<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Des contes et l&#xe9;gendes</title><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/</link><description>Rien que des contes et des l&#xe9;gendes</description><language>fr</language><lastBuildDate>Thu, 28 Aug 2008 10:24:18 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Une volont&#xe9; d&apos;enfant</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/08/13/10223916.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/08/13/10223916.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/10223916/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/08/13/10223916.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#9999ff&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/76/02/218998/28901043.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/91/54/218998/28901174.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0001&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/91/54/218998/28901174_p.jpg&quot; width=&quot;275&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;On &#xe9;tait en 1786, une troupe joyeuse d&apos;enfants prenait ses &#xe9;bats sur la grade place d&apos;un village de la Haute-Vienne, nomm&#xe9; Pierre-Buffi&#xe8;re&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Pierre-Buffi&#xe8;re&lt;/font&gt;. C&apos;&#xe9;tait &#xe0; la sortie de la classe ; d&#xe9;j&#xe0; les parties s&apos;organisaient, avec les appels et les cris ordinaires. L&apos;un voulait jouer aux billes, l&apos;autre au cheval fondu, un troisi&#xe8;me penchait pour les barres. Une fillette de neuf ans, &#xe0; l&apos;air d&#xe9;j&#xe0; tr&#xe8;s raisonnable, qui passait par l&#xe0;, voulut essayer de les mettre d&apos;accord ; mal lui en prit.&lt;br /&gt;&amp;quot;Hol&#xe0; ! Tiennette ! de quoi te m&#xea;les-tu ? cria l&apos;un.&lt;br /&gt;- De ce qui me pla&#xee;t.&lt;br /&gt;- Va donc plut&#xf4;t raccommoder ton jupon que tu as d&#xe9;chir&#xe9; en cherchant des prunelles dans les buissons, au lieu d&apos;aller &#xe0; l&apos;&#xe9;cole.&lt;br /&gt;- &#xc7;a, c&apos;est mon affaire et non la tienne, Mathieu.&lt;br /&gt;- Eh bien ! m&#xea;le-toi &#xe9;galement de ce qui te regarde, clama un troisi&#xe8;me, un gros gar&#xe7;on nomm&#xe9; Michel, dont tous les autres avaient peur. Allons, file !&amp;quot;&lt;br /&gt;D&#xe9;j&#xe0; il avait pris la fillette par les &#xe9;paules et se disposait &#xe0; la malmener, lorsque ses camarades&amp;nbsp; lui cri&#xe8;rent :&lt;br /&gt;&amp;quot;Prends garde, Michel, voil&#xe0; Guillaume !&amp;quot;&lt;br /&gt;Celui qu&apos;on appelait ainsi accourait en effet et, quoique d&apos;apparence plus d&#xe9;licate, se ruant sur le gros gar&#xe7;on, lui criait :&lt;br /&gt;&amp;quot;Veux-tu l&#xe2;cher Etiennette ! qu&apos;est-ce qu&apos;elle t&apos;a fait ?&amp;quot;&lt;br /&gt;Michel, assailli par le nouveau venu, l&#xe2;cha la petite, qui se sauva chez elle. C&apos;&#xe9;tait tout ce que voulait Guillaume ; pourtant la bataille n&apos;en continuait pas moins, et elle allait devenir g&#xe9;n&#xe9;rale, lorsqu&apos;une voix cria du bord de la route :&amp;quot;H&#xe9; ! voil&#xe0; un r&#xe9;giment !&amp;quot;&lt;br /&gt;Le silence se fit, comme par enchantement, et l&apos;on entendit en effet les sons d&apos;une marche guerri&#xe8;re.&lt;br /&gt;Bient&#xf4;t, tout le village fut en &#xe9;moi. Les femmes du village, surprises au milieu de leur travail, avaient laiss&#xe9; les b&#xea;tes en libert&#xe9;, si bien qu&apos;au bout de quelques minutes, un troupeau de moutons, affol&#xe9; par le bruit, vint se jeter dans les jambes des chevaux, mettant le d&#xe9;sordre dans toute la troupe. Un cheval se cabra et jeta son cavalier par terre, d&apos;une fa&#xe7;on si malheureuse qu&apos;en l&apos;aidant &#xe0; se relever on s&apos;aper&#xe7;ut qu&apos;il avait la jambe cass&#xe9;e en deux endroits.&lt;br /&gt;Une halte fut ordonn&#xe9;e aussit&#xf4;t, et le chirurgien-majour, mettant pied &#xe0; terre, s&apos;approcha du bless&#xe9;.&lt;br /&gt;Celui-ci pestait et criait comme un beau diable :&lt;br /&gt;&apos;&amp;quot;Satan&#xe9;s moutons ! me voil&#xe0; bien. Au moment o&#xf9; une campagne va s&apos;ouvrir, je vais &#xea;tre forc&#xe9; de rester &#xe0; l&apos;ambulance, pendant que les camarades seront &#xe0; la f&#xea;te.&lt;br /&gt;- Diable ! dit le chirurgien, son examen termin&#xe9;, c&apos;est la jambe que je t&apos;ai d&#xe9;j&#xe0; raccommod&#xe9;e, mon ami, mais cette fois je crois qu&apos;il faudra la coupe.&lt;br /&gt;- Eh bien, d&#xe9;p&#xea;chez-vous, major, dit le soldat, et que la besogne soit vite faite.&amp;quot;&lt;br /&gt;Sur un signe du chirugien, quelques soldats transport&#xe8;rent le bless&#xe9; dans la premi&#xe8;re chaumi&#xe8;re qui se trouva sur leur chemin, et ils le d&#xe9;pos&#xe8;rent sur un lit.&lt;br /&gt;Les enfants, curieux, comme toujours, suivaient le triste cort&#xe8;ge ; mais le chirurgien les emp&#xea;cha de p&#xe9;n&#xe9;trer &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur.&lt;br /&gt;Un seul trouva moyen de s&apos;y glisser ; il est vrai qu&apos;il entrait chez lui. C&apos;&#xe9;tait un gar&#xe7;on de huit &#xe0; neuf ans, aux cheveux blonds, aux yeux tr&#xe8;s vifs. Il se pla&#xe7;a adroitement pr&#xe8;s de la table, o&#xf9; se trouv&#xe8;rent bient&#xf4;t &#xe9;tal&#xe9;s toute sorte d&apos;instruments, la charpie, les bandes.&lt;br /&gt;Le major, assist&#xe9; de deux aides, se mit &#xe0; la besogne, sans avoir remarqu&#xe9; la pr&#xe9;sence du petit bonhomme.&lt;br /&gt;L&apos;op&#xe9;ration faite, sans que l&apos;amput&#xe9; ait jet&#xe9; un cri, le chirurgien demanda :&lt;br /&gt;&amp;quot; Des bandes maintenant.&lt;br /&gt;- Les voici,&amp;quot; r&#xe9;pondit une petite voix.&lt;br /&gt;Tournant la t&#xea;te, le praticien dit avec humeur :&lt;br /&gt;&amp;quot;Que fait cet enfant ici ? emmenez-le.&lt;br /&gt;- Non, r&#xe9;pondit la voix devenue plus ferme, je veux voir jusqu&apos;&#xe0; la fin.&lt;br /&gt;- Cela t&apos;amuse donc, petit ? demanda le soldat.&lt;br /&gt;- Non, mais cela m&apos;&#xe9;tonne de voir un soldat couper une jambe, sans trembler, et l&apos;autre se laisser faire sans crier.&amp;quot;&lt;br /&gt;Cette fois le chirurgien, &#xe9;tonn&#xe9; de la riposte, se retourna et demanda :&lt;br /&gt;&amp;quot;Comment t&apos;appelles-tu, mon gar&#xe7;on ?&lt;br /&gt;- Guillaume.&lt;br /&gt;- Que fait ton p&#xe8;re ?&lt;br /&gt;- Il &#xe9;crit beaucoup de choses sur des feuilles de papier ; il plante les choux et les salades dans le jardin, et il va aussi ramasser du bois mort dans la for&#xea;t. Tout cela fait qu&apos;il n&apos;a pas le temps de s&apos;occuper de moi.&lt;br /&gt;-H&#xe9;, voil&#xe0; bien des choses qui ne s&apos;accordent gu&#xe8;re ; enfin, si cela lui rapporte ?...&lt;br /&gt;- Pas grand&apos;chose, puisque maman dit que nous sommes trop pauvres pour payer le ma&#xee;tre d&apos;&#xe9;cole, et je voudrais tant savoir lire !...&lt;br /&gt;- Que comptes-tu donc faire, lorsque tu sauras lire ?&lt;br /&gt;- Je veux devenir m&#xe9;decin.&lt;br /&gt;- Alors si je t&apos;apprenais &#xe0; lire, que me donnerais-tu ?&lt;br /&gt;- Rien maintenant, puisque je suis pauvre, mais je vous servirais, je vous ob&#xe9;irais, je pr&#xe9;parerais les instruments, les bandes, la charpie. Oh ! je serais si heureux.&lt;br /&gt;- Malheureusement, mon cher petit, tu ne sais pas que, dans une heure, je vais partir tr&#xe8;s loin, dit le major touch&#xe9;, malgr&#xe9; lui, de cette id&#xe9;e fixe chez un enfant aussi jeune.&lt;br /&gt;- Eh bien, emmenez-moi ! supplia Guillaume.&lt;br /&gt;- Et ton p&#xe8;re, et ta m&#xe8;re ? Tu veux donc les quitter ?&lt;br /&gt;- Je reviendrai quand je saurai lire.&lt;br /&gt;- Petit ingrat !&amp;quot; fit une voix derri&#xe8;re l&apos;enfant.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/87/13/218998/28901159.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0002&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/87/13/218998/28901159_p.jpg&quot; width=&quot;251&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;Il se retourna et vit son p&#xe8;re qui venait prendre des nouvelles du bless&#xe9; ; car, ainsi que nous l&apos;avons dit, c&apos;&#xe9;tait dans la chaumi&#xe8;re du p&#xe8;re de Guillaume qu&apos;on avait transport&#xe9; le soldat. Cet homme &#xe9;tait un ancien avocat au parlement ; ayant, pour de graves raisons, d&#xfb; abandonner sa place, il se trouvait oblig&#xe9; de vivre dans ce village, en plantant lui-m&#xea;me ses choux et ses salades, ainsi que le disait monsieur son fils.&lt;br /&gt;&amp;quot;Major, je vous prie d&apos;excuser le bavardage de cet enfant, dit le nouveau venu.&lt;br /&gt;- Monsieur, dit le chirurgien, votre enfant ne m&apos;a nullement g&#xea;n&#xe9; et ses discours m&apos;ont &#xe9;tonn&#xe9;, venant d&apos;un gar&#xe7;on aussi jeune. Je puis me tromper, mais ma conviction est que ce petit vous fera honneur un jour.&lt;br /&gt;&amp;quot;Parlons maintenant, reprit-il, du camarade que je vais &#xea;tre oblig&#xe9; de vous laisser : je suis persuad&#xe9; que les soins ne lui manqueront pas ; mais vous n&apos;&#xea;tes pas riche...&lt;br /&gt;- Peu importe, monsieur, s&apos;empressa de r&#xe9;pondre l&apos;ancien avocat, ce soldat est notre h&#xf4;te, vous n&apos;avez rien &#xe0; craindre.&amp;quot;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/72/67/218998/28901083.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Apr&#xe8;s quelques recommandations derni&#xe8;res, le major, se tournant vers le jeune gar&#xe7;on, qui ne perdait pas un seul de ses mouvements, lui donna une caresse en lui disant : &amp;quot;Adieu, mon petit Guillaume !&amp;quot;&lt;br /&gt;Il sortit ensuite de la chaumi&#xe8;re et se disposait &#xe0; sauter sur son cheval, tenu en bride par un soldat, lorsqu&apos;il se sentit tir&#xe9; par son habit. En m&#xea;me temps une petite voix disait :&lt;br /&gt;&amp;quot;Vous savez, monsieur, que c&apos;est convenu, vous m&apos;emmenez avec vous.&lt;br /&gt;- Mais pas du tout, il n&apos;y a rien de convenu, mon petit, je n&apos;ai pas dit oui.&amp;quot;&lt;br /&gt;Le major rejoignit le r&#xe9;giment d&#xe9;j&#xe0; en marche.&lt;br /&gt;Un instant Guillaume demeura immobile sur le seuil ; puis, prenant une r&#xe9;solution soudaine, il dit &#xe0; mi-voix :&lt;br /&gt;&amp;quot;Adieu, mon p&#xe8;re ! adieu, maman !... vous me reverrez quand je serai riche !...&amp;quot;&lt;br /&gt;Et voil&#xe0; Guillaume de nouveau sur la place du village, passant pr&#xe8;s de ses petits camarades, sans m&#xea;me les regarder.&lt;br /&gt;Mais il ne tarda pas &#xe0; &#xea;tre rejoint par une fillette de son &#xe2;ge, qui, l&apos;ayant vu partir, si d&#xe9;cid&#xe9;, courait derri&#xe8;re lui, en criant :&lt;br /&gt;&amp;quot;Guillaume !... Guillaume ! O&#xf9; vas-tu ? attends-moi, r&#xe9;ponds-moi. J&apos;ai &#xe0; te parler...&lt;br /&gt;-A quoi bon ? je n&apos;ai pas le temps, ne me retarde pas, Etiennette, je pars loin, loin, adieu !...&amp;quot;&lt;br /&gt;Cependant, Etiennette, jetant ses deux bras autour du cou de son petit ami, s&apos;&#xe9;cria &#xe0; travers ses sanglots :&lt;br /&gt;&amp;quot;O Guillaume, que tu es m&#xe9;chant de me faire tant de peine !... Dis-moi que &#xe7;a n&apos;est pas vrai, ce que tu viens de dire, que tu ne veux pas partir.&lt;br /&gt;- Rien de plus vrai, au contraire ; j&apos;en ai assez d&apos;&#xea;tre pauvre et de rester ignorant... et maintenant, adieu ! laisse-moi. Aie bien soin de ma m&#xe8;re ; va tous les matins la voir, faire ses commissions.&lt;br /&gt;- Je te le promets !&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/61/24/218998/28901207.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0003&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/61/24/218998/28901207_p.jpg&quot; width=&quot;278&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Lorsque l&apos;enfant disparut au tournant du chemin, Etiennette, &#xe0; bout de courage, n&apos;essaya pas de le poursuivre ; s&apos;asseyant sur le talus de la route, elle cacha sa figure dans son tablier et se mit &#xe0; pleurer &#xe0; chaudes larmes. &lt;br /&gt;Les deux enfants, &#xe9;tant voisins, avaient &#xe9;t&#xe9; &#xe9;lev&#xe9;s ensemble, absolument comme fr&#xe8;re et soeur. Leurs jeux &#xe9;taient communs, et que de fois Guillaume avait pris, ainsi qu&apos;on l&apos;a vu, la d&#xe9;fense de la fillette contre les m&#xe9;chants gar&#xe7;ons du village.&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/44/78/218998/28901121.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;Guillaume avait le coeur gros en la quittant, mais il avait continu&#xe9; de courir et avait rejoint le major.&lt;br /&gt;&amp;quot;Comment ! c&apos;est toi, petit, que me veux-tu encore ? dit celui-ci en le reconnaissant.&lt;br /&gt;-Je veux vous suivre, ne me repoussez pas !...&lt;br /&gt;- Voil&#xe0; un enfant qui a de la volont&#xe9;, ce sera un homme, remarqua un officier ; il m&#xe9;rite que l&apos;on s&apos;int&#xe9;resse &#xe0; lui.&amp;quot;&lt;br /&gt;Le chirurgien r&#xe9;fl&#xe9;chissait.&lt;br /&gt;&amp;quot;Bah ! je n&apos;ai pas de famille, dit-il enfin, cette bonne action me tente... Allons ! viens, petit !... Qu&apos;on l&apos;aide &#xe0; monter en croupe derri&#xe8;re moi. Je m&apos;arrangerai pour faire pr&#xe9;venir ses parents.&amp;quot;&lt;br /&gt;Lorsque Guillaume fut install&#xe9; pr&#xe8;s de son nouvel ami, celui-ci reprit :&lt;br /&gt;&amp;quot;J&apos;esp&#xe8;re bien que si je t&apos;apprends &#xe0; lire, de ton c&#xf4;t&#xe9; tu apprendras &#xe0; m&apos;aimer un peu ?&lt;br /&gt;-Oh ! pour &#xe7;a, je le sais d&#xe9;j&#xe0;,&amp;quot; r&#xe9;pliqua l&apos;&#xe9;tonnant petit homme.&lt;br /&gt;Le major n&apos;eut jamais &#xe0; regretter ce bon mouvement.&lt;br /&gt;Guillaume, mis au coll&#xe8;ge par ses soins, fit des progr&#xe8;s surprenants. Ce n&apos;&#xe9;tait pas un enfant ordinaire ; pour lui, les obstacles n&apos;existaient pas ; il voulait arriver et il arriva, car il avait la d&#xe9;cision qui fait tout surmonter.&lt;br /&gt;Maintenant voulez-vous savoir le nom de cet enfant ? Il s&apos;appelait Guillaume Dupuytren, et il fut l&apos;un de nos plus c&#xe9;l&#xe8;bres chirurgiens fran&#xe7;ais.