;l&#xe8;ve vers le ciel, troublant seul le silence myst&#xe9;rieux. Promeneur solitaire, tu supposes que ces notes sublimes o&#xf9; l&apos;invisible musicien met toute son &#xe2;me et tout son talent bercent seulement les r&#xea;ves. Il n&apos;en est rien. Regarde au pied de l&apos;arbre o&#xf9; se tient le roi incontest&#xe9; de ces nuits si calmes : une mignonne fleurette vient de s&apos;ouvrir, la brise parfum&#xe9;e glisse plus l&#xe9;g&#xe8;re, le chanteur ail&#xe9; commence l&apos;histoire de la malheureuse Zella et la belle-de-nuit &#xe9;coute !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ccffff&quot;&gt;SAUVAGE&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 12 May 2009 12:02:00 GMT</pubDate></item><item><title>Histoire Merveilleuse de Gonfalindor et de Mirobolus</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/05/08/13654718.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><category>Ch&#xe9;ri</category><category>L&#xe9;on d&apos;Avezan</category><category>prince</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/05/08/13654718.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13654718/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2009/05/08/13654718.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#33cc00&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/64/88/218998/39219611.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0007&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/64/88/218998/39219611_p.jpg&quot; width=&quot;183&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le petit prince Ch&#xe9;ri, apr&#xe8;s avoir essay&#xe9; tous ses jouets sans parvenir &#xe0; s&apos;amuser, s&apos;assit sur l&apos;herbe et se mit &#xe0; pleurer en s&apos;&#xe9;criant qu&apos;il n&apos;y avait pas sur la terre un enfant aussi malheureux que lui.&lt;br /&gt;A quelques pas coulait la jolie petite rivi&#xe8;re l&apos;Eauclaire qui traversait le magnifique parc du ch&#xe2;teau.&lt;br /&gt;Contre la rive &#xe9;tait attach&#xe9; le petit bateau du prince Ch&#xe9;ri. Tout &#xe0; coup, celui-ci cessa de se lamenter ; il se redressa et se mit &#xe0; transporter ses jouets, l&apos;un apr&#xe8;s l&apos;autre, dans le bateau qu&apos;il d&#xe9;tacha.&lt;br /&gt;&amp;quot;Allez, dit-il, puisque vous ne savez pas m&apos;amuser ; partez, je n&apos;ai pas besoin de vous,&amp;quot; et du pied il poussa le bateau, qui suivit le courant. &lt;br /&gt;La petit prince Ch&#xe9;ri ne quitta pas le bateau des yeux jusqu&apos;&#xe0; ce qu&apos;il e&#xfb;t disparu &#xe0; un d&#xe9;tour de la rivi&#xe8;re. Alors, quand il vit que c&apos;&#xe9;tait fini, qu&apos;il ne reverrait plus ni son bateau, ni ses deux chevaux m&#xe9;caniques si rapides, ni ses polichinelles qui remuaient les yeux et avaient leurs bosses pleines de jouets, ni son cor de chasse qui faisait retentir le part et dont les notes &#xe9;veillaient les &#xe9;chos, le capricieux enfant, se jetant &#xe0; plat ventre sur l&apos;herbe de la rive, se prit &#xe0; pleurer am&#xe8;rement.&lt;br /&gt;En v&#xe9;rit&#xe9;, si le roi son p&#xe8;re avait &#xe9;t&#xe9; t&#xe9;moin de cette sc&#xe8;ne, il aurait pens&#xe9; qu&apos;un pareil fou ne serait jamais capable de lui succ&#xe9;der et de gouverner sagement un grand royaume.