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#9999ff&quot;&gt;L. HAMEAU - 1906&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 13 Aug 2008 13:29:00 GMT</pubDate></item><item><title>La goutte d&apos;eau</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/07/07/9788889.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/07/07/9788889.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9788889/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/07/07/9788889.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66ccff&quot;&gt;Vous savez ce que c&apos;est qu&apos;une loupe ? un grand verre rond qui grossit les objets et les fait para&#xee;tre cent fois plus volumineux qu&apos;ils ne le sont en r&#xe9;alit&#xe9;. Quand on la tient &#xe0; la main, et qu&apos;on s&apos;en sert pour regarder une goutte d&apos;eau prise dans l&apos;&#xe9;tang, on voit des milliers d&apos;animaux extraordinaires qui s&apos;y meuvent. On ne se douterait pas, &#xe0; l&apos;oeil nu, de leur pr&#xe9;sence dans l&apos;eau et pourtant ils s&apos;y trouvent en vie, cela n&apos;admet pas de doute. On dirait une grande terrine pleine de crabes qui montent les uns sur les autres et sont si voraces qu&apos;ils s&apos;arrachent les bras et les jambes et tous les appendices, ce qui n&apos;&#xf4;te rien &#xe0; leur gaiet&#xe9;, car ils paraissent s&apos;amuser beaucoup.&lt;br /&gt;Or, il y avait une fois un homme que tout le monde appelait Cribble-Crabble&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Cribble-Crabble&lt;/font&gt;, et c&apos;&#xe9;tait bien son nom. Il voulait toujours avoir la meilleure part de tout, et quand on ne la lui donnait point, il se l&apos;appropriait par sorcellerie.&lt;br /&gt;Un jour, il s&apos;assit &#xe0; sa table et prit son verre grossissant et se mit &#xe0; consid&#xe9;rer une goutte d&apos;eau qu&apos;il avait prise dans le foss&#xe9;. Non, vous n&apos;avez pas id&#xe9;e de ce qui grouillait l&#xe0; dedans. Tous ces milliers d&apos;infusoires allaient, venaient, couraient, sautaient, bondissaient, se saisissaient, de d&#xe9;chiraient, s&apos;entred&#xe9;chiraient.&lt;br /&gt;- C&apos;est affreux, s&apos;&#xe9;cria le vieux Cribble-Crabble&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Cribble-Crabble&lt;/font&gt;, comme si l&apos;on ne pouvait vivre en paix et en repos tous ensemble, et s&apos;entendre pour que chacun reste tranquillement chez soi ou tout au moins ne d&#xe9;passe pas le seuil de sa porte !&lt;br /&gt;Il r&#xe9;fl&#xe9;chit et r&#xe9;fl&#xe9;chit longtemps comment il s&apos;y prendrait pour mettre ces animalcules &#xe0; la raison, et voyant qu&apos;il n&apos;y r&#xe9;ussirait point par les bons conseils, il se dit :&lt;br /&gt;- Je vais les mettre en couleur, comme cela, ils seront plus reconnaissables.&lt;br /&gt;Il versa donc dans la goutte d&apos;eau un peu de liquide rouge qui avait l&apos;apparence du vin, mais c&apos;&#xe9;tait en r&#xe9;alit&#xe9; du sang de sorci&#xe8;re de la plus fine qualit&#xe9;, dont une seule goutte valait un gros &#xe9;cu. Aussit&#xf4;t, tous les petits animaux se color&#xe8;rent si vivement que l&apos;on e&#xfb;t dit d&apos;une ville indienne o&#xf9; les rues sont pleines de Peaux-Rouges tout nus.&lt;br /&gt;- Qu&apos;est-ce que tu fais l&#xe0; ? demanda en ce moment en entrant un sorcier qui n&apos;avait pas de nom, ce qui le rendait encore plus myst&#xe9;rieux.&lt;br /&gt;- Si tu peux le deviner, r&#xe9;pondit Cribble-Crabble&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Cribble-Crabble&lt;/font&gt;, je te le donne, mais ce n&apos;est pas facile, quand on ne le sait pas.&lt;br /&gt;Le sorcier qui n&apos;avait pas de nom prit la loupe et regarda &#xe0; son tour.&lt;br /&gt;Jamais il n&apos;avait eu sous les yeux un spectacle pareil.&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;Il voyait tout une population de gens sans habits, sans chemise, aussi nu que des vers, et plus nombreux que les habitants de la plus grande ville. C&apos;&#xe9;tait hideux, et ce qu&apos;il y avait de plus hideux encore, c&apos;&#xe9;tait de les voir se jeter les uns sur les autres, s&apos;&#xe9;treindre, se renverser, se pi&#xe9;tiner, se mordre, de d&#xe9;chirer tour &#xe0; tour. Ceux qui &#xe9;taient dessous montaient dessus, ceux qui &#xe9;taient dessus retombaient dessous.&lt;br /&gt;- Voyez, voyez, il a la jambe plus longue que la mienne. Crac ! la voil&#xe0; arrach&#xe9;e.&lt;br /&gt;En voil&#xe0; un qui a une petite excroissance derri&#xe8;re l&apos;oreille, une toute petite excroissance bien innocente, mais assez grande pour attirer l&apos;attention des autres. En un clin d&apos;oeil on se rue sur lui, on lui enl&#xe8;ve l&apos;excroissance et on la mange. En voici un autre qui se blottit dans un coin avec la timidit&#xe9; d&apos;une jeune fille et n&apos;ose pas faire un mouvement de peur de se trahir. Mais on l&apos;aper&#xe7;oit et des centaines de furies s&apos;emparent de la pauvre jeune fille, la mettent en pi&#xe8;ces et la d&#xe9;vorent.&lt;br /&gt;- C&apos;est tr&#xe8;s extraordinaire ! dit le sorcier qui n&apos;avait pas de nom.&lt;br /&gt;- Oui, mais qu&apos;est-ce que c&apos;est ? demanda Cribble-Crabble&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Cribble-Crabble&lt;/font&gt;, le devines-tu ?&lt;br /&gt;- Le deviner, r&#xe9;pondit l&apos;autre, rien n&apos;est plus facile. C&apos;est &#xe9;videmment une grande ville, Paris, Berlin, Londres, New-York&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;New-York&lt;/font&gt;. Une des quatre ?&lt;br /&gt;- Non, dit Cribble-Crabble&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Cribble-Crabble&lt;/font&gt; en souriant, c&apos;est une goutte d&apos;eau qui vient du foss&#xe9;.&lt;br /&gt;Au m&#xea;me moment on entendit dans la rue un vacarme. Cribble-Crabble&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Cribble-Crabble&lt;/font&gt; mit le nez &#xe0; la fen&#xea;tre et vit deux gamins qui se battaient &#xe0; grands coups de poing.&lt;br /&gt;- Ils ne sont pas plus sages que les animalcules de la goutte d&apos;eau, dit-il.&lt;br /&gt;Et il alla se replonger dans ses &#xe9;tudes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66ccff&quot;&gt;ANDERSEN&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 07 Jul 2008 06:49:00 GMT</pubDate></item><item><title>Cupidit&#xe9;</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/07/02/9787398.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/07/02/9787398.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9787398/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/07/02/9787398.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc00cc&quot;&gt;Il &#xe9;tait joyeux, la figure bouffie d&apos;aise, son petit oeil gris p&#xe9;tillant, son cr&#xe2;ne ivoirin avait m&#xea;me une teinte ros&#xe9;e qui contrastait avec sa couronne de cheveux tr&#xe8;s blanc, tant le sang lui affluait aux joues.&lt;br /&gt;Il arpentait vivement le petit salon d&apos;acajou, tendu en reps grenat, un meuble laid, affreux, faisant des &#xe9;carts de poitrine en homme qui a bien gagn&#xe9; sa journ&#xe9;e, jetant &#xe7;a et l&#xe0; des regards d&#xe9;daigneux sur ces pauvres fauteuils et ces chaises piteuses. Et dans sa promenade impatiente, s&apos;arr&#xea;tant tous les dix pas, pour souffler bruyamment.&lt;br /&gt;Tout &#xe0; coup, on sonna. Vite, il alla ouvrir.&lt;br /&gt;- Monsieur Staffe ?&lt;br /&gt;- Ah ! c&apos;est vous ! r&#xe9;pondit-il d&apos;une voix press&#xe9;e. Tenez. &lt;br /&gt;Il fit entrer au salon un gros homme, bedonnant, haut en couleur, parlant rogomme, puant la brocante &#xe0; plein nez.&lt;br /&gt;- C&apos;est &#xe7;a les meubles ? interrogea ce dernier, en enfon&#xe7;ant le poing dans le canap&#xe9;... Camelot rembourr&#xe9;e en noyaux de p&#xea;che... Ensuite.&lt;br /&gt;M. Staff le conduisit dans la chambre &#xe0; coucher, autre vieillerie, puis dans la salle &#xe0; manger.&lt;br /&gt;- Quoi que vous en disiez, monsieur Rouchy, &#xe7;a vaut encore son prix.&lt;br /&gt;- Bon ! bon ! reprit le marchand de meubles, j&apos;en vends de meilleurs que &#xe7;a et pour moins d&apos;argent que vous n&apos;avez pay&#xe9;. Est-ce tout ?&lt;br /&gt;- Non, r&#xe9;pondit M. Staffe, il y a encore une pi&#xe8;ce.&lt;br /&gt;Et il introduisit Rouchy dans une chambre tendue en perse bleue &#xe0; fleurettes blanches garnie d&apos;une commode, d&apos;une armoire &#xe0; glace, d&apos;un lit en pitchpin et de deux causeuse ; un nid d&apos;oiselle, bien pauvre, mais d&apos;une fra&#xee;cheur &#xe9;clatante, d&apos;une attirante s&#xe9;duction.&lt;br /&gt;Au mur, en face du lit, une biblioth&#xe8;que &#xe9;tag&#xe8;re : trois rayons garnis de livres ; et sur la chemin&#xe9;e une potiche achet&#xe9;e aux magasins du Louvre, de laquelle un lis &#xe9;mergeait avec fiert&#xe9; d&apos;une touffe d&apos;h&#xe9;liotrope.&lt;br /&gt;Le Juif, l&apos;air gouailleur, d&#xe9;taillait cette retraite, essayant les fauteuils, fouinant sur la commode, sur le marbre de la chemin&#xe9;e, lisant &#xe0; mi-voix le titre des volumes avec des intonations goguenardes, Rouchy murmurait :&lt;br /&gt;- Pas cher... Pas cher... vous avez bien mal meubl&#xe9; votre colombe, monsieur Staffe.&lt;br /&gt;- Eh ! eh ! ma fille s&apos;en contentait, monsieur Rouchy, r&#xe9;pondit M. Staff.&lt;br /&gt;Rouchy haussa les &#xe9;paules. Sans fa&#xe7;on, il s&apos;assit sur le lit virginal, chastement drap&#xe9;, et dansa sur le matelas.&lt;br /&gt;- Si elle s&apos;en contente, c&apos;est qu&apos;elle n&apos;est gu&#xe8;re douillette, ricana Rouchy. Enfin !... Et combien voulez-vous de ce bazar ?&lt;br /&gt;- Hum ! hum ! fit M. Staffe.&lt;br /&gt;Et il compta sur ses doigts, supputant un &#xe0; un les chiffres de son estime &#xe0; mi-voix.&lt;br /&gt;- Deux mille francs, dit-il enfin.&lt;br /&gt;- Deux mille francs ! exclama Rouchy en se redressant brusquement. Y a rien d&apos;fait.&lt;br /&gt;- Combien offrez-vous donc ?&lt;br /&gt;- Deux cents francs, r&#xe9;pondit Rouchy.&lt;br /&gt;- Deux cents francs ! deux chambres &#xe0; coucher, un salon, une salle &#xe0; manger et une batterie de cuisine !&lt;br /&gt;- Ta, ta, ta, ta... un tas de vieilleries dont je ne tirerai pas trois cents francs au d&#xe9;tail... Deux cents francs, pas un sou de plus.&lt;br /&gt;- Mais...&lt;br /&gt;- Si &#xe7;a ne vous va pas, adressez-vous &#xe0; mon voisin, vous verrez s&apos;il est plus large.&lt;br /&gt;- Donnez au moins cinq cents.&lt;br /&gt;- Jam&apos; de lav&apos; !... Tout ce que je puis faire, c&apos;est de r&#xe9;gler comptant... sur le vu de la derni&#xe8;re quittance du propri&#xe9;taire et si le terme est pay&#xe9; d&apos;avance.&lt;br /&gt;- Il est pay&#xe9; ! riposta orgueilleusement M. Staffe.&lt;br /&gt;- Alors, affaire conclue ?&lt;br /&gt;- Il le faut bien, nous partons dans une heure.&lt;br /&gt;- Pour l&apos;Am&#xe9;rique ? goguenarda Rouchy.&lt;br /&gt;- Non, pour Toulouse. Une vieille parente veut nous avoir pr&#xe8;s d&apos;elle.&lt;br /&gt;Rouchy ne r&#xe9;pondit pas. Il compta dix louis &#xe0; M. Staffe.&lt;br /&gt;- Dans dix minutes j&apos;envoie mes hommes.&lt;br /&gt;- Entendu.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc00cc&quot;&gt;*************&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc00cc&quot;&gt;Annette &#xe9;tait rentr&#xe9;e, en plein d&#xe9;m&#xe9;nagement. A la vue de ces hommes qui bouleversaient la maison, elle avait ressenti un grand serrement de coeur.&lt;br /&gt;Elle avait courut droit &#xe0; son p&#xe8;re, inqui&#xe8;te.&lt;br /&gt;- Qu&apos;est-ce donc ?... Quel malheur... Que veut dire ?&lt;br /&gt;Et lui, redevenu radieux, l&apos;attira dans un coin, et calma ses transes.&lt;br /&gt;- Nous partons... une affaire imp&#xe9;rieuse... Un malheur ! tu verras. L&#xe0;-bas, nous nagerons en plein bonheur. Nous sommes riches.&lt;br /&gt;- Riches ! r&#xe9;p&#xe9;ta-t-elle, stup&#xe9;faite par la magie de cette fortune instantan&#xe9;e.&lt;br /&gt;- Oui, riches... Je t&apos;expliquerai tout cela plus tard, en route... Pour le moment tu n&apos;as que le temps... Jette un peu de linge et des v&#xea;tements de rechange dans cette malle...&lt;br /&gt;- Mais, elle ne contiendra jamais tout !&lt;br /&gt;- Tout ? qui parle de tout ? Ne prends que ce qu&apos;il faut pour un voyage de quelques jours...&lt;br /&gt;Annette ob&#xe9;it tristement, navr&#xe9;e de voir ces vieilleries au milieu desquelles elle &#xe9;tait n&#xe9;e, s&apos;en aller, brutalis&#xe9;es par les gens de Rouchy.&lt;br /&gt;A pr&#xe9;sent la malle &#xe9;tait pleine, ferm&#xe9;e.&lt;br /&gt;Le petit appartement vide montrait la nudit&#xe9; des murs aux papiers pass&#xe9;s et lac&#xe9;r&#xe9;s dans une location de cinq ans.&lt;br /&gt;Annette n&apos;avait plus que son chapeau &#xe0; mettre et son water-proof &#xe0; prendre.&lt;br /&gt;- Allons d&#xe9;p&#xea;chons ! disait M. Staff, qui devenait nerveux.&lt;br /&gt;- Voil&#xe0;, mon p&#xe8;re...&lt;br /&gt;Tout &#xe0; coup la porte s&apos;ouvrit violemment, et un homme entra.&lt;br /&gt;- Monsieur Bertin ! s&apos;&#xe9;cria Annette.&lt;br /&gt;Sans lui r&#xe9;pondre, M. Bertin sauta au collet de M. Staffe, s&apos;&#xe9;criant d&apos;une voix haletante :&lt;br /&gt;- Vous &#xea;tes un voleur... un voleur... un voleur !...&lt;br /&gt;Il secoua M. Staffe comme un prunier, lui serrant durement la cravat au point de l&apos;&#xe9;trangler. Puis brusquement :&lt;br /&gt;- Mes trois cent mille francs...&lt;br /&gt;M. Staff, qu&apos;il venait de l&#xe2;cher, voulut dire un mot.&lt;br /&gt;- Mes trois cent mille francs, ou...&lt;br /&gt;Et il ajouta rudement :&lt;br /&gt;- Les agents sont &#xe0; la porte.&lt;br /&gt;M. Staff ne r&#xe9;pondait pas. Tr&#xe8;s p&#xe2;le, il regardait M. Bertin avec des yeux fixes, stri&#xe9;s de lueurs &#xe9;tranges, des yeux de fauves d&#xe9;cid&#xe9;s &#xe0; ne pas l&#xe2;cher leur proie.&lt;br /&gt;Affreusement angoiss&#xe9;e, Annette s&apos;approcha de lui. Et d&apos;une voix douce qui tremblait :&lt;br /&gt;- Vous avez pris trois cent mille francs &#xe0; M. Bertin...&lt;br /&gt;M. Staff demeura muet.&lt;br /&gt;- Oui, mademoiselle, oui... il a guett&#xe9; le moment... pour s&#xfb;r depuis pr&#xe8;s de trois ans... C&apos;est horrible, voyez-vous... il avait toute ma confiance... il tenait ma caisse... r&#xe9;pondit M. Bertin.