&lt;br /&gt;Lorsque Ch&#xe9;ri releva la t&#xea;te, il vit un petit homme tout habill&#xe9; de vert pomme avec une petite &#xe9;p&#xe9;e aux c&#xf4;t&#xe9;s ; ce petit homme le regardait d&apos;un air &#xe0; la foi bon et malicieux.&lt;br /&gt;Quand Ch&#xe9;ri se fut relev&#xe9;, le petit homme vert lui demanda pourquoi il avait pleur&#xe9;. Ch&#xe9;ri, au lieu de r&#xe9;pondre : &amp;quot;Cela ne vous regarde pas&amp;quot;, comme il avait l&apos;habitude de le faire quand il &#xe9;tait de m&#xe9;chante humeur, raconta tout ce qu&apos;il avait fait, sans rien omettre, car le petit homme vert exer&#xe7;ait une v&#xe9;ritable influence sur Ch&#xe9;ri.&lt;br /&gt;Le petit homme vert &#xe9;couta avec attention. Quand Ch&#xe9;ri eut fini : &amp;quot;Vous avez eu raison d&apos;avoir confiance en moi, lui dit-il, et, pour vous r&#xe9;compenser, je vais vous faire pr&#xe9;sent de deux jouets comme vous n&apos;en avez jamais vu.&amp;quot;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/60/87/218998/39219635.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0008&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/60/87/218998/39219635_p.jpg&quot; width=&quot;182&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;En disant ces mots, il battit le briquet et mit le feu &#xe0; deux petites boulettes qu&apos;il avait tir&#xe9;es de sa poche ; il en sortit deux jets de fum&#xe9;e qui r&#xe9;pandirent une odeur d&#xe9;licieuse dans le parc. Bient&#xf4;t, on vit deux petites silhouettes appara&#xee;tre au milieu des deux colonnes de fum&#xe9;e ; ces silhouettes grandirent, grandirent et form&#xe8;rent deux pantins admirablement model&#xe9;s, qui marchaient et parlaient comme des personnes.&lt;br /&gt;Ch&#xe9;ri &#xe9;tait si content qu&apos;il embrassa les deux joujoux ; ceux-ci l&apos;embrass&#xe8;rent &#xe0; leur tour, et Ch&#xe9;ri ne se tint pas de joie d&apos;avoir deux pantins aussi bien &#xe9;lev&#xe9;s.&lt;br /&gt;&amp;quot;Maintenant, dit le petit homme vert, il faut que vous sachiez leurs noms : celui-ci (et il d&#xe9;signa le plus grand) s&apos;appelle Gonfalindor, et celui-l&#xe0;, qui a un air m&#xe9;lancolique, se nomme Mirobolus.&amp;quot;&lt;br /&gt;Ch&#xe9;ri voulut remercier le petit homme vert, mais celui-ci avait disparu. Il resta seul avec ses deux pantins et, comme la nuit tombait, il rentra avec eux pour souper.&lt;br /&gt;Apr&#xe8;s le souper, on mena le jeune prince dans sa chambre ; il prit ses deux pantins et les coucha au pied de son lit. Tous trois s&apos;endormirent les meilleurs amis du monde, apr&#xe8;s s&apos;&#xea;tre souhait&#xe9; mutuellement une bonne nuit.&lt;br /&gt;Le lendemain matin, la premi&#xe8;re pens&#xe9;e de Ch&#xe9;ri fut pour ses deux pantins ; quand il fut lev&#xe9; et habill&#xe9;, son gouverneur le fit appeler pour prendre sa le&#xe7;on d&apos;orthographe ; mais Ch&#xe9;ri fit r&#xe9;pondre qu&apos;il ne voulait pas travailler, que cela l&apos;ennuyait.&lt;br /&gt;Il descendit dans le parc avec ses deux amis et leur proposa une partie de cache-cache ; Gonfalindor lui r&#xe9;pondit :&lt;br /&gt;&amp;quot;Je ne veux pas, cela m&apos;ennuie.&lt;br /&gt;- Mais moi, reprit le prince, je veux que vous jouiez.&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/78/16/218998/39219657.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0009&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/78/16/218998/39219657_p.jpg&quot; width=&quot;184&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;- Vous n&apos;ob&#xe9;issez pas &#xe0; votre gouverneur, riposta Gonfalindor, pourquoi vous ob&#xe9;irais-je ?&amp;quot;&lt;br /&gt;Ch&#xe9;ri ne trouva rien &#xe0; r&#xe9;pondre &#xe0; cela ; il s&apos;adressa &#xe0; Mirobolus, mais, de ce c&#xf4;t&#xe9;, il essuya encore un refus.&lt;br /&gt;Cependant on avait transmis au gouverneur la r&#xe9;ponse de Ch&#xe9;ri ; il descendit lui-m&#xea;me dans le parc, et, avec tout le respect d&#xfb; &#xe0; sont titre de prince, mais en m&#xea;me temps avec beaucoup de fermet&#xe9;, il obligea son &#xe9;l&#xe8;ve &#xe0; le suivre.&lt;br /&gt;Ch&#xe9;ri &#xe9;tait furieux d&apos;ob&#xe9;ir. Il prit ses deux pantins et suivit son gouverneur dans la salle d&#xe9;tude, en se promettant bien de prendre sa le&#xe7;on tout de travers.&lt;br /&gt;Le gouverneur commen&#xe7;a par lui donner une page &#xe0; copier. Il lui pr&#xe9;senta un superbe livre recouvert de v&#xe9;in et dor&#xe9; sur tranches.&lt;br /&gt;&amp;quot;Ayez-en le plus grand soin, lui dit-il, car c&apos;est un livre qui me vient de feu mon p&#xe8;re ; de plus la reliure et le texte en sont tr&#xe8;s pr&#xe9;cieux.&amp;quot;&lt;br /&gt;Aussit&#xf4;t que le gouverneur eut le dos tourn&#xe9;, Ch&#xe9;ri se mit &#xe0; mouiller ses doigts pour feuilleter le livre, &#xe0; plier les coins du volume, et il termina en faisant sur une des pages deux &#xe9;normes p&#xe2;t&#xe9;s. De plus, il accomplit sa t&#xe2;che tout de travers, en sorte que son gouverneur fut tr&#xe8;s m&#xe9;content de lui.&lt;br /&gt;Quand Ch&#xe9;ri put quitter la salle d&apos;&#xe9;tude, il prit Gonfalindor sous un bras, Mirobolus sous l&apos;autre et les mena dans un joli petit salon attenant &#xe0; sa chambre &#xe0; coucher. Tous les si&#xe8;ges &#xe9;taient dor&#xe9;s et recouverts de tapisseries &#xe0; personnages ; ces personnages &#xe9;taient tous des enfants richement habill&#xe9;s et gracieux de figure. Les meubles &#xe9;taient en bois de rose et tous proportionn&#xe9;s &#xe0; la taille de Ch&#xe9;ri. Il y avait sur une console &#xe0; dessus de marbre un joli petit orchestre en porcelaine de Saxe, et chaque musicien &#xe9;tait repr&#xe9;sent&#xe9; par un animal.&lt;br /&gt;Ch&#xe9;ri &#xe9;tait si heureux de montrer toutes ces belles chose &#xe0; ses nouveaux amis, qu&apos;il ne s&apos;aper&#xe7;ut pas que les deux pantins avaient un air maussade et ennuy&#xe9;. &lt;br /&gt;Il tira d&apos;un joli petit meuble &#xe0; tiroirs un superbe album &#xe0; coins d&apos;or avec son chiffre surmont&#xe9; de sa couronne de prince ; il le posa sur une petite table plac&#xe9;e pr&#xe8;s de la fen&#xea;tre et, appelant Gonfalindor :&lt;br /&gt;&amp;quot;Tu vois cet album, lui dit-il, c&apos;est la reine ma m&#xe8;re qui me l&apos;a donn&#xe9;, il n&apos;y en a pas de plus beau, de plus riche dant tout le royaume ; quant aux gravures, aux aquarelles, aux dessins qu&apos;il renferme, ils sont dus aux meilleurs artistes de tous les pays ; regarde tout cela, mais surtout n&apos;ab&#xee;me pas mon album.