&lt;br /&gt;- Rendez ! pronon&#xe7;a durement Annette.&lt;br /&gt;- Rendre !... Allons donc ! s&apos;&#xe9;cria le caissier en se pr&#xe9;cipitant sur son patron.&lt;br /&gt;Annette se jeta entre eux, r&#xe9;p&#xe9;tant encore :&lt;br /&gt;- Rendez !...&lt;br /&gt;- Jamais.&lt;br /&gt;- Soit ! dit-elle, c&apos;est moi qui vais appeler les agents.&lt;br /&gt;- Tu d&#xe9;noncerais ton p&#xe8;re !&lt;br /&gt;- Je n&apos;ai plus de p&#xe8;re... et, heureusemetn, ma m&#xe8;re est morte.&lt;br /&gt;M. Staff ne broncha pas. Il serrait convulsivement ses bras contre sa poitrine, comme pour d&#xe9;fendre le produit de son vol.&lt;br /&gt;Lentement Annette s&apos;approcha de la fen&#xea;tre et l&apos;ouvrit ; puis se tournant vers son p&#xe8;re :&lt;br /&gt;- Rendez !... ou sur la m&#xe9;moire de ma m&#xe8;re, j&apos;appelle.&lt;br /&gt;Alors, bl&#xea;me, la rage au coeur, le fiel crev&#xe9;, M. Staffe desserra son bras, d&#xe9;boutonna sa redingote, tira un gros portefeuille de sa poche et le tendit &#xe0; M. Bertin. Celui-ci eut un cri de triomphe.&lt;br /&gt;- J&apos;&#xe9;chappe &#xe0; la faillite...&lt;br /&gt;Et il compta les billets, fi&#xe8;vreusement.&lt;br /&gt;- Il y adeux cents francs de trop, dit-il &#xe0; M. Staff. Les voici.&lt;br /&gt;- Qu&apos;est-ce que vous voulez que je fasse de &#xe7;a ? r&#xe9;pondit brutalement ce dernier en repoussant violemment sa main.&lt;br /&gt;M. Bertin ouvrit la bouche pour r&#xe9;pondre. Un sanglot lui coupa la parole. La fi&#xe8;re jeune fille pleurait. Doucement il s&apos;approcha d&apos;elle.&lt;br /&gt;- Mademoiselle... je suis sauv&#xe9;, gr&#xe2;ce &#xe0; vous !... Votre p&#xe8;re ne sera pas inqui&#xe9;t&#xe9;... Mais comme je ne puis le reprendre, si vous vouliez me le permettre, pour attendre des jours meilleurs...&lt;br /&gt;- Merci, monsieur, dit-elle avec simplicit&#xe9;. Les deux cents francs qui nous appartiennent suffiront...&lt;br /&gt;Et fl&#xe9;chissant les genous, d&apos;une voix &#xe9;trangl&#xe9;e :&lt;br /&gt;- Merci pour votre g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; envers mon p&#xe8;re.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc00cc&quot;&gt;****************&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc00cc&quot;&gt;A pr&#xe9;sent, ils &#xe9;taient seuls. Le p&#xe8;re farouche. La fille s&#xe9;v&#xe8;re et d&#xe9;sol&#xe9;e &#xe0; la fois.&lt;br /&gt;Annette voulut parler. M. Staff lui jeta un coup d&apos;oeil courrouc&#xe9;. Puis, oscillant sur lui-m&#xea;me, il s&apos;effondra sur la malle, la t&#xea;te entre ses mains, d&#xe9;sol&#xe9;.&lt;br /&gt;- P&#xe8;re, fit doucement Annette en posant la main sur son &#xe9;paule, du courage ! Il est des faiblesses qui se pardonnent...&lt;br /&gt;- Ruin&#xe9; ! Ruin&#xe9; !&lt;br /&gt;- Ruin&#xe9; ? reprit-elle, nous n&apos;avions rien.&lt;br /&gt;M. Staff eut un ricanement lugubre.&lt;br /&gt;- Ni avant, ni apr&#xe8;s.&lt;br /&gt;- Si dit-elle, il nous rest l&apos;honneur.&lt;br /&gt;M. Staff releva la t&#xea;te.&lt;br /&gt;- L&apos;honneur... et deux cents francs... Triste blague ! J&apos;aime mieux trois cent mille francs.&lt;br /&gt;- P&#xe8;re, je t&apos;en supplie...&lt;br /&gt;- Tais-toi... Tu es cause de tout. Sans toi ! je le tuais et&amp;nbsp; nous avions le temps de partir.&lt;br /&gt;- Oh ! fit-elle.&lt;br /&gt;Et elle tomba &#xe0; ses genoux, suppliante, le priant avec des larmes et des explosions tendres ; mais lui, de plus en plus farouche, la repoussait avec des violences croissantes, son reproche &#xe0; la bouche : L&apos;honneur, une blague...&lt;br /&gt;Une blague ! Elle priait toujours. Elle cherchait &#xe0; l&apos;embrasser &#xe9;troitement. A la fin, f&#xe9;roce, il la repoussa si rudement qu&apos;elle tomba.&lt;br /&gt;Lorqu&apos;elle se releva, du sang coulait de son front. Elle revint pr&#xe8;s de M. Staff.&lt;br /&gt;-Une fille pardonne &#xe0; son p&#xe8;re, j&apos;ai pardonn&#xe9;.&lt;br /&gt;- Grand merci.&lt;br /&gt;- Mais une honn&#xea;te femme ne consent pas &#xe0; porter le nom d&apos;un voleur.&lt;br /&gt;Monsieur Staff ricana.&lt;br /&gt;- Non, jamais ! dit Annette en marchant droit &#xe0; la fen&#xea;tre. Non, jamais !&lt;br /&gt;Et d&apos;un &#xe9;lan violent, elle s&apos;&#xe9;lan&#xe7;a en murmurant :&lt;br /&gt;- Ma m&#xe8;re !&lt;br /&gt;Il y eut en bas un grand bruit mat.&lt;br /&gt;Annette &#xe9;tait morte.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc00cc&quot;&gt;Henri MONET&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 02 Jul 2008 12:59:00 GMT</pubDate></item><item><title>Coyote et le soleil</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/06/19/9608919.html</link><category>Contes et L&#xe9;gendes des Indiens Peaux-Rouges</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/06/19/9608919.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9608919/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/06/19/9608919.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffff00&quot;&gt;C&apos;&#xe9;tait au temps o&#xf9; il se passait sur terre des choses que nous avons peine &#xe0; comprendre aujourd&apos;hui.&lt;img height=&quot;221&quot; alt=&quot;soleil4&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/95/94/218998/26923265.gif&quot; width=&quot;250&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce temps-l&#xe0;, le pays de l&apos;Ouest, que traverse la Sierra Nevada, &#xe9;tait plong&#xe9; dans une obscurit&#xe9; profonde. Le soleil n&apos;y brillait jamais, et, parce qu&apos;il n&apos;y avait pas de soleil, on n&apos;y trouvait ni fleurs, ni fruits, ni chansons, ni gaiet&#xe9; : tout y &#xe9;tait triste, morne et lent.&lt;br /&gt;C&apos;est l&#xe0; que vivait un grand chasseur. Il s&apos;appelait Coyote. Entra&#xee;n&#xe9; par la chasse, il s&apos;aventura un jour loin, tr&#xe8;s loin, et arriva dans une r&#xe9;gion qui lui sembla merveilleuse. L&#xe0;, le soleil &#xe9;clairait la terre pendant le jour, la lune brillait pendant la nuit. Il y avait des fruits et des fleurs sur les arbres, dans les buissons, et jusque sur le bord des rivi&#xe8;res et des &#xe9;tangs ; les plumes des oiseaux &#xe9;taient de couleurs &#xe9;clatantes : bleu, jaune, rouge, Ceux-ci chantaient d&#xe8;s l&apos;aube jusqu&apos;au cr&#xe9;puscule, et les enfants et les femmes chantaient aussi.&lt;br /&gt;Revenu chez lui, Coyote raconta au vieux chef ce qu&apos;il avait vu, mais le vieux chef, qui ne pouvait s&apos;imaginer de telles chose, ne le crut pas ; aussi Coyote, dont le cerveau se trouvait de nouveau peu &#xe0; peu engourdi par l&apos;obscurit&#xe9;, Coyote en vint &#xe0; douter lui-m&#xea;me de ce qui &#xe9;tait arriv&#xe9;.&lt;br /&gt;Voulant toutefois en avoir le coeur net, il d&#xe9;cida, un beau matin, d&apos;essayer de retourner vers ce pays enchanteur, pour s&apos;assure que ce qu&apos;il avait racont&#xe9; de si bonne foi existait vraiment.&lt;br /&gt;Il reprit don le m&#xea;me chemin, traversa les montagnes, les for&#xea;ts, la grande prairie. Il revit les fleurs, les fruits, les oiseaux, les enfants heureux et le soleil qui semblait pr&#xe9;sider une f&#xea;te continuelle. Plus de doute. Tout cela &#xe9;tait r&#xe9;el. Ce n&apos;&#xe9;tait ni un r&#xea;ve, ni une invention.&lt;br /&gt;Revenu dans ses montagnes obscures, il raconta donc, de nouveau, son histoire.&lt;br /&gt;Il la raconta &#xe0; tous ceux qui voulaient l&apos;entendre, mais nul ne pouvait comprendre. On le croyait un peu fou et on commen&#xe7;ait &#xe0; le tourner en ridicule.&lt;br /&gt;Coyote, lui, ne pouvait oublier. Le souvenir de cette lumi&#xe8;re brillante, de cette douce chaleur et de la gaiet&#xe9; devenait une obsession. Non seulement il pensait au soleil pendant le jour, mais il croyait le voir m&#xea;me pendant la nuit.&lt;br /&gt;N&apos;y tenant plus il partit de nouveau, r&#xe9;solu &#xe0; rapporter chez lui cet astre merveilleux, capable de faire de si belles chose. Pour la troisi&#xe8;me fois, il quitta ses montagnes.&lt;br /&gt;Arriv&#xe9; au bout de son voyage, il se cacha dans un buisson et, de l&#xe0;, pendant plusieurs jours, &#xe9;pia soigneusement ce qui se passait.&lt;br /&gt;Il d&#xe9;couvrit que, pendant la nuit, le chef du village gardait le soleil chez lui. C&apos;est d&apos;ailleurs chez qu&apos;il gardait aussi la lune.&lt;br /&gt;Un soir donc, Coyote, voyant revenir la femme du chef, se transforma en branche d&apos;arbre bien s&#xe8;che, apr&#xe8;s s&apos;&#xea;tre plac&#xe9; au beau milieu du chemin, &#xe0; quelques pas de la demeure.&lt;br /&gt;La squaw se baissa, ramassa la branche et l&apos;emporta.&lt;br /&gt;&amp;quot;Voil&#xe0;, pensa-t-elle, de quoi allumer mon feu.&amp;quot;&lt;br /&gt;C&apos;&#xe9;tait exactement ce que souhaitait Coyote.&lt;br /&gt;Une fois dans la place, il se tint bien tranquille, m&#xea;l&#xe9; au bois qui devait servir le lendemain &#xe0; l&apos;aube. Il vit entrer le chef. Celui-ci tenait &#xe0; la main le soleil qu&apos;il posa pr&#xe8;s de lui, &#xe0; la place de la lune que sa femme emporta pour l&apos;accrocher dans le ciel, comme elle le faisait chaque soir.&lt;br /&gt;Tout &#xe9;tait tranquille. Bient&#xf4;t le chef, fatigu&#xe9; par une journ&#xe9;e de chasse, s&apos;endormit. Sa femme rentra, se coucha &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de lui et s&apos;endormit &#xe0; son tour. &lt;br /&gt;&lt;img height=&quot;319&quot; alt=&quot;8uiatxn6&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/29/17/218998/26923311.gif&quot; width=&quot;273&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Lorsqu&apos;il fut certain que tous deux &#xe9;taient plong&#xe9;s dans un profond sommeil et ne pouvaient pas l&apos;entendre, Coyote reprit sa forme primitive, saisit le soleil, sortit de la hutte le plus doucement possible et, une fois dehors, se sauva &#xe0; toutes jambes.&lt;br /&gt;Malgr&#xe9; ces pr&#xe9;cautions, il avait d&#xfb; faire un peu de bruit en partant, car le chef se r&#xe9;veilla. Il s&apos;aper&#xe7;ut imm&#xe9;diatement du vol, sortit en h&#xe2;te, appela ses hommes, qui tous se mirent &#xe0; la poursuite du voleur. Mais Coyote courait si vite que l&apos;on finit par perdre sa trace.&lt;br /&gt;Revenu dans ses montagnes, il montra le soleil &#xe0; ses amis et au chef de la tribu. Ni celui-ci, ni aucun autre d&apos;ailleurs, n&apos;avait jamais rien vu de semblable. Le chef toucha du pied la boule &#xe9;blouissante et demanda :&lt;br /&gt;- A quoi cela peut-il servir ?&lt;br /&gt;- Cela va servir &#xe0; nous donner de la chaleur et de la lumi&#xe8;re, r&#xe9;pondit Coyote. Nous allons le faire marcher haut dans le ciel, afin que toute la terre puisse en profiter.&lt;br /&gt;Et Coyote monta sur la plus haute des montagnes. Il lan&#xe7;a le soleil au-dessus des nuages et lui ordonna de traverser le soleil de l&apos;Est &#xe0; l&apos;Ouest pendant le jour.&lt;br /&gt;C&apos;est depuis ce temps-l&#xe0; que le soleil nous prodigue &#xe0; tous ses rayons, sa chaleur et sa lumi&#xe8;re.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 19 Jun 2008 12:42:00 GMT</pubDate></item><item><title>Pour douze oranges</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/06/16/9593387.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/06/16/9593387.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9593387/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/06/16/9593387.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#00cc99&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/11/94/218998/26872720.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0298&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/11/94/218998/26872720_p.jpg&quot; width=&quot;235&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le 1er novembre 1755, Dona Maria Corazon, la veuve d&apos;un opulent armateur de Lisbonne, assistait, dans les ar&#xe8;nes de cette ville, &#xe0; des courses de taureaux. Assise &#xe0; l&apos;une des meilleures places, elle suivait avec une attention passionn&#xe9;e les p&#xe9;rip&#xe9;ties du dramatique combat. Mais juste au moment o&#xf9; le matador allait enfoncer son &#xe9;p&#xe9;e entre les cornes de la b&#xea;te - moment solennel et que l&apos;assistance enti&#xe8;re attend en fr&#xe9;missant - voil&#xe0; qu&apos;une petite marchande d&apos;oranges, fillette de treize ans qui se nommait Juana, descendit les gradins d&apos;un pas agile, et, s&apos;approchant de Dona Maria, lui dit : &amp;quot;Voulez-vous des fruits, belle dame ?&amp;quot; La veuve repoussa doucement l&apos;enfant, et, les regards fix&#xe9;s sur l&apos;ar&#xe8;ne, elle murmura : &amp;quot;Non, non, tout &#xe0; l&apos;heure !&amp;quot;. Puis, comme Juana insistait, la spectatrice perdit patience, et, se retournant brusquement, fit rouler d&apos;un coup d&apos;&#xe9;ventail les oranges de la vendeuse. Cette action ne dura qu&apos;une seconde, mais il n&apos;avait pas fallu plus de temps au matador pour abattre le taureau. L&apos;animal gisait priv&#xe9; de vie, et le cirque retentissait d&apos;applaudissements fr&#xe9;n&#xe9;tiques. La course &#xe9;tait finie ; le public quittait l&apos;enceinte.&lt;br /&gt;Dona Maria, personne vive mais bonne, chercha Juana, qu&apos;elle connaissait bien, car souvent, par charit&#xe9;, elle lui achetait ses denr&#xe9;es. D&#xe9;j&#xe0; elle se sentait triste et honteuse de s&apos;&#xea;tre mont&#xe9;e violente, et elle avait h&#xe2;te de r&#xe9;parer ses torts. &amp;quot;O&#xf9; donc, pensait-elle, est la pauvrette ?&amp;quot; La pauvrette avait disparu. A son tour, la riche dame s&apos;&#xe9;loigna,et, montant dans son carrosse, elle rejoignit le superbe h&#xf4;tel qu&apos;elle habitait sur les bords du Tage.&lt;br /&gt;D&#xe8;s qu&apos;elle fut rentr&#xe9;e, elle appela son intendant.&lt;br /&gt;&amp;quot;Eh bien ! P&#xe9;rez, toujours pas de nouvelles ?&lt;br /&gt;- Pas de nouvelles.&lt;br /&gt;- Depuis combien de temps le San Salvador est-il en route ?&lt;br /&gt;- Voil&#xe0; vingt-huit mois que notre navire est parti.&lt;br /&gt;- Faut-il vingt-huit mois pour aller aux Indes et revenir ?&lt;br /&gt;- Assur&#xe9;ment non.&lt;br /&gt;- Alors ?...&lt;br /&gt;- Alors, Madame, le doute n&apos;est plus possible. Un naufrage...&lt;br /&gt;- Douce Vierge, combien je plains les matelots !... De si braves gens !&lt;br /&gt;- Et un si beau vaisseau tout neuf ! Une cargaison pareille ! Vous aviez ordonn&#xe9; au capitaine de rapporter des &#xe9;pices, des cuirs, des &#xe9;toffes orientales, de bois pr&#xe9;cieux, de la poudre d&apos;or... Que sais-je ?&lt;br /&gt;- Fi ! ne parlez pas de cela, P&#xe9;rez ! Je ne regrette, moi, que mes courageux marins ; je pleure sur eux, sur leurs femmes, leurs enfants...&lt;br /&gt;- Oui, oui, cela est triste. Mais comment oublierai-je, moi votre intendant, que, si le San Salvador avait eu une heureuse travers&#xe9;e, votre fortune &#xe9;tait presque doubl&#xe9;e ?&lt;br /&gt;- Ah ! j&apos;ai bien assez d&apos;argent !... Vous me donnerez la liste de tous ceux qui se trouvaient &#xe0; bord du navire, et j&apos;indemniserai les familles des victimes. Maintenant, donnez des ordres pour que ma voiture se tienne &#xe0; la porte. Je sors. Je vais d&#xee;ner chez Sa Seigneurie le Gouverneur.&amp;quot;&lt;br /&gt;Tandis que l&apos;on causait ainsi dans l&apos;h&#xf4;tel de Dona Maria, la petite Juana parcourait les quais de la ville, et, tout en offrant des oranges aux gens qui fl&#xe2;naient le long du fleuve, elle se demandait int&#xe9;rieurement : &amp;quot;Pourquoi cette dame, d&apos;ordinaire si affable, a-t-elle renvers&#xe9; mon panier ? Lui aurai-je d&#xe9;plu sans m&apos;en douter ? J&apos;en serai f&#xe2;ch&#xe9;e, car je l&apos;aime bien.&amp;quot;&lt;br /&gt;Des larmes mouillaient les yeux de l&apos;enfant, mais elle les refoulait vite pour sourire aux chalands, qu&apos;elle abordait avec beaucoup de gr&#xe2;ce et de politesse.&lt;br /&gt;Elle papillonnait ainsi d&apos;un groupe &#xe0; l&apos;autre, lorsque tout &#xe0; coup - oh ! ce fut une stupeur que les mot sont impuissants &#xe0; exprimer ! - le sol trembla, craqua, se fendit. Une formidable secousse agita la cit&#xe9; enti&#xe8;re ; de profondes crevasses s&apos;entr&apos;ouvrirent sous les pieds des promeneurs, et beaucoup y furent engloutis... Le Tage soulev&#xe9; lan&#xe7;a contre son rivage des vagues &#xe9;normes et furieuse. Alors les vaisseaux, dont les cha&#xee;nes se brisent, tourbillonnent, se heurtent et sombrent. Des milliers de maisons croulent &#xe0; la fois. Les clochers vacillent, penchent et s&apos;abattent ; les frontons des &#xe9;difices, entra&#xee;n&#xe9;s par la chute des colonnes, sont pr&#xe9;cipit&#xe9;s &#xe0; terre. &lt;br /&gt;Un fracas prodigieux accompagne cette ruine soudaine. La poussi&#xe8;re des d&#xe9;combres obscurcit l&apos;air. On entend des cris d&#xe9;chirants, des appels, des lamentations. Ceux qui sont sains et saufs, p&#xe9;trifi&#xe9;s par l&apos;&#xe9;pouvante demeurent &#xe0; la m&#xea;me place, haletants, demi-morts.&lt;br /&gt;Cette horrible tremblement de terre qui d&#xe9;truisit plus de la moiti&#xe9; de Lisbonne, et qui co&#xfb;ta la vie &#xe0; 30 000 personnes, avait &#xe9;pargn&#xe9; Juana, qui, le premier instant de terreur et d&apos;&#xe9;garement pass&#xe9;, se dirigea vers son logis. Elle avan&#xe7;ait, glissant entre les pierres &#xe9;boul&#xe9;es, les poutres tomb&#xe9;es des toits, les arbres d&#xe9;racin&#xe9;s. Quel spectacle !... Aux d&#xe9;brit des murailles &#xe9;taient m&#xea;l&#xe9;s des meubles ou plut&#xf4;t des fragments de meubles. Le feu qui br&#xfb;lait dans les &#xe2;tres avant la catastrophe, commen&#xe7;ait, en maints endroits, &#xe0; se communiquer aux boiseries et aux chevrons qui jonchaient les rues, et les flammes rougissaient le nuage que formait la poussi&#xe8;re.&lt;br /&gt;Pourtant la marchande d&apos;oranges continuait son chemin : elle &#xe9;tait brave et r&#xe9;solue !&lt;br /&gt;Mais la voil&#xe0; qui s&apos;arr&#xea;te, palpitante... Devant un h&#xf4;tel effondr&#xe9;, pr&#xe8;s d&apos;une voiture aplatie sous le poids d&apos;un chapiteau de marbre, elle aper&#xe7;oit une femme gisante. &amp;quot;Dona Maria&amp;quot; s&apos;&#xe9;cria-t-elle. Elle approche. Dieu soit lou&#xe9; ! la bonne dame respire encore et ne semble m&#xea;me pas bless&#xe9;e. La fillette devine que le cataclysme s&apos;est produit juste au moment o&#xf9; Dona Maria entrait dans son carosse, et qu&apos;elle s&apos;est &#xe9;vanouie de peur. La marchande d&apos;oranges cherche de l&apos;eau ; elle finit par en trouver ; elle baigne le visage de la veuve, et lui prodigue des soins si d&#xe9;vou&#xe9;s, si actifs que bient&#xf4;t elle ouvre les paupi&#xe8;re. &amp;quot;O&#xf9; suis-je ?&amp;quot; b&#xe9;gaye-t-elle. Peu &#xe0; peu elle se souvient de ce qui est arriv&#xe9;, elle comprend qu&apos;un d&#xe9;sastre inou&#xef;, une convulsion du sol a boulevers&#xe9; Lisbonne, elle reconna&#xee;t Juana.&lt;br /&gt;&amp;quot;Suis-je donc sauv&#xe9;e ? demande-t-elle faiblement.&lt;br /&gt;- Oui, oui, vous l&apos;&#xea;tes.&lt;br /&gt;- Par toi, mon enfant. Mais o&#xf9; irai-je &#xe0; pr&#xe9;sent ? Mon logis, h&#xe9;las ! n&apos;est plus que cendres...&lt;br /&gt;- Le mien est &#xe0; deux pas d&apos;ici, et s&#xfb;rement il n&apos;est point d&#xe9;moli. Pouvez-vous marcher, Madame ?&lt;br /&gt;- Essayons.&amp;quot;&lt;br /&gt;Elle se l&#xe8;ve p&#xe9;niblement.&lt;br /&gt;&amp;quot;Appuyez-vous sur moi, dit la fillette. Je suis tr&#xe8;s forte, vous verrez.&amp;quot;&lt;br /&gt;Lentement et apr&#xe8;s beaucoup de pauses, on atteint une humble cabane en planches construite au centre d&apos;un terrain vague. La chaumi&#xe8;re &#xe9;tait nue, mais propre. Elle ne renfermait qu&apos;un seul meuble : un lit, ou plut&#xf4;t une paillasse sur un cadre en bois. Dona Maria s&apos;y &#xe9;tendit, et sa gentille compagne dormit &#xe0; ses pieds, envelopp&#xe9;e dans une vieille natte.&lt;br /&gt;Durant trois jours, la veuve n&apos;eut pas assez de forces pour sortir. D&#xe8;s qu&apos;elle se sentit remise de ses &#xe9;motions :&lt;br /&gt;&amp;quot;Adieu, dit-elle &#xe0; sa jeune h&#xf4;tesse en l&apos;embrassant avec tendresse. Je me rends chez mon banquier qui garde chez lui toutes mes valeurs, tout mon argent... Fasse le ciel qu&apos;il vive encore, et qu&apos;il me soit possible de te r&#xe9;compenser !...&amp;quot;&lt;br /&gt;Une semaine s&apos;&#xe9;coula sans que la fillette entendit parler de Dona Maria ; elle ne s&apos;expiquait pas ce silence qui tourmentait beaucoup son &#xe2;me tendre. Un matin, on frappa enfin &#xe0; la porte de la hutte, et une femme &#xe2;g&#xe9;e, vo&#xfb;t&#xe9;e, mis&#xe9;rablement v&#xea;tue, dit :&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/27/12/218998/26872796.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0299&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/27/12/218998/26872796_p.jpg&quot; width=&quot;225&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&amp;quot;Venez avec moi, ma belle, chez une personne qui vous attend.&lt;br /&gt;- Oh ! volontiers. Laissez-moi seulement prendre ma corbeille et mes oranges, car je t&#xe2;cherai d&apos;en vendre en rentrant. Partons !&amp;quot;&lt;br /&gt;Conduite par l&apos;inconnue, Juana traverse la ville en deuil, longe des rues d&#xe9;vast&#xe9;es et fumantes encore, et de tous c&#xf4;t&#xe9;s l&apos;&apos;image de la d&#xe9;solation et de la mort s&apos;offre &#xe0; ses regards ; elle p&#xe9;n&#xe8;tre apr&#xe8;s son guide dans une demeure d&apos;apparence modeste situ&#xe9;e sur une place &#xe9;troite encombr&#xe9;e de ruines.&lt;br /&gt;&amp;quot;C&apos;est ici, au troisi&#xe8;me. Montez, mon enfant.&amp;quot;&lt;br /&gt;L&apos;esclier &#xe9;tait raide et noir. Juana dut franchir les degr&#xe9;s &#xe0; t&#xe2;tons, et finit, tout en haut, par distinguer une porte. Elle la poussa. &amp;quot;Ah ! Dona Maria, je vous revois !&amp;quot; Elle s&apos;&#xe9;lance, joyeuse ; elle embrasse son amie qui sanglote et se tait.&lt;br /&gt;Alors la petite marchande jette les yeux autour d&apos;elle ; elle remarque l&apos;exigu&#xef;t&#xe9; de la chambre, la simplicit&#xe9; du mobilier.&lt;br /&gt;&amp;quot;Eh quoi, Madame, vous si riche, vous qui poss&#xe9;diez un h&#xf4;tel et des chevaux, vous vous &#xea;tes log&#xe9;e ainsi ?&lt;br /&gt;- H&#xe9;las ! le sort m&apos;a r&#xe9;duite &#xe0; cela. Ma maison n&apos;existe plus.&lt;br /&gt;- Mais votre banquier, chez qui vos valeurs &#xe9;taient en d&#xe9;p&#xf4;t ?...&lt;br /&gt;- Il a &#xe9;t&#xe9; &#xe9;cras&#xe9; par la chute de son toit, et les murs de l&apos;&#xe9;difice qu&apos;il habitait jonchent la terre.&lt;br /&gt;- On pratiquera des fouilles, et l&apos;on d&#xe9;couvrira peut-&#xea;tre...&lt;br /&gt;- Un incendie s&apos;est &#xe9;lev&#xe9; parmi les d&#xe9;combres, et &#xe0; tout consum&#xe9;.&lt;br /&gt;- Alors... alors... vous &#xea;tes compl&#xe8;tement ruin&#xe9;e ? s&apos;&#xe9;cria Juana.&lt;br /&gt;- Je suis ruin&#xe9;e !&lt;br /&gt;- Mais j&apos;ai entendu dire que vous aviez envoy&#xe9; un navire aux Indes...&lt;br /&gt;- Il est perdu.&lt;br /&gt;- Qu&apos;allez-vous faire ?&lt;br /&gt;- Je l&apos;ignore.&amp;quot;&lt;br /&gt;La fillette r&#xe9;fl&#xe9;chit une minute, puis, na&#xef;vement, elle demanda :&lt;br /&gt;&amp;quot;Si vous veniez avec moi, Madame ?&lt;br /&gt;- O&#xf9; ?&lt;br /&gt;- Vendre des oranges ! Voyez, j&apos;en ai vingt-quatre. En voici douze pour vous : acceptez-les avec ma corbeille. Moi, je trouverai bien un autre panier. Nous nous associerons ; les b&#xe9;n&#xe9;fices seront commun, et ma cabane en planches nous abritera toutes deux.&amp;quot;&lt;br /&gt;Et la fillette choisissait d&#xe9;j&#xe0; les fruits les plus beaux et les pla&#xe7;ait sur les genoux de la veuve. Cette preuve d&apos;affection, d&apos;exquise bont&#xe9; toucha tellement Dona Maria qu&apos;elle se leva, entoura l&apos;enfant de ses bras et la couvrit de caresses. Elle lui expliqua ensuite qu&apos;elle ne voulait point accepter son offre ; qu&apos;elle chercherait un moyen de subsister, mais que celui-ci ne s&apos;accordait ni avec ses go&#xfb;ts, ni avec son &#xe2;ge.&lt;br /&gt;Triste et d&#xe9;sappoint&#xe9;e, Juana la quitte. Elle erre sur les promenades ravag&#xe9;es, t&#xe2;che de d&#xe9;biter sa marchandise, mais personne n&apos;&#xe9;coute ses invitations ni ses pri&#xe8;res. Vraiment il s&apos;agissait bien d&apos;oranges !&lt;br /&gt;&amp;quot;On ne m&apos;ach&#xe8;tera rien aujourd&apos;hui !&amp;quot; murmure-t-elle, et elle s&apos;engage sur les quais pour regagner sa hutte.&lt;br /&gt;Bient&#xf4;t elle fut oblig&#xe9;e de ralentir sa marche. Un groupe de curieux &#xe9;tait r&#xe9;uni devant un gros vaisseau que l&apos;on amarrait &#xe0; la berge. Les assistants s&apos;&#xe9;merveillaient, et l&apos;on entendait mille exclamations de joie et d&apos;&#xe9;tonnement : &amp;quot;Le San Salvador ! Le San Salvador ! - Est-ce croyable ! - On le pr&#xe9;tendait naufrag&#xe9; ! Le voil&#xe0; ! - C&apos;est lui ! Sa cargaison vaut un million au moins. - Pourquoi a-t-il subi tant de retard ?&amp;quot;&lt;br /&gt;On interrogeait les gens de l&apos;&#xe9;quipage, et ils fournissaient des renseignements. &amp;quot;Nous avons s&#xe9;journ&#xe9; trois mois au Cap, &#xe0; cause d&apos;une s&#xe9;rieuse avarie... Les temp&#xea;tes nous ont lanc&#xe9;s hors de notre route... Les &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/78/47/218998/26872913.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0303&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/78/47/218998/26872913_p.jpg&quot; width=&quot;286&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;calmes plats nous ont beaucoup nui... Qu&apos;importe, &#xe0; cette heure ! Nous somme de retour, et le chargement est intact...&amp;quot; Oh ! que le coeur de Juana battait vite ! Elle s&apos;approcha d&apos;un spectateur, et, timidement :&lt;br /&gt;&amp;quot;Monsieur, fit-elle, &#xe0; qui appartient le San Salvador ?&lt;br /&gt;- A Dona Maria Corazon.&lt;br /&gt;- Est-elle avertie de l&apos;entr&#xe9;e au port de son navire ?&lt;br /&gt;- Oui, oui. P&#xe9;rez, qui &#xe9;tait son intendant avant le tremblemetn de terre et qui conna&#xee;t son domicile actuel, a couru lui annoncer la chose.&amp;quot;&lt;br /&gt;La petite fille bondit de joie.&lt;br /&gt;L&apos;enfant oubliait sa propre mis&#xe8;re ; elle soupa ga&#xee;ment d&apos;un morceau de pain, et s&apos;endormit tranquille en r&#xe9;p&#xe9;tant : &amp;quot;Ses larmes sont s&#xe9;ch&#xe9;es... Tant mieux ! Tant mieux !&amp;quot;&lt;br /&gt;Le lendemain, d&#xe8;s les premi&#xe8;res lueurs du soleil, elle arrangea sa corbeille, et, comptant avoir meilleure chance que la veille, elle se disposa &#xe0; sortir. Mais &#xe0; peine eut-elle franchi le seuil; qu&apos;elle recula fort &#xe9;tonn&#xe9;e. Dona Maria &#xe9;tait devant elle.&lt;br /&gt;&amp;quot;Ah ! ma ch&#xe9;rie, ma ch&#xe9;rie, si tu savais !...&lt;br /&gt;- Je sais tout. Le San Salvador est &#xe0; Lisbonne.&lt;br /&gt;- Tu te figures mon bonheur, n&apos;est-ce pas ?&lt;br /&gt;- Je me le figure et le partage.&lt;br /&gt;- Je reconnais l&#xe0; ta tendresse... Mais, dis-moi, lorque tu m&apos;as offert douze oranges, combien en avais-tu ?&lt;br /&gt;- Vingt-quatre.&lt;br /&gt;- Et si, au lieu d&apos;avoir vingt-quatre oranges, tu avais poss&#xe9;d&#xe9; d&apos;immenses tr&#xe9;sors, n&apos;aurais-tu pas voulu m&apos;en c&#xe9;der la moiti&#xe9;, ne m&apos;aurais-tu pas engag&#xe9;e quand m&#xea;me &#xe0; m&apos;associer avec toi ?&lt;br /&gt;- Bien s&#xfb;r !&lt;br /&gt;- Alors, mon enfant, je pr&#xe9;tends imiter ton exemple. Tu t&apos;es d&#xe9;pouill&#xe9;e &#xe0; mon profit : je ne serai pas moins g&#xe9;n&#xe9;reuse que toi, et ma richesse deviendra la tienne. Suis-moi ! Je suis veuve, sans famille, sans h&#xe9;ritier. Suis-moi ! Je t&apos;aime et je t&apos;adopte. Tu ne me quitteras plus, d&#xe9;sormais, et tu m&apos;appelleras ta m&#xe8;re. Suis-moi, ma fille !&amp;quot;&lt;br /&gt;Et Dona Maria emmena l&apos;enfant, &#xe0; la fois confuse et ravie ; elle la fit soigneusement instruire et la rendit la plus heureuse des cr&#xe9;atures. Souvent, lorsque Mlle Juana Corazon passait en cal&#xe8;che, v&#xea;tue d&apos;une robe &#xe9;l&#xe9;gante, les badauds de Lisbonne se poussaient du coude et chuchotaient :&lt;br /&gt;&amp;quot;Vous voyez cette belle personne dans cette voiture ? Elle est millionnaire, et ce luxe qui l&apos;environne, cette opulence princi&#xe8;re, devinez un peu pour combien elle se l&apos;est procur&#xe9;e ?... Vous ne devinez pas, hein ? - Pour douze oranges, Monsieur, pour douze, parole d&apos;honneur !