&amp;quot;&lt;br /&gt;Apr&#xe8;s cette recommandation, Ch&#xe9;ri appela Mirobolus pour lui montrer d&apos;autres belles choses.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/34/71/218998/39219687.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0010&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/34/71/218998/39219687_p.jpg&quot; width=&quot;187&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Quand il revint pr&#xe8;s de Gonfalindor, Ch&#xe9;ri resta muet de surprise et de chagrin : le m&#xe9;chant pantin avait d&#xe9;chir&#xe9; une partie des pages du merveilleux album, en les feuilletant trop brusquement ; il avait renvers&#xe9; de l&apos;encre sur les plus jolies aquarelles, enfin l&apos;album &#xe9;tait tout ab&#xee;m&#xe9;. Ch&#xe9;ri avait les larmes aux yeux ; la parole lui revint et il dit &#xe0; Gonfalindor :&lt;br /&gt;&amp;quot;Ce que tu as fait l&#xe0; est tr&#xe8;s mal ; ne t&apos;avais-je pas dit que je tenais beaucoup &#xe0; cet album parce qu&apos;il est tr&#xe8;s beau et surtout parce que c&apos;est un pr&#xe8;sent de ma m&#xe8;re ? Je vois que tu es un pantin sans coeur.&amp;quot;&lt;br /&gt;Gonfalindor r&#xe9;pondit :&lt;br /&gt;&amp;quot;Ma foi, prince, je trouve votre col&#xe8;re bien surprenante ; vous avez g&#xe2;ch&#xe9; ce matin le beau livre de monsieur votre gouverneur qui vous avait recommnad&#xe9; d&apos;en avoir bien soin, en ajoutant que c&apos;&#xe9;tait un souvenir de feu son p&#xe8;r ; vous me traitez de pantin sans coeur pour avoir ab&#xee;m&#xe9; votre album, je peux dire &#xe0; mon tour que vous &#xea;tes un enfant sans coeur et avec beaucoup de raison, car vous devez de la reconnaissance &#xe0; votre gouverneur pour les soins qu&apos;il prend de vous, tandis que, moi, je ne vous dois rien.&amp;quot;&lt;br /&gt;Le raisonnement de Gonfalindo frappait si juste, que Ch&#xe9;ri ne trouva rien &#xe0; r&#xe9;pliquer. Il se mit &#xe0; penser &#xe0; ses anciens jouets, &#xe0; son joli bateau et trouva que tout cela &#xe9;tait bien plus agr&#xe9;able que ses pantins anim&#xe9;s. Cette id&#xe9;e ne le rendit que plus grognon.&lt;br /&gt;La fin de cette mauvaise journ&#xe9;e arriva cependant, et tous trois all&#xe8;rent se coucher comme la veille dans le lit du prince ; mais, &#xe0; peine le valet de chambre de Ch&#xe9;ri fut-il parti, qu&apos;on entendi un l&#xe9;ger bruit ; c&apos;&#xe9;tait Mirobolus qui se levait. Il alluma une petite lampe qui r&#xe9;pandit une vive clart&#xe9; dans la chambre, et Ch&#xe9;ri le vit avec stupeur tirer de sa poche une petite &#xe9;critoire et s&apos;installer pour &#xe9;crire.&lt;br /&gt;Ch&#xe9;ri, qui &#xe9;tait extr&#xea;mement curieux, voulut savoir ce que Mirobolus &#xe9;crivait : il se leva &#xe0; son tour doucement et marcha sur la pointe des pieds pour ne pas &#xe9;veiller l&apos;attention de Mirobolus. Quand il fut derri&#xe8;re la chaise, il vit une toute petite &#xe9;criture fine et serr&#xe9;e, mais parfaitement claire, et il se mit &#xe0; lire.&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/32/83/218998/39219716.