&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#00cc99&quot;&gt;H. GUY&lt;/font&gt; &lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 16 Jun 2008 15:36:00 GMT</pubDate></item><item><title>Histoire de sorcier - Hier... en 1892</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/06/08/9493314.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/06/08/9493314.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9493314/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/06/08/9493314.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#00cccc&quot;&gt;&lt;img height=&quot;479&quot; alt=&quot;Ecoute&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/52/04/218998/26554760.gif&quot; width=&quot;201&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Une riche marchande, nomm&#xe9;e Gertrude, &#xe9;tait veuve et se trouvait &#xe0; la t&#xea;te d&apos;une maison importante et d&apos;une nombreuse famille ; mais, depuis la mort de son mari, qui avait &#xe9;t&#xe9; un homme actif et laborieux, elle voyait chaque jour augmenter ses d&#xe9;penses et diminuer ses revenus ; enfin, les choses allaient de telle sorte, que tout &#xe0; coup, elle fut prise de la terreur de voir le bien de ses enfants fondre dans ses mains.&lt;br /&gt;Dame Gertrude &#xe9;tait d&apos;un esprit simple et craignant Dieu, mais sans haute port&#xe9;e dans les id&#xe9;es ; aussi, ne sachant comment faire pour sortir de ce mauvais pas, elle se r&#xe9;solut &#xe0; aller consulter un sage ermite qui &#xe9;tait retir&#xe9; sur le versant d&apos;une montagne situ&#xe9;e tout &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; du pays qu&apos;elle habitait. Elle le trouva se chauffant au soleil et plong&#xe9; dans une m&#xe9;ditation profonde.&lt;br /&gt;Notre marchande le salua respectueusement, lui demanda pardon de venir l&apos;importuner, et lui exposa le but int&#xe9;ress&#xe9; de sa visite.&lt;br /&gt;- Qui est-ce qui veille sur votre maison ? lui demanda le sage apr&#xe8;s avoir &#xe9;cout&#xe9;e avec une grande attention.&lt;br /&gt;- C&apos;est une brave et honn&#xea;te femme, qui a toute autorit&#xe9; sur mes commis, mes servantes et mes valets, r&#xe9;pondit dame Gertrude.&lt;br /&gt;- Et qui tient votre caisse ? enfin, qui balance vos recettes et vos d&#xe9;penses ? demanda encore l&apos;ermite du m&#xea;me ton.&lt;br /&gt;- Depuis la mort de mon mari, c&apos;est un caissier que j&apos;ai pris pour cela, mon p&#xe8;re, fit la riche marchande, fort surprise de devoir subir cet interrogatoire.&lt;br /&gt;- Attendez un peu, dit alors l&apos;ermite en se levant et sans para&#xee;tre remarquer la surprise de sa visiteuse, je vais aller vous chercher un rem&#xe8;de souverain contre les maux qui vous affligent.&lt;br /&gt;Il revint quelques instants apr&#xe8;s avec une petite baguette de coudrier entre les mains, et, la donnant &#xe0; dame Gertrude :&lt;br /&gt;- Tenez, lui dit-il, prenez ceci, et, pendant un an, vous porterez trois fois dans la journ&#xe9;e, de plus, une fois de tr&#xe8;s grand matin et une autre fois le soir tr&#xe8;s tard, cette baguette de coudrier dans la cave, dans la cuisine, dans les celliers, dans les greniers, dans les &#xe9;curies, enfin dans tous les endroits de votre maison qui contiennent une part de vos richesses, car vous savez que le coudrier a le dont de faire d&#xe9;couvrir les tr&#xe9;sors ; il vous aidera donc &#xe0; conserver les v&#xf4;tres. De plus, il faudra que vous restiez avec elle durant une heure, chaque apr&#xe8;s-midi, dans le bureau o&#xf9; travaille l&apos;homme charg&#xe9; de vos d&#xe9;penses et de vos recettes : et je suis convaincu qu&apos;avant peu vous m&apos;apporterez des remerciements pour l&apos;infaillible recette que je viens de vous donner, car cela n&apos;a jamais manqu&#xe9; son effet.&lt;img height=&quot;361&quot; alt=&quot;escalier&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/86/81/218998/26556021.gif&quot; width=&quot;241&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Dame Gertrude qui connaissait la sagesse de l&apos;ermite et qui savait fort bien qu&apos;il n&apos;e&#xfb;t pas commis l&apos;inconvenance de s&apos;amuser &#xe0; ses d&#xe9;pens, partit triomphante avec sa baguette dont elle fit usage sur-le-champ, et dont elle se trouva tr&#xe8;s contente, car ce talisman lui fit d&#xe9;couvrir tout d&apos;abord, dans la cave, l&apos;improbit&#xe9; d&apos;un valet qui lui volait son vin ; puis, dans l&apos;&#xe9;curie, la paresse des palefreniers, qui laissaient les chevaux sans &#xea;tre &#xe9;trill&#xe9;s jusqu&apos;au milieu du jour ; et enfin, continuant la promenade ordonn&#xe9;e, la n&#xe9;gligence de sa fille de basse-cour qui avait oubli&#xe9; de traire les vaches.&lt;br /&gt;- Ouais ; se dit-elle, le bon ermite a bien raison, sa baguette est vraiment merveilleuse, et je veux continuer &#xe0; m&apos;en servir comme il&amp;nbsp; me l&apos;a ordonn&#xe9;. Ce qu&apos;elle fit r&#xe9;solument ; et, d&#xe8;s le lendemain elle chassa plusieurs servantes qu&apos;elle avait surprises faisant bombance au lieu de travailler ; aussi le travail n&apos;en alla-t-il pas plus et sa maison fut-elle soulag&#xe9;e d&apos;autant. Ce jour-l&#xe0; aussi elle songea, en allant dans le bureau pour y faire sa station ordonn&#xe9;e, qu&apos;elle s&apos;ennuierait beaucoup moins en employant l&apos;heure qu&apos;elle devait y rester &#xe0; examiner les comptes de la maison que si elle la passait inoccup&#xe9;e. C&apos;&#xe9;tait une chose qu&apos;elle avait toujours n&#xe9;glig&#xe9; de faire jusque-l&#xe0; ; aussi le caissier fut-il saisi non seulement de stupeur, mais encore de frayeur, quand elle lui demanda de lui montrer ses livres, car il s&apos;y trouvait de nombreuses erreurs tout &#xe0; fait au d&#xe9;savantage de la riche marchande.&lt;br /&gt;Dame Gertrude s&apos;en aper&#xe7;ut aussit&#xf4;t, et, entrant dans une violente col&#xe8;re, elle chassa le caissier sur l&apos;heure ; force lui fut donc de prendre sa place provisoirement d&apos;abord ; mais remarquant que ce travail lui causait peu de peine et lui rapportait de grands profits, elle se d&#xe9;cida &#xe0; le remplir toujours ; de m&#xea;me, elle cong&#xe9;dia la surveillante de la maison, dont la baguette de coudrier remplissait si bien l&apos;office.&lt;br /&gt;Un an se passa ainsi, et quand Dame Gertrude fit le bilan de sa caisse, elle s&apos;aper&#xe7;ut que cette fois, c&apos;&#xe9;taient ses d&#xe9;penses qui &#xe9;taient moindres et ses recettes beaucoup plus consid&#xe9;rables. Enchant&#xe9;e de cette d&#xe9;couverte, la bonne femme reconnaissante s&apos;en alla remercier l&apos;ermite du miracle qu&apos;il avait op&#xe9;r&#xe9; chez elle.&lt;br /&gt;Celui-ci la re&#xe7;ut souriant affectueusement, car on s&apos;attache toujours aux gens que l&apos;on oblige.&lt;br /&gt;- Et faites-vous sans la moindre peine les visites que je vous ai command&#xe9; de faire ? lui demanda-t-il avec bont&#xe9;.&lt;br /&gt;- Oui, certes, mon p&#xe8;re, et je n&apos;y trouve pas le plus l&#xe9;ger ennui, au contraire ! r&#xe9;pondit avec empressement dame Gertrude ; car, m&#xea;me quand je suis souffrante, je ne manque pas un seul jour de promener de la cave que grenier la baguette magique que je dois &#xe0; votre g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9;, et ma sant&#xe9; elle-m&#xea;me s&apos;en est trouv&#xe9;e fort bien, je vous assure !...&lt;br /&gt;L&apos;ermite se prit &#xe0; sourire de plus belle en entendant la riche marchande parler ainsi.&lt;br /&gt;- Laissons-l&#xe0; cette plaisanterie, ma fille, lui dit-il enfin en lui pressant les mains avec une gravit&#xe9; affectueuse, car cette baguette n&apos;est rien par elle-m&#xea;me et je vous ai fait croire &#xe0; sa fausse vertu que pour vous d&#xe9;cider, en frappant vivement votre imagination &#xe0; surveiller vos affaires au lieu de vous en rapporter &#xe0; autrui ; car ce qui ruinait votre maison, c&apos;&#xe9;tait le d&#xe9;sordre, et ce qui l&apos;enrichira et la rendra prosp&#xe8;re &#xe0; jamais, ce seront l&apos;ordre et la vigilance dont vous avez pris l&apos;habitude, gr&#xe2;ce &#xe0; ma baguette de coudrier.&lt;br /&gt;Adieu, ma ch&#xe8;re enfant, n&apos;oubliez pas mes avis, ni la baguette de l&apos;ermite.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#00cccc&quot;&gt;Comtesse DE BASSANVILLE&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 08 Jun 2008 14:11:00 GMT</pubDate></item><item><title>Pour la f&#xea;te de Papa</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/06/05/9455772.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/06/05/9455772.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9455772/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/06/05/9455772.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/82/42/218998/26446680.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cccc&quot;&gt;&lt;img height=&quot;219&quot; alt=&quot;c487yyoj&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/82/42/218998/26446680_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#66cccc&quot;&gt;Voici quinze jours que la maison a pris des airs myst&#xe9;rieux. On y complote et cachotte dans tous les coins. A chaque instant, on est arr&#xea;t&#xe9; par une porte close, et l&apos;on trouve ferm&#xe9;s des tiroirs qui d&apos;habitude ne le sont jamais. Que se passe-t-il donc ? - C&apos;est bien simple, la f&#xea;te de papa n&apos;est pas loin, et les enfants pr&#xe9;parent leurs surprises. Dans un vieux tiroirs se dissimule un paquet soigneusement ficel&#xe9;, et, derri&#xe8;re cette porte qui ne veut pas s&apos;ouvrir, quelqu&apos;un s&apos;est mis en cellule pour achever une superbe carte g&#xe9;ographique.&lt;br /&gt;Voyant tous ses fr&#xe8;res et soeurs affair&#xe9;s, B&#xe9;b&#xe9; n&apos;a pas voulu demeurer en reste. Depuis plusieurs jours, il dispara&#xee;t &#xe0; ses heures, et personne n&apos;a jamais pu savoir o&#xf9; il se cache. Il a trouv&#xe9; dans le grenier, derri&#xe8;re le pigeonnier, un petit r&#xe9;duit o&#xf9; il va, lui aussi, travailler pour papa. Que peut-il bien avoir sur le chantier ? C&apos;est son secret &#xe0; lui...&lt;br /&gt;Mais la veille du grand jour est arriv&#xe9;e. Les enfants sont all&#xe9;s dormir en recommandant &#xe0; la vieille Lisette de les r&#xe9;veiller de tr&#xe8;s bonne heure pour surprendre papa d&#xe8;s son r&#xe9;veil. Quant &#xe0; B&#xe9;b&#xe9;, il a grimp&#xe9; sur les genoux de Lisette, lui a donn&#xe9; deux gros baisers, et lui a dit &#xe0; l&apos;oreille : &amp;quot;Moi, tu me r&#xe9;veilleras de tr&#xe8;s bonne heure... mois un quart.&amp;quot;&lt;br /&gt;Le lendemain, au petit jour, tout ce jeune monde s&apos;habille en h&#xe2;te, s&apos;agite et se presse &#xe0; la porte de papa, pr&#xea;t &#xe0; entrer au premier signe. Enfin, une petite oreille coll&#xe9;e &#xe0; la serrure croit avoir entendu du bruit dans la chambre. C&apos;est le moment : et tous, charg&#xe9;s de bouquets, de bo&#xee;tes, de travaux d&apos;art, font irruption dans la pi&#xe8;ce. On couvre de fleurs le lit paternel et l&apos;on y entasse les pr&#xe9;sents. Puis, au d&#xe9;ballage de ces pr&#xe9;cieux objets, ce sont des embrassades, des exclamations sans cesse renouvel&#xe9;es.&lt;br /&gt;Jusqu&apos;ici B&#xe9;b&#xe9; n&apos;a pas encore donn&#xe9;. Il se tient &#xe0; l&apos;&#xe9;cart et, les mains derri&#xe8;re le dos, il observe ce qui se passe. Une fois le mouvement apais&#xe9;, il s&apos;avance un peu timide et, sous l&apos;oeil &#xe9;tonn&#xe9; de ses a&#xee;n&#xe9;s, pr&#xe9;sente un rouleau de papier gris passablement chiffonn&#xe9;... et une lettre.&lt;br /&gt;En d&#xe9;pliant le papier, papa y trouve une tapisserie multicolore, sans forme pr&#xe9;cise, ni dessin, d&apos;un effet in&#xe9;narrable.&lt;br /&gt;Quant &#xe0; la lettre, elle porte comme adresse des pattes de mouches, et, &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur, quatre pages pleines des m&#xea;mes signes, ainsi que plusieurs p&#xe2;t&#xe9;s. B&#xe9;b&#xe9;, soit dit tout bas, est absolument illettr&#xe9;. A la vue de ces cadeaux, les grands fr&#xe8;res rient aux &#xe9;clats, et l&apos;enfant, interloqu&#xe9;, fond en larmes.&lt;br /&gt;Mais papa, tr&#xe8;s &#xe9;mu, soul&#xe8;ve entre ses bras, le pauvre petit, l&apos;embrasse tendrement et lui dit : &amp;quot;Merci, cher B&#xe9;b&#xe9;, console-toi, ne pleure pas, ton cadeau me fait un plaisir immense ; je ferai faire des pantoufles avec ta jolie tapisserie, et, je garderai ta lettre dans mon portefeuille ; car je sais lire cette &#xe9;criture-l&#xe0;. Tu as voulu m&apos;&#xe9;crire que tu m&apos;aimais ; et c&apos;est l&#xe0; aussi ce que tu as cousu dans ta tapisserie, avec de la laine rouge, bleue, verte et jaune. Cela suffit. Plus tard, tu m&apos;offriras, comme tes fr&#xe8;res, des ouvrages plus parfaits et des voeux &#xe9;crits en style soign&#xe9;. Puisses-tu y dire toujours avec le m&#xea;me coeur : &amp;quot;J&apos;aime mon papa !&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cccc&quot;&gt;Charles WAGNER&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 05 Jun 2008 10:25:00 GMT</pubDate></item><item><title>La bobine merveilleuse</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/05/22/9283012.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/05/22/9283012.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9283012/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/05/22/9283012.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color=&quot;#cc9966&quot;&gt;Notre impatience fait souvent notre malheur.&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc9966&quot;&gt;Un petit prince fut un jour r&#xe9;primand&#xe9; s&#xe9;v&#xe8;rement par son pr&#xe9;cepteur. Le soir, il songeait tristement qu&apos;on est bien malheureux d&apos;&#xea;tre enfant parce qu&apos;il faut ob&#xe9;ir. Il aurait voulu &#xea;tre d&#xe9;j&#xe0; un homme.&lt;img height=&quot;432&quot; alt=&quot;Bobine&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/72/57/218998/25913366.gif&quot; width=&quot;298&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Tout en pleurant, l&apos;enfant s&apos;endormit. Le lendemain en s&apos;&#xe9;veillant, il vit &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de lui une jolie bobine de soie qui brillait aux rayons naissants de l&apos;aurore. Surpris, il allait la saisir, quand de la bobine une toute petite voix s&apos;&#xe9;chappa et murmura les paroles suivantes : &amp;quot;Prends garde, enfant, prends garde ! Le fil merveilleux qui s&apos;enroule autour de moi repr&#xe9;sente la suite de tes jours. Vois-tu, &#xe0; mesure que les instants s&apos;&#xe9;coulent, ce fil se d&#xe9;roule et se d&#xe9;vide. Hier, tu souhaitais pouvoir &#xe0; ton gr&#xe9; h&#xe2;ter ta vie. Je t&apos;en donne le pouvoir. Mais rappelle-toi que ta main, qui peut d&#xe9;vider ce fil tout entier en instant, ne pourra en pelotonner de nouveau un seul brin.&amp;quot;&lt;br /&gt;Le petit prince regarda la bobine sans oser y toucher. Puis il s&apos;enhardit et il tira un petit bout de fil seulement de mani&#xe8;re &#xe0; passer un jour et il se revit pr&#xe8;s de s&apos;endormir dans le lit o&#xf9; il venait de s&apos;&#xe9;veiller : &amp;quot;Un jour, pensa-t-il, ce n&apos;est pas assez, je veux grandir et &#xea;tre homme !&amp;quot;&lt;br /&gt;Saisissant la bobine, il se mit &#xe0; tirer le fil et il se vit devenu jeune homme, avec la barbe au menton. Il &#xe9;tait roi ; des conseillers et des courtisans l&apos;entouraient et lui parlaient des affaires de l&apos;Etat.&lt;br /&gt;Ce fut d&apos;abord une grande joie pour lui. Puis il voulut &#xea;tre mari&#xe9;, avoir des enfants... et d&#xe9;j&#xe0; il se voyait p&#xe8;re de famille. Enfin, impatient de voir ses enfants grandir, de nouveau il tire le fil de la bobine et ses ann&#xe9;es passent emport&#xe9;es dans un tourbillon. Apr&#xe8;s chaque d&#xe9;sir rassasi&#xe9;, il en voyait rena&#xee;tre un autre, plus ardent, et de nouveau la bobine tournait entre ses doigts et de nouveau le fil se d&#xe9;vidait.&lt;br /&gt;Or, il arriva qu&apos;un jour, derri&#xe8;re le fil de soie, le bois dor&#xe9; de la bobine se montra tout &#xe0; coup. Le roi en fut surpris et effray&#xe9; ; il osait &#xe0; peine regarder le fil qui se d&#xe9;roulait tout seul, lentement. Que n&apos;e&#xfb;t-il pas donn&#xe9; pour pouvoir pelotonner de nouveau un brin de fil sur la bobine qu&apos;il regardait avec tristesse ! &lt;br /&gt;La petite voix se fit encore entendre.&lt;br /&gt;&amp;quot;&#xd4; prince ! les jours pass&#xe9;s ne reviennent point. Tu as d&#xe9;pens&#xe9; ta vie follement ! Elle te para&#xee;t vide : c&apos;est que tu ne l&apos;as point remplie de bonnes actions ; elle te para&#xee;t malheureuse : c&apos;est que tu n&apos;as point su l&apos;employer utilement. Ton impatience, au fond, c&apos;&#xe9;tait de la paresse, c&apos;est pour &#xe9;chapper &#xe0; la t&#xe2;che journali&#xe8;re que tu as voulu vivre vite. Va, si tu n&apos;es pas heureux, c&apos;est que tu ne l&apos;as pas m&#xe9;rit&#xe9;.&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc9966&quot;&gt;J.M GUYAU - Ecrivain philosophe fran&#xe7;ais, mort en 1888.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 22 May 2008 20:31:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;&#xe2;me du licenci&#xe9; Garcia</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/05/20/9253854.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/05/20/9253854.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9253854/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/05/20/9253854.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cccc99&quot;&gt;Avant que d&apos;entendre l&apos;histoire de ma vie, &#xe9;coute, ami lecteur, un conte que je vais te faire.&lt;br /&gt;Deux &#xe9;coliers allaient ensemble de Penafiel &#xe0; Salamanque. Se sentant las et alt&#xe9;r&#xe9;s, ils s&apos;arr&#xea;t&#xe8;rent au bord d&apos;une fontaine qu&apos;ils rencontr&#xe8;rent sur leur chemin. L&#xe0;, tandis qu&apos;ils se d&#xe9;lassaient apr&#xe8;s s&apos;&#xea;tre d&#xe9;salt&#xe9;r&#xe9;s, ils aper&#xe7;urent par hasard aupr&#xe8;s d&apos;eux, sur une pierre &#xe0; fleur de terre, quelques mots d&#xe9;j&#xe0; un peu effac&#xe9;s par le temps et par les pieds des troupeaux qu&apos;on venait abreuver &#xe0; cette fontaine. Ils jet&#xe8;rent de l&apos;eau sur la pierre pour la laver et ils lurent ces paroles castillanes : &amp;quot;Aqui esta encerrada el alma del licenciado Pedro Garcias : ici est enferm&#xe9;e l&apos;&#xe2;me du licenci&#xe9; Pierre Garcia.&amp;quot;&lt;br /&gt;Le plus jeune des &#xe9;coliers, qui &#xe9;tait vif et &#xe9;tourdi, n&apos;eut pas achev&#xe9; de lire l&apos;inscription, qu&apos;il dit en riant de toute sa force : &amp;quot;Rien n&apos;est plus plaisant ! Ici, est enferm&#xe9;e l&apos;&#xe2;me... Une &#xe2;me enferm&#xe9;e !... Je voudrais savoir quel original a pu faire une si ridicule &#xe9;pitaphe !&amp;quot; En achevant ces mots, il se leva pour s&apos;en aller. Son compagnon, plus judicieux, dit en lui-m&#xea;me : &amp;quot;Il y a l&#xe0;-dessous quelque myst&#xe8;re, je veux demeurer ici pour l&apos;&#xe9;claircir.&amp;quot; Celui-ci laissa donc partir l&apos;autre, et, sans perdre de temps, se mit &#xe0; creuser avec son couteau tout autour de la pierre. Il fit si bien qu&apos;il l&apos;enleva. Il trouva dessous une bourse de cuir qu&apos;il ouvrit. Il y avait dedans cent ducats, avec une carte sur laquelle &#xe9;taient &#xe9;crites ces paroles en latin : &amp;quot;Sois mon h&#xe9;ritier, toi qui as eu assez d&apos;esprit pour d&#xe9;m&#xea;ler le sens de l&apos;inscription, et fais un meilleur usage que moi de mon argent.&amp;quot; L&apos;&#xe9;colier, ravi de cette d&#xe9;couverte, remit la pierre comme elle &#xe9;tait auparavant, et reprit le chemin de Salamanque avec l&apos;&#xe2;me du licenci&#xe9;.&lt;br /&gt;Qui que tu sois, ami lecteur, tu vas ressembler &#xe0; l&apos;un ou l&apos;autre de ces deux &#xe9;coliers. Si tu lis mes aventures sans prendre garde aux instructions morales qu&apos;elles renferment, tu ne tireras aucun fruit de cet ouvrage ; mais si tu le lis avec attention, tu y trouveras, suivant le pr&#xe9;cepte d&apos;Horace, l&apos;utile m&#xea;l&#xe9; avec l&apos;agr&#xe9;able.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cccc99&quot;&gt;Le Sage - Pr&#xe9;face de Gil Blas&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 20 May 2008 16:20:12 GMT</pubDate></item><item><title>Les deux avares</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/18/8696687.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/18/8696687.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8696687/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/18/8696687.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#00cccc&quot;&gt;Vous saurez que l&apos;Araca, un vieux &amp;quot;br&#xfb;le-sardines&amp;quot; qui aurait, pour &#xe9;pargner, partag&#xe9; un poil par le milieu, ou&#xef;t dire un jour, qu&apos;au village voisin, un certain Pied-de-Lampe &#xe9;tait le roi des &#xe9;pargneurs.&lt;br /&gt;Il est toujours bon d&apos;apprendre. L&apos;Araca, le lendemain matin, vint donc trouver le fameux Pied-de-Lampe pour le questionner un peu sur l&apos;&#xe9;pargne.&lt;br /&gt;Pied-de-Lampe, justement, venait de se lever, et de ses doigts crochus, pour d&#xe9;brouiller ses cheveux, il se peignait avec les ongles.&lt;br /&gt;- Bonjour !&lt;br /&gt;- Bonjour.&lt;br /&gt;- Vous ne me connaissez peut-&#xea;tre pas, lui dit l&apos;Araca, je suis l&apos;Araca.&lt;br /&gt;- L&apos;Araca ! diable, si ! lui fit Pied-de-Lampe, j&apos;ai entendu parler de vous, qui, para&#xee;t-il, &#xea;tes un ma&#xee;tre pour &lt;em&gt;faire&lt;/em&gt; &lt;em&gt;courir la brouette&lt;/em&gt;. (Pratiquant l&apos;usure)&lt;br /&gt;- Tout &#xe0; votre service, reprit l&apos;Araca. Voici donc pourquoi je venais. On m&apos;a appris l&apos;autre jour que, vous non plus, comp&#xe8;re, vous ne gaspillez point le vivre, et - vous savez que la Vieille ne voulait jamais mourir, parce que toujours elle apprenait, - je suis ici pour l&apos;honneur, l&apos;avantage en m&#xea;me temps, de faire votre connaissance et pour m&apos;instruire dans cette grande science qui s&apos;appelle l&apos;&#xe9;pargne.&lt;br /&gt;- Tout &#xe0; votre service ! r&#xe9;pliqua Pied-de-Lampe, en lui touchant la main ; vous n&apos;avez pas d&#xe9;jeun&#xe9; ?&lt;br /&gt;- Non.&lt;br /&gt;- Eh, bien, comp&#xe8;re, vous d&#xe9;jeunerez avec moi ; et, si vous le permettez, je vais sortit un moment pour acheter quelque pitance.&lt;br /&gt;- Je vous accompagnerait, lui dit l&apos;Araca, car, si cela ne vous fait rien, j&apos;apprendrai ainsi &#xe0; marchander.&lt;br /&gt;- Allons.&lt;br /&gt;- Allons.&lt;br /&gt;Et nos deux grigous, tra&#xee;nassant la savate, partent pour le march&#xe9;. En passant devant le fournier : (boulanger)&lt;br /&gt;- Il est bon aujourd&apos;hui, votre pain ?&lt;br /&gt;- Ah ! dit G&#xe2;te-P&#xe2;te, aujourd&apos;hui nous avons bien p&#xe9;tri : quand vous go&#xfb;terez le pain, voyez-vous, c&apos;est un beurre...&lt;br /&gt;Et, se tournant vers son compagnon :&lt;br /&gt;- Qu&apos;en dites-vous ? fit Pied-de-Lampe, tout en ricanant de c&#xf4;t&#xe9;, puisque le beurre est meilleur que le pain, si donc nous allions acheter du beurre ?&lt;br /&gt;- Allons acheter du beurre.&lt;br /&gt;Et, zou ! patin, patan, ils vont chez dame Greset, la marchande de beurre :&lt;br /&gt;- Bonjour, dame Greset, nous voudrions un peu de beurre... Il est bon, aujourd&apos;hui, votre beurre ?&lt;br /&gt;- Mon beurre ? Voyez, t&#xe2;tez-le ; c&apos;est fin comme de l&apos;huile !&lt;br /&gt;- Qu&apos;en pensez-vous ? fit ce finaud de Pied-de-Lampe &#xe0; son coll&#xe8;gue l&apos;Araca, puisqu&apos;il para&#xee;t que l&apos;huile est plus fine que le beurre, si nous allions acheter de l&apos;huile ?&lt;br /&gt;- Sus ! Allons acheter de l&apos;huile !&lt;br /&gt;Et ils entrent chez tante Bougnette :&lt;br /&gt;- Bonjour, tante Bougnette, nous voudrions un peu d&apos;huile... Votre huile est bonne au moins ?&lt;br /&gt;- Mon huile ? Regardez-l&#xe0; : c&apos;est limpide, c&apos;est clair comme de l&apos;eau de roche.&lt;br /&gt;- Tiens ! dit Pied-de-Lampe, sommes-nous pas des nigauds ? Puisque la bonne eau est plus claire que l&apos;huile, eh ! allons d&#xe9;jeuner &#xe0; la fontaine !&lt;br /&gt;Et, cela dit, tous deux all&#xe8;rent, de ce pas, boire &#xe0; la grande fontaine ; et il d&#xe9;jeun&#xe8;rent de cette fa&#xe7;on.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#00cccc&quot;&gt;Conte Proven&#xe7;al par Fr&#xe9;d&#xe9;ric MISTRAL&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 18 Apr 2008 07:19:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;histoire du sufficit</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/16/8696125.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/16/8696125.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8696125/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/16/8696125.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cc66&quot;&gt;Ce devait &#xea;tre peu avant le jour de l&apos;orage sous le moulin, Monseigneur faisait sa tourn&#xe9;e pastorale. Il allait &#xe0; Ambert o&#xf9; tous les cur&#xe9;s des environs l&apos;attendaient pour la confirmation, quand ; sur le grand chemin, au lieudit Chez-Servy, une roue de son carrosse se rompit. Les chemins d&apos;alors n&apos;&#xe9;taient pas ferr&#xe9;s et unis comme ceux de maintenant : des bourbiers o&#xf9; l&apos;on enfon&#xe7;ait jusqu&apos;au moyeu et des pointes de rochers &#xe0; s&apos;y rompre le col.&lt;br /&gt;On alla qu&#xe9;rir le charron du Monestier. Le temps passa, midi approchait ; il fallut que Monseigneur mont&#xe2;t pour y aller d&#xee;ner au village qui dominait sur la butte.&lt;br /&gt;M. le cur&#xe9; se trouvait &#xe0; Ambert pour la c&#xe9;r&#xe9;monie, Monseigneur arrivant ainsi, c&apos;&#xe9;tait pour la servante le feu &#xe0; la cure. Elle court tout effar&#xe9;e chercher le magister. Mon Barth&#xe9;lemy vint dans un grand trouble, toucha la main que le pr&#xe9;lat lui pr&#xe9;sentait, ignorant, bonnes gens, qu&apos;il lui fallait baiser l&apos;anneau - &amp;quot;Il ne voit pas souvent des &#xe9;v&#xea;ques, le bonhomme&amp;quot;, fit Monseigneur &#xe0; son grand vicaire - mais tourna son compliment de si na&#xef;ve fa&#xe7;on qu&apos;il lui fut souri tr&#xe8;s indulgemment.&lt;br /&gt;- Ne soyez point en soin. Je suis plus que satisfait d&apos;un si bon accueil. Pourriez-vous seulement nous faire pr&#xe9;parer un frugal repas ?&lt;br /&gt;Barth&#xe9;lemy salue, s&apos;en va conf&#xe9;rer avec la gouvernante plus effar&#xe9;e que jamais &#xe0; l&apos;id&#xe9;e de pr&#xe9;parer le d&#xee;ner de Monseigneur. On d&#xe9;cide de faire appel aux talents de Poule-Courte, qui demeurait porte &#xe0; porte.&lt;br /&gt;Elle arrive, pointant au bout de nez fouineur au mitan de sa face de pleine lune et, prenant de l&apos;importance, calcule toutes choses. Finalement, elle propose de faire sauter une omelette, de r&#xf4;tir un poulet, d&apos;ajouter &#xe0; cela un fromage de ch&#xe8;vre, et pour le fruit, des poires tap&#xe9;es et des noix s&#xe8;ches. Barth&#xe9;lemy va en porter les paroles au pr&#xe9;lat.&lt;br /&gt;- Mais cela va, cela va tr&#xe8;s bien. Une omelette, un poulet, du fromage, des noix et sufficit. (Cela suffit en latin)&lt;br /&gt;- Eh ? Monseigneur, pla&#xee;t-il ?&lt;br /&gt;- Et sufficit r&#xe9;p&#xe8;te Monseigneur avec un sourire.&lt;br /&gt;Le magister de faire un salut bien profond et de retourner &#xe0; la cuisine.&lt;br /&gt;- Quoi ? qu&apos;est-ce qu&apos;il y a ? Monseigneur n&apos;est peut-&#xea;tre pas content ?&lt;br /&gt;- Il est content, pauvre Doroth&#xe9;e, seulement il demande encore du sufficit.&lt;br /&gt;- C&apos;est plus d&apos;une fois que j&apos;ai pr&#xe9;par&#xe9; des d&#xee;ners d&apos;&#xe9;v&#xea;ques, de marquis et m&#xea;me de mar&#xe9;chaux des logis chef, dans de grandes maisons o&#xf9; je faisais une telle cuisine que les voisins se nourrissaient en l&#xe9;chant les murs. Jamais, au grand jamais, personne ne m&apos;a demand&#xe9; du sufficit. Au demeurant, c&apos;est du latin, cela : les femmes n&apos;ont pas &#xe0; mordre au latin. Ca vous regarde, Barthaut : allez me qu&#xe9;rir ce sufficit ; je l&apos;accommoderai, en sauce ou autrement, si bien que rien plus.