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0011&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/32/83/218998/39219716_p.jpg&quot; width=&quot;171&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Quelle ne fut pas la surprise de Ch&#xe9;ri quand il vit que Mirobolus racontait en d&#xe9;tail tous ce qui s&apos;&#xe9;tait pass&#xe9; dans la journ&#xe9;e : sa mauvaise conduite avec son gouverneur, et tout ce qu&apos;il avait dit et fait de d&#xe9;raisonnable. Ch&#xe9;ri, furieux, arracha le papier des mains de Mirobolus et voulut le d&#xe9;chirer , mais ce papier &#xe9;tait si r&#xe9;sistant que jamais Ch&#xe9;ri&amp;nbsp; ne put y arriver ; il voulut alors le br&#xfb;ler &#xe0; la flamme de la lampe, mais voil&#xe0; qu&apos;au lieu de se consumer, le papier grandit d&#xe9;mesur&#xe9;ment, les mots grandirent aussi et parurent tout rouges ; bient&#xf4;t le papiet atteignit le plafond, les lettres &#xe9;taient devenues &#xe9;normes.&lt;br /&gt;Ch&#xe9;ri, effray&#xe9;, rentra dans son lit et cacha sa t&#xea;te sous les couvertures ; quand il l&apos;en retira, il revit l&apos;affreux papier et le relut &#xe0; plusieurs reprises. Il se mit alors &#xe0; r&#xe9;fl&#xe9;chir qu&apos;apr&#xe8;s tout ce papier ne racontait que des choses vraies. A force de r&#xe9;fl&#xe9;chir, Ch&#xe9;ri finit par s&apos;endormir. &lt;br /&gt;Le lendemain Ch&#xe9;ri, en se r&#xe9;veillant, ne vit plus la fameuse pancarte, elle avait disparu ; mais il avait &#xe9;t&#xe9; tellement &#xe9;mu par les &#xe9;v&#xe8;nements de la veille qu&apos;il se sentait tr&#xe8;s fatigu&#xe9;, et qu&apos;il avait un grand mal de t&#xea;te. Son valet de chambre s&apos;en aper&#xe7;ut et pr&#xe9;vit le gouverneur, qui descendit aussit&#xf4;t dans l&apos;appartement du prince.&lt;br /&gt;Ch&#xe9;ri voulait se lever, mais le gouverneur s&apos;y opposa en disant qu&apos;il avait besoin de repos.&lt;br /&gt;&amp;quot;Et mes devoirs, monsieur le gouverneur ? demanda Ch&#xe9;ri.&lt;br /&gt;- Pour cette fois, je vous en dispense ; vous &#xea;tes trop souffrant pour travailler.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/80/15/218998/39219734.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0012&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/80/15/218998/39219734_p.jpg&quot; width=&quot;184&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;- Vraiment, monsieur le gouverneur, vous &#xea;tes trop bon de vous int&#xe9;resser &#xe0; ma sant&#xe9; ; vous ne me faites que du bien et moi je ne vous fais que du mal ; hier encore, j&apos;ai g&#xe2;t&#xe9; votre beau livre auquel vous teniez tant ; j&apos;en suis bien f&#xe2;ch&#xe9; et vous demande bien pardon. Quand j&apos;irai mieux, je travaillerai davantage pour vous satisfaire.&amp;quot;&lt;br /&gt;Le gouverneur, tr&#xe8;s surpris de cette nouvelle conduite, f&#xe9;licita Ch&#xe9;ri de ses bons sentiments. Ch&#xe9;ri jeta un coup d&apos;oeil &#xe0; ses pantins et vit avec plaisir que Mirobolus &#xe9;tait moins m&#xe9;lancolique que la veille.&lt;br /&gt;D&#xe8;s que le gouverneur fut parti, Gonfalindor et Mirobolus se mirent en quatre pour soigner et distraire Ch&#xe9;ri. Le soir, Mirobolus consigna ce qui s&apos;&#xe9;tait pass&#xe9; dans la journ&#xe9;e et le montra &#xe0; Ch&#xe9;ri. Le prince aurait bien voulu que sa bonne conduite f&#xfb;t &#xe9;crite avec des lettres aussi grosses que celles de la veille, mais il n&apos;osa pas en parler &#xe0; Mirobolus.