&lt;br /&gt;Barth&#xe9;lemy ne savait d&#xe9;guiser nulle chose, m&#xea;me quand il y allait de son int&#xe9;r&#xea;t. Il confessa ignorer tout du latin, ce qui le fit m&#xe9;priser de la Poule-Courte. Celle-ci le poussa hors de &amp;quot;sa&amp;quot; cuisine, lui r&#xe9;p&#xe9;tant qu&apos;il e&#xfb;t &#xe0; satisfaire Monseigneur.&lt;br /&gt;Le pauvre ma&#xee;tre d&apos;&#xe9;cole sortit sur le coudert (la place) en se vouant &#xe0; tous les saints du paradis. Enfin, il eut une inspiration : &amp;quot;Gaspard sait le latin comme celui qui l&apos;a fait. Il me tirera de peine !&amp;quot; Un des gamins qui jouaient au saute-l&apos;&#xe2;ne sur la place part tout courant pour le bourg de Saint-Amand, lequel n&apos;est pas &#xe0; trois quarts de lieue du Monestier par la traverse.&lt;br /&gt;Gaspard arriv&#xe9;, le magister lui d&#xe9;duit la chose sur le coudert m&#xea;me, le regardant avec les yeux qu&apos;on fait &#xe0; un homme qui tient votre salut dans sa manche.&lt;br /&gt;- Quoi, c&apos;est l&#xe0; que le b&#xe2;t vous blesse ? C&apos;est pour &#xe7;a que vous me faites venir si grand train de chez moi o&#xf9; j&apos;ai laiss&#xe9; des pois au lard sur la table ? Un sufficit ? Sachez que c&apos;est une queue d&apos;&#xe2;ne, et ne me tarabustez plus la cervelle.&lt;br /&gt;- Une queue d&apos;&#xe2;ne, mon enfant ? Monseigneur peut-il avoir affaire d&apos;une queue d&apos;&#xe2;ne ? Comment veux-tu ?...&lt;br /&gt;- Que vous &#xea;tes bon ! Est-ce &#xe0; vous de savoir le pourquoi de la chose ? Il doit vous suffire que Monseigneur l&apos;ai demand&#xe9;. La soumission, l&apos;ob&#xe9;issance ne sont-elles pas de toutes les vertus les plus recommandables ? Je m&apos;en doute qu&apos;il veut justement voir si vous lui ob&#xe9;irez sans r&#xe9;flexion.&lt;br /&gt;Sur ce chapitre il pr&#xea;cha si bien que, bient&#xf4;t, le magister s&apos;inqui&#xe9;ta seulement de se procurer la queue requise.&lt;br /&gt;- H&#xe9;, n&apos;y a-t-il pas l&#xe0; l&apos;anichon gris de la Poule-Courte ? Tandis qu&apos;elle fricote, je m&apos;occupe de la bourrique. Puis vous mettez le sufficit dans un grand plat de fa&#xef;ence &#xe0; fleurs, le plus beau que vous puissiez trouver, vous l&apos;apportez vous-m&#xea;me sur la fin du repas, couvert d&apos;une serviette blanche, et voil&#xe0; Monseigneur content de son bedeau !&lt;br /&gt;Tout alla de la sorte. On dressa le couvert fort proprement dans la salle &#xe0; manger dont les fen&#xea;tres donnaient sur la verte all&#xe9;e d&apos;Ambert, pays d&apos;agr&#xe9;able repr&#xe9;sentation o&#xf9; la Dore fait cent tours parmi les prairies et les bocages au pied des belles montagnes. L&apos;omelette &#xe9;tait dure comme une couverture doubl&#xe9;e ; le poulet, un coq d&apos;assez mauvaise vie, pour avoir trop couru sur la place, coriace comme un vieux corbeau. Monseigneur achevait de casser quelques noix poudreuses quand Barth&#xe9;lemy apporta le plat qu&apos;il d&#xe9;couvrit avec r&#xe9;v&#xe9;rence.&lt;br /&gt;- Qu&apos;est-ce l&#xe0; ? demanda Monseigneur en consid&#xe9;rant la queue d&apos;&#xe2;ne.&lt;br /&gt;- C&apos;est le sufficit, Monseigneur. Votre Grandeur me pardonnera si la queue n&apos;est pas plus grosse ; il n&apos;y a pas beaucoup d&apos;&#xe2;nes en nos petits pays.&lt;br /&gt;Ce disant le pauvre regardait humblement du c&#xf4;t&#xe9; du grand vicaire, lequel sautait tout cramoisi sur sa chaise ; sans doute parce que le sufficit n&apos;&#xe9;tait pas de ces beaux, de ces grands... Mais Monseigneur, devinant la simplicit&#xe9; du bonhomme, apaisa d&apos;un geste son compagnon. Il fit asseoir le Barthaut pr&#xe8;s de lui et le confessa si finement que le pauvre d&#xe9;balla tout le paquet. Et quand Monseigneur se leva pour partir, il se dit charm&#xe9; de ce na&#xef;f entretien.&lt;br /&gt;- Vous ne savez pas le latin, mais ne regrettez pas de n&apos;avoir point cette science. Je vous donne ma b&#xe9;n&#xe9;diction de grand coeur, et, de retour &#xe0; Clermont, je vous enverrai un petit souvenir.&lt;br /&gt;De fait, un mois apr&#xe8;s, Barth&#xe9;lemy re&#xe7;ut un ballot par le roulage. Et quand l&apos;ayant ouvert, il y trouva des livres, - il avait dit &#xe0; Monseigneur sont go&#xfb;t pour la lecture,- il fut le plus surpris et le plus ravi des hommes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cc66&quot;&gt;Henri POURRAT - &amp;quot;Gaspard des Montagnes&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 16 Apr 2008 09:09:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les Korrigans d&apos;Irlande</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/14/8801128.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/14/8801128.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8801128/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/14/8801128.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cccc00&quot;&gt;Dans un district &#xe9;loign&#xe9; d&apos;Irlande, mais o&#xf9; ? je ne m&apos;en souviens plus, &#xe9;tait un village appel&#xe9; Knockgrafton, et&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/02/96/218998/24359460.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;korrigan&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/02/96/218998/24359460_p.jpg&quot; width=&quot;289&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt; pr&#xe8;s du village se trouvaient les ruines d&apos;un vieux ch&#xe2;teau entour&#xe9; d&apos;un foss&#xe9;, connu depuis les temps les plus recul&#xe9;s pour &#xea;tre hant&#xe9; par les f&#xe9;es et les sylphes.&lt;br /&gt;Dans le village de&amp;nbsp; Knockgrafton vivait un bon petit bossu qui s&apos;appelait Lusmore. Tout le monde l&apos;aimait pour son humeur aimable et joyeuse ; puis la nature l&apos;avait dou&#xe9; de bons poumons et de go&#xfb;t pour la musique.&lt;br /&gt;Un certain jour tout ensoleill&#xe9; Lusmore &#xe9;tait &#xe9;tendu sur le bord du foss&#xe9;, faisant un somme. Bient&#xf4;t de douces voix l&apos;&#xe9;veill&#xe8;rent, ces voix semblaient venir du fond de l&apos;eau. Il se dit que c&apos;&#xe9;tait l&#xe0; le chant des f&#xe9;es, et ce chant &#xe9;tait bien simple, rien de plus que &amp;quot;lundi, mardi, lundi, mardi,&amp;quot; et toujours ainsi, &#xe0; l&apos;infini. Lusmore &#xe9;couta quelques instants, puis il se fatigua de ce refrain, et, saisissant une courte pause, il se mit &#xe0; chanter lui-m&#xea;me aussi haut qu&apos;il put, mais d&apos;un ton m&#xe9;lodieux : &amp;quot;et mercredi aussi.&amp;quot; A peine eut-il chant&#xe9; qu&apos;ils se sentit emport&#xe9; en tournoyant au fond du foss&#xe9; o&#xf9; il vit une grande salle pleine de lutins qui dansaient et chantaient.&lt;br /&gt;Ils r&#xe9;p&#xe9;t&#xe8;rent les mots de Lusmore et vigoureusement chant&#xe8;rent : &amp;quot;lundi, mardi, et mercredi aussi.&amp;quot; Puis, ils conduisirent Lusmore &#xe0; une place d&apos;honneur et deux des plus forts lutins s&apos;approch&#xe8;rent, et, avec une scie faite de beurre, ils coup&#xe8;rent sa bosse, et alors ils chant&#xe8;rent tous :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#cccc00&quot;&gt;Lusmore, Lusmore,&lt;br /&gt;Ne pleure ni ne d&#xe9;plore&lt;br /&gt;La bosse que tu eus,&lt;br /&gt;Sur ton dos elle n&apos;est plus.&lt;br /&gt;A terre voil&#xe0; qu&apos;elle dort.&lt;br /&gt;Lusmore, Lusmore.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#cccc00&quot;&gt;&lt;img height=&quot;105&quot; alt=&quot;fee027&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/68/81/218998/24361700.gif&quot; width=&quot;105&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Le petit Lusmore s&apos;aper&#xe7;ut alors avec &#xe9;tonnement qu&apos;il n&apos;&#xe9;tait plus courb&#xe9; en deux comme auparavant, mais qu&apos;il se tenait bien droit et &#xe9;tait tr&#xe8;s grand en se redressant il frappa presque sa t&#xea;te contre le plafond.&lt;br /&gt;Apr&#xe8;s beaucoup de r&#xe9;jouissances et de festins, les sylphes se repos&#xe8;rent de leurs f&#xea;tes. Lusmore s&apos;endormit ; et, lorsqu&apos;il se r&#xe9;veilla, il se retrouva sur le bord du foss&#xe9;. Il se leva, frotta ses yeux, t&#xe2;ta son dos et vit que, bien vrai, il n&apos;avait plus sa bosse. Tout r&#xe9;joui, il s&apos;en retourna et raconta &#xe0; tous ses voisins comment il avait dans&#xe9; et chant&#xe9; avec les lutins, et comment ils lui avaient enlev&#xe9; sa bosse.&lt;br /&gt;L&apos;histoire se r&#xe9;pandit vite et tout le voisinage vint voir Lusmore et le f&#xe9;liciter de sa bonne fortune.&lt;br /&gt;Maintenant, il y avait un autre bossu de Knockgrafton connu sous le nom de Jack Madden un chenapan de mauvaise mine que personne n&apos;aimait. Sa m&#xe8;re &#xe9;tait une vieille sorci&#xe8;re envieuse, qui ne faisait que g&#xe9;mir parce que la bosse de son fils n&apos;avait pas &#xe9;t&#xe9; enlev&#xe9;e comme celle de Lusmore. Elle conseilla &#xe0; son fils d&apos;aller s&apos;asseoir sur le bord du foss&#xe9;, et l&#xe0;, bien s&#xfb;r, il entendit les f&#xe9;es chanter leur refrain avec l&apos;&#xe9;l&#xe9;gante addition de Lusmore : &amp;quot;lundi, mardi, et mercredi aussi.&amp;quot;&lt;br /&gt;Alors Jack, qui &#xe9;tait aussi d&#xe9;pourvu de go&#xfb;t que de voix, pensa que si Lusmore avait plu aux f&#xe9;es en ajoutant un jour &#xe0; leur chanson, il pourrait, lui, ajouter tous ceux de la semaine, et, sans attendre une pause, sans s&apos;inqui&#xe9;ter d&apos;aller en mesure, il commence &#xe0; entonner d&apos;une voix rauque et forte : &amp;quot;Jeudi, vendredi, samedi, dimanche.&amp;quot;&lt;br /&gt;Or les f&#xe9;es n&apos;ont pas seulement l&apos;oreille tr&#xe8;s juste et un go&#xfb;t exquis pour le rythme et la mesure, mais aussi elles ont une aversion particuli&#xe8;re du nom du jour du Seigneur. A peine Jack Madden e&#xfb;t-il commenc&#xe9; son insipide vacarme qu&apos;il se trouva emport&#xe9; et roulant dans le foss&#xe9; entour&#xe9; de f&#xe9;es furieuses. Deux des plus fortes, d&apos;apr&#xe8;s les ordres du chef, prirent la bosse de Lusmore qui &#xe9;tait encore par terre, l&apos;appliqu&#xe8;rent sur le dos de Jack Madden, o&#xf9; elle se colla instantan&#xe9;ment comme si elle &#xe9;tait de cire. Et alors elles chant&#xe8;rent toutes :&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/94/57/218998/24362350.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;120&quot; alt=&quot;t0orsrp4&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/94/57/218998/24362350_p.jpg&quot; width=&quot;150&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#cccc00&quot;&gt;Jack Madden, Jack Madden,&lt;br /&gt;Tes mots sont tr&#xe8;s mal venus&lt;br /&gt;Et ton chant bien mal rendu.&lt;br /&gt;Ce ch&#xe2;teau o&#xf9; tu es venu&lt;br /&gt;Attristera ta vie mondaine.&lt;br /&gt;Voil&#xe0; deux bosses pour Jack Madden.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cccc00&quot;&gt;Aussit&#xf4;t, elles le repouss&#xe8;rent &#xe0; coup de pieds et on le trouva le lendemain matin sur la terre, pr&#xe8;s du foss&#xe9;, avec deux bosses au lieu d&apos;une. Telle fut la r&#xe9;compense de l&apos;envie et du mauvais go&#xfb;t.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 14 Apr 2008 07:28:00 GMT</pubDate></item><item><title>Histoire de l&apos;&#xe9;l&#xe9;phant blanc</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/12/8672100.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/12/8672100.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8672100/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/12/8672100.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcc33&quot;&gt;&lt;img height=&quot;329&quot; alt=&quot;danseuse1&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/09/70/218998/24165705.gif&quot; width=&quot;255&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Dans une tr&#xe8;s vieille ville de l&apos;Inde au joli nom de Patalipoutra, vivait, il y a bien longtemps, un blanchisseur. C&apos;&#xe9;tait un homme riche, car il avait une foule de clients qui lui apportaient r&#xe9;guli&#xe8;rement leur linge et tous leurs habits &#xe0; nettoyer. Dans l&apos;Inde, le soleil est si chaud que l&apos;on est tout v&#xea;tu de blanc, ou du moins de couleurs claires, et la fine poussi&#xe8;re qui monte du sol dess&#xe9;ch&#xe9; salit si fort les v&#xea;tements qu&apos;il faut les changer bien souvent ; et cela faisait au blanchisseur beaucoup de travail !&lt;br /&gt;Chaque jour on le voyait, lavant, avec ses aides, dans l&apos;eau du Gange, le fleuve sacr&#xe9;, les beaux saries des dames. Ces saries aux soies si douces, bleus, verts et or, longs de six m&#xe8;tres - les femmes s&apos;y drapent puis s&apos;en recouvrent la t&#xea;te comme d&apos;un voile - &#xe9;tincelaient en s&#xe9;chant au soleil. Il y avait bien aussi des pi&#xe8;ces de cotonnades, mais les couleurs en &#xe9;taient si fra&#xee;ches qu&apos;elles mettaient de la ga&#xee;t&#xe9; sur le sable o&#xf9; elles s&apos;&#xe9;talaient.&lt;br /&gt;Et les dh&#xf4;ties, sorte de pagnes blancs que les hommes enroulent autour de leurs hanches, illuminaient la terre de leur clart&#xe9;.&lt;br /&gt;Quand les clients&amp;nbsp; &#xe9;taient press&#xe9;s, le blanchisseur tendait lui-m&#xea;me le tissu, le tenant par une extr&#xe9;mit&#xe9; alors que son fils a&#xee;n&#xe9; tirait sur l&apos;autre. Ils l&apos;agitaient doucement de bas en haut, de haut en bas. En un quart d&apos;heure, le v&#xea;tement &#xe9;tait sec et les clients &#xe9;taient si satisfaits qu&apos;ils se pressaient de plus en plus nombreux chez le courageux blanchisseur.&lt;br /&gt;Sa maison basse, avec ses colonnes supportant une terrasse, &#xe9;tait d&apos;un go&#xfb;t parfait. Il y avait &#xe9;tendu de beaux tapis et mis de longs coussins confortables, sur lesquels on se reposait, le travail termin&#xe9;, en bavardant avec des amis, les yeux fix&#xe9;s sur le Gange si large, si imposant en cet endroit.&lt;br /&gt;Mais, comme il s&apos;&#xe9;tait enrichi par son travail, il &#xe9;tait jalous&#xe9; par un potier, son voisin. Celui-ci trouvait la maison du blanchisseur trop luxueuse, ses clients trop nombreux. Il s&apos;employait &#xe0; attirer les passants, installant devant sa porte les objets usuels qu&apos;il confectionnait avec l&apos;argile : des vases o&#xf9; l&apos;eau se tient si fra&#xee;che, des assiettes pour recevoir le riz, des gobelets o&#xf9; l&apos;on verse la boisson teint&#xe9;e de plantes aromatiques, de petites veilleuses o&#xf9; dansent les lueurs clignotantes qui &#xe9;clairent les maisons et ornent les autels des dieux aux jours de f&#xea;te. Tous ces objets &#xe9;taient tentants. Et le potier avait, tout comme le blanchisseur gagn&#xe9; la confiance su roi dont il &#xe9;tait le fournisseur.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/74/13/218998/24165762.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;150&quot; alt=&quot;roi&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/74/13/218998/24165762_p.gif&quot; width=&quot;110&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Mais il r&#xe9;coltait moins d&apos;argent que son voisin. Aussi r&#xe9;solut-il de lui jouer un vilain tour afin de le ruiner.&lt;br /&gt;Un jour, il alla donc trouver le roi et lui tint ce langage : &amp;quot;Votre Majest&#xe9; sait combien il serait glorieux pour Elle d&apos;&#xea;tre le possesseur d&apos;un &#xe9;l&#xe9;phant blanc. Eh bien, je sais que le blanchisseur mon voisin a un proc&#xe9;d&#xe9; myst&#xe9;rieux qui ferait de votre &#xe9;l&#xe9;phant royal, d&apos;un gris presque noir aujourd&apos;hui, un &#xe9;l&#xe9;phant &#xe9;clatant de blancheur. Votre Majest&#xe9; serait ainsi le souverain le plus c&#xe9;l&#xe8;bre et le plus envi&#xe9; de l&apos;Inde enti&#xe8;re.&amp;quot;&lt;br /&gt;Le roi se mit d&apos;abord &#xe0; sourire, pensant que pareille transformation &#xe9;tait chose impossible. Mais le potier avait l&apos;air si s&#xfb;r d&apos;avoir surpris le secret du blanchisseur qu&apos;il commen&#xe7;a &#xe0; croire pour de bon qu&apos;il pourrait poss&#xe9;der bient&#xf4;t un &#xe9;l&#xe9;phant blanc.&lt;br /&gt;Ce pauvre roi, qui n&apos;&#xe9;tait pas fort intelligent, d&#xe9;sirait d&apos;autant plus vivement &#xea;tre c&#xe9;l&#xe8;bre et admir&#xe9; de tous !&lt;br /&gt;Il convoqua donc le blanchisseur, et, pour rendre ses ordres plus solennels, il le re&#xe7;ut assis sur son tr&#xf4;ne, entour&#xe9; de ses courtisans. Tous attendaient avec la plus grande curiosit&#xe9; la r&#xe9;ponse du blanchisseur &#xe0; la demande extravagante de leur ma&#xee;tre.&lt;br /&gt;Quand il se vit enjoindre de blanchir aussit&#xf4;t l&apos;&#xe9;l&#xe9;phant royal, le blanchisseur, plein de bon sens, fut tr&#xe8;s tent&#xe9; de faire r&#xe9;sonner les vo&#xfb;tes du palais d&apos;un &#xe9;norme &#xe9;clat de rire. Mais il savait le roi t&#xea;tu et cruel. Il comprit bien vite qu&apos;il fallait accepter, mais en rendant au potier le m&#xe9;chant tour que celui-ci lui avait pr&#xe9;par&#xe9;.&lt;br /&gt;- Sir, dit-il, c&apos;est chose facile pour moi, ce que Vous me demandez l&#xe0;. Cependant, il me faudrait faire tremper votre &#xe9;l&#xe9;phant dans une tr&#xe8;s grande cuve emplie d&apos;eau bien savonneuse. Or, je ne poss&#xe8;de, malheureusement, pas de r&#xe9;cipient assez vaste pour contenir un aussi gigantesque animal que celui de Votre Majest&#xe9;. Mon voisin le potier pourra certainement, sur votre ordre, me le construire.&lt;br /&gt;Le roi fit alors revenir en h&#xe2;te le potier et lui ordonna de fabriquer un vase aux dimensions telles que l&apos;&#xe9;l&#xe9;phant p&#xfb;t y tenir &#xe0; l&apos;aise.&lt;br /&gt;Le potier compris qu&apos;&#xe0; son tour il avait &#xe9;t&#xe9; jou&#xe9; et que le blanchisseur se vengeait cruellement de lui. Il savait, d&apos;ailleurs, qu&apos;il le m&#xe9;ritait, et il essaya de sortir avec avantage du cas difficile o&#xf9; il s&apos;&#xe9;tait mis.&lt;br /&gt;Il r&#xe9;unit en h&#xe2;te ses parents et ses amis, les chargeant de lui apporter une &#xe9;norme quantit&#xe9; d&apos;argile. Ils en recueillirent de leur mieux, partout o&#xf9; ils en trouv&#xe8;rent, la rapportant dans de larges corbeilles plates qu&apos;ils pla&#xe7;aient sur leurs t&#xea;tes. Chaque fois qu&apos;ils arrivaient dans le jardin du potier, ils d&#xe9;versaient leurs charges qui, s&apos;ajoutant l&apos;une &#xe0; l&apos;autre, form&#xe8;rent bient&#xf4;t une petite colline d&apos;argile.&lt;br /&gt;Alors on se mit au travail. Il fallut des jours et des jours pour confectionner une cuve immense, autour de laquelle, quand elle fut termin&#xe9;e, on se mit &#xe0; danser de joie. Le blanchisseur allait enfin &#xea;tre ruin&#xe9; !&lt;br /&gt;Sur de longs b&#xe2;tons que soutenaient leurs solides &#xe9;paules, cinquante hommes port&#xe8;rent en triomphe le long et large bassin jusqu&apos;au palais du roi. Le potier avait fait appel, pour cette besogne, aux porteurs qui, dans les temples, soulevaient &#xe0; la force de leurs bras les colossales statues des dieux, car seul ils lui semblaient assez robustes et assez exerc&#xe9;s.&lt;br /&gt;Ils furent accueillis par les f&#xe9;licitations du roi, qui du haut de sa terrasse, les avait regard&#xe9;s venir.&lt;br /&gt;Le blanchisseur fut aussit&#xf4;t convoqu&#xe9;e. Il fit allumer un grand feu au milieu des jardins du palais. La baignoire de l&apos;&#xe9;l&#xe9;phant fut plac&#xe9;e sur les b&#xfb;ches ; les servantes drap&#xe9;es dans leurs saries verts ou rouges, l&apos;emplirent &#xe0; l&apos;aide de cruches d&apos;eau puis&#xe9;es dans le Gange. La longue procession des femmes allant et venant, du fleuve au palais, dura une journ&#xe9;e enti&#xe8;re. Enfin la cuve fut pleine et, l&apos;eau commen&#xe7;ant &#xe0; chauffer, on jeta dedans de grandes quantit&#xe9;s de savon.&lt;br /&gt;Le lendemain, l&apos;eau &#xe9;tait si mousseuse qu&apos;elle ressemblait aux vagues de la mer, frang&#xe9;es d&apos;&#xe9;cume. On laissa le feu s&apos;&#xe9;teindre, et les serviteurs qui, pour l&apos;entretenir avaient abattu des arbres massifs, prirent leur repos. Au bout de trois jours, l&apos;eau s&apos;&#xe9;tant refroidie suffisamment pour ne pas br&#xfb;ler l&apos;&#xe9;l&#xe9;phant royal, il arriva conduit par son cornac.&lt;br /&gt;Un peu surpris, car il n&apos;avait jamais connu de bain en dehors des rivi&#xe8;res o&#xf9; il aimait se rafra&#xee;chir, il consentit tout de m&#xea;me &#xe0; p&#xe9;n&#xe9;trer dans cette eau inaccoutum&#xe9;e. Mais en s&apos;asseyant il fit &#xe9;clater en mille morceaux la cuve d&apos;argile, dont l&apos;&#xe9;paisseur &#xe9;tait trop faible pour supporter un poids aussi consid&#xe9;rable. L&apos;eau se mit &#xe0; couler en longs ruisseaux mousseux, et l&apos;&#xe9;l&#xe9;phant furieux, tapant de ses &#xe9;normes pattes, faisait s&apos;envoler par centaines les bulles de savon qui scintillaient comme des miroirs sous le soleil.&lt;br /&gt;Et le potier dut recommencer son oeuvre. Il rassembla de nouveau tous ceux qu&apos;il connaissait, les suppliant de l&apos;aider.&lt;br /&gt;Ils r&#xe9;pondirent &#xe0; son appel, et la cuve qu&apos;ils &#xe9;difi&#xe8;rent fut cette fois si lourde que deux cents hommes ne purent la porter.&lt;br /&gt;On recommen&#xe7;a encore et, en la soulevant les porteurs la bris&#xe8;rent.&lt;br /&gt;On r&#xe9;ussit &#xe0; en construire une autre, mais l&apos;&#xe9;paisseur des parois &#xe9;tait telle que la chaleur de la flamme ne jamais r&#xe9;chauffer l&apos;eau.&lt;br /&gt;Les tentatives continu&#xe8;rent ainsi pendant des ann&#xe9;es. Le potier perdit peu &#xe0; peu tous ses amis, toute sa fortune. Il fut oblig&#xe9; enfin de renoncer &#xe0; son entreprise et alla s&apos;humilier devant le roi.&lt;br /&gt;Celui-ci, furieux, le chassa : il ne pouvait lui pardonner de lui avoir fait esp&#xe9;rer l&apos;impossible. Ne s&apos;&#xe9;tait-il pas, lui, le prince de ce merveilleux pays, rendu ridicule dans l&apos;attente vaine de cet &#xe9;l&#xe9;phant blanc ?&lt;br /&gt;Seul le blanchisseur avait &#xe9;t&#xe9; assez habile pour imaginer ce moyen vraiment ing&#xe9;nieux de se d&#xe9;fendre du potier, en exigeant de lui une chose irr&#xe9;alisable.&lt;br /&gt;Mais, comme il &#xe9;tait bon, il eut piti&#xe9; de la d&#xe9;tresse de son m&#xe9;chant voisin ; il le sauva de la mis&#xe8;re.&lt;br /&gt;Et le blanchisseur v&#xe9;cut de longues ann&#xe9;es tr&#xe8;s heureux, car le roi avait compris la le&#xe7;on et l&apos;avait choisi pour son conseiller.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcc33&quot;&gt;Conte Hindou par Marie-Simone RENOU&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 12 Apr 2008 07:12:00 GMT</pubDate></item><item><title>MATAU</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/09/8632416.html</link><category>Histoires et L&#xe9;gendes du Languedoc </category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/09/8632416.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8632416/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/09/8632416.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cc66&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/97/39/218998/24094550.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;116&quot; alt=&quot;jtn3twvr&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/97/39/218998/24094550_p.jpg&quot; width=&quot;150&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Il y avait une fois &#xe0; Couflens de Salau un homme qui s&apos;appelait Matau, grand chasseur et grand p&#xea;cheur et grand fain&#xe9;ant comme tout p&#xea;cheur et tout chasseur. Pour tout bien il ne lui restait de son p&#xe8;re qu&apos;un vieux fusil sans poudre, et cela pour nourrir six enfants, une femme et une mar&#xe2;tre. Quand notre homme s&apos;en revenait de la p&#xea;che sans poisson ou de la chasse sans gibier, il ne faisait pas bon pour lui rentrer en la maison : femme, enfants, mar&#xe2;tre, tous en avaient contre lui ; cris, reproches, coups, tout y passait :&lt;br /&gt;&amp;quot;Fain&#xe9;ant ! ivrogne ! vaurien !...&amp;quot;&lt;br /&gt;Dieu sait les litanies qu&apos;il lui fallait alors &#xe9;couter !&lt;br /&gt;Un jour il en voit tant que d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9; il va emprunter une corde &#xe0; un voisin et va se pendre. Il attache sa corde &#xe0; la branche d&apos;un pommier et se la passe autour du cou.&lt;br /&gt;&amp;quot;Que fais-tu l&#xe0; ? m&#xe9;chant chr&#xe9;tien, lui crie alors une sorte de singe qui &#xe9;tait tapi entre les branches d&apos;un noyer.&lt;br /&gt;- Tu le vois, je suis si malheureux que je veux en finir.&lt;br /&gt;- Tu veux faire comme Judas ? Sors de l&#xe0; va, prends cette bourse et tes affaires s&apos;arrangeront.&amp;quot;&lt;br /&gt;Matau prend la bourse, compte les &#xe9;cus : un, deux, trois, cinq, dix, vingt, trente, cinquante... et il y en avait toujours ; plus d&apos;&#xe9;cus que ce que l&apos;on trouverait de grains de millet dans le ventre d&apos;un &#xe2;ne !&lt;br /&gt;Il serre la bourse et prend le chemin de la maison. En route, il trouve une auberge, y entre et demande &#xe0; souper. Il mange tant de tripes, tant d&apos;oeufs, tand de viandes et de gourmandises qu&apos;il lui faut boire comme un trou et qu&apos;il s&apos;endort.&lt;br /&gt;Pendant qu&apos;il dormait, l&apos;aubergiste, qui s&apos;&#xe9;tait avis&#xe9; que la bourse de Matau produisait de l&apos;argent comme un puits de l&apos;eau, la tire de sa poche et &#xe0; la place tout doucement en met une autre.&lt;br /&gt;Quand Matau a assez dormi, il se l&#xe8;ve et s&apos;en va.&lt;br /&gt;Il arrive chez lui tout joyeux et fier comme s&apos;il portait tout Paris dans sa poche :&lt;br /&gt;&amp;quot;H&#xe9; ! toute la marmaille, et toi d&#xe9;mon de femme, c&apos;est fini pour vous de crier et de souffrir, vous avez ici une bourse qui vous donnera plus de deniers que vous n&apos;en voudrez !&amp;quot;&lt;br /&gt;&amp;quot;&amp;quot;C&apos;est &#xe7;a la fameuse bourse ?... Plate comme une feuille de noyer !&lt;br /&gt;- Ca la bourse que tu es all&#xe9; chercher, fripon !&lt;br /&gt;- Tu veux encore te moquer de nous ? Attends un peu !... Attends !...&amp;quot;&lt;br /&gt;Et pim et pam, &#xe0; force de coups et de claques ils le laissent pour mort.&lt;br /&gt;Matau se rel&#xe8;ve tout meurtri, va emprunter la corde &#xe0; un voisn, d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;, pour aller se pendre. Il attache la corde &#xe0; la branche d&apos;un pommier et se la passe autour du cou.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/61/45/218998/24094679.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;120&quot; alt=&quot;1zavjhgv&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/61/45/218998/24094679_p.jpg&quot; width=&quot;150&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&amp;quot;Que fais-tu ici ? m&#xe9;chant chr&#xe9;tien, lui crie alors le singe qui &#xe9;tait tapi sur une branche de noyer.&lt;br /&gt;- Tu le vois, je suis si malheureux que je veux en finir.&lt;br /&gt;- Tu veux faire comme Judas alors ? Sors de l&#xe0;, prends ce manteau et tant que tu l&apos;auras, toi et ta famille aurez de quoi manger. Tu n&apos;auras qu&apos;&#xe0; dire : &amp;quot;Manteau, couvre-toi de tout ce qui est bon &#xe0; manger.&amp;quot; Et le singe lui donne le manteau.&lt;br /&gt;Matau d&#xe9;plie le manteau et lui dit :&lt;br /&gt;&amp;quot;Manteau couvre-toi de tout ce qui est bon &#xe0; manger.&amp;quot;&lt;br /&gt;Aussit&#xf4;t le manteau se couvre de toute sorte de bonnes choses : des poulets, des gigots, des coques, du vin de Bordeaux, du caf&#xe9; et un cochon gras digne d&apos;une noce. M&#xea;me le cousin du roi n&apos;aurait jamais servi un aussi bon repas !&lt;br /&gt;Quand il a soup&#xe9;, Matau s&apos;en revient chez lui. Il s&apos;arr&#xea;te &#xe0; l&apos;auberge o&#xf9; il avait couche&#xe9; la fois pr&#xe9;c&#xe9;dente et l&apos;aubergiste lui porte &#xe0; manger :&lt;br /&gt;&amp;quot;Non, non, merci bien, je viens de souper comme un prince.&amp;quot;&lt;br /&gt;Et Matau raconte tout ce qui vient de lui arriver, puis il s&apos;en va dormir. Pendant qu&apos;il dort, l&apos;aubergiste lui change le manteau.&lt;br /&gt;D&apos;aussi loin que Matau aper&#xe7;oit sa femme et ses enfants, il leur crie :&lt;br /&gt;&amp;quot;Maintenant, vous avez fini d&apos;avoir faim et de souffrir, venez, approchez-vous !&amp;quot;&lt;br /&gt;Matau &#xe9;tend son manteau comme le lui avait dit le singe et s&apos;&#xe9;crie :&lt;br /&gt;&amp;quot;Manteau, couvre-toi de tout ce qui est bon &#xe0; manger !&amp;quot;&lt;br /&gt;Mais le manteau plein de trous et pi&#xe8;ces reste sourd.&lt;br /&gt;&amp;quot;Manteau, couvre-toi de tout