&lt;br /&gt;Le lendemain, Ch&#xe9;ri, put se lever : il alla de lui-m&#xea;me trouver son gouverneur dans la salle d&apos;&#xe9;tude, il fit ses devoirs avec soin et re&#xe7;ut des compliments. Les pantins, ravis de sa bonne conduit, jou&#xe8;rent avec lui tout le reste du jour, et il ne s&apos;ennuya pas un seul instant.&lt;br /&gt;Peu &#xe0; peu Ch&#xe9;ri se d&#xe9;barrassa de tous ses d&#xe9;fauts, et il devint aussi appliqu&#xe9;, aussi poli, aussi affable qu&apos;il &#xe9;tait nagu&#xe8;re paresseux, insolent et grognon.&lt;br /&gt;Un jour qu&apos;il se promenait accompagn&#xe9; de Gonfalindor et de Mirobolus, il pensait aux beaux jouets qu&apos;il avait perdus par sa faute. Tout &#xe0; coup, il entendit un grand bruit de rames et il aper&#xe7;ut son bateau qui remontait le cours de l&apos;Eauclaire ; bient&#xf4;t il reconnut ses jouets, puis le petit homme vert qui faisait force de rames.&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/75/32/218998/39219758.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0013&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/75/32/218998/39219758_p.jpg&quot; width=&quot;186&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le petit homme vert sauta sur le rivage et, apr&#xe8;s avoir attach&#xe9; le bateau, il s&apos;approcha de Ch&#xe9;ri, lui tendit la main et lui dit :&lt;br /&gt;&amp;quot;J&apos;ai sur par les rapports du fid&#xe8;le Mirobolus que vous &#xea;tes devenu un excellent petit gar&#xe7;on et que vous vous &#xea;tes corrig&#xe9; de tous vos d&#xe9;fauts : je vous en f&#xe9;licit de tout mon coeur et je vous ram&#xe8;ne vos jouets et votre bateau pour vous t&#xe9;moigner ma satisfaction ; par exemple, je vais emmener Gonfalindor et Mirobolus, car j&apos;ai besoin d&apos;eux pour corriger d&apos;autres petits gar&#xe7;ons.&lt;br /&gt;Ch&#xe9;ri se sentit un peu triste de quitter ses amis les pantins, mais ils promirent de revenir le voir ; d&apos;ailleurs, comme il avait plus de devoirs &#xe0; faire et moins de temps pour s&apos;amuser, Gonfalindor et Mirobolus lui &#xe9;taient moins n&#xe9;cessaires.&lt;br /&gt;Cependant une id&#xe9;e lui vint, et il crut devoir en faire part au petit homme vert.&lt;br /&gt;&amp;quot;Si je n&apos;ai plus Mirobolus pour m&apos;avertir de mes fautes, comment saurai-je que j&apos;ai mal fait ?&lt;br /&gt;- Oh ! r&#xe9;pondit le petit homme vert, maintenant que vous voil&#xe0; plus grand et plus raisonnable, vous avez quelque chose en vous qui saura tr&#xe8;s bien remplir l&apos;office de Mirobolus ; ce quelque chose, c&apos;est votre conscience, et, si vous la consultez tous les soirs, elle vous montrera clairement ce que vous aurez fait de bien et ce que vous aurez fait de mal.&amp;quot;&lt;br /&gt;L&#xe0;-dessus, le petit homme vert embrassa Ch&#xe9;ri ; Gonfalindor et Mirobolus en firent autant, et tous trois repartirent pour aller offrir leurs services &#xe0; d&apos;autres petits gar&#xe7;ons.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#33cc00&quot;&gt;L&#xe9;on d&apos;AVEZAN&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 08 May 2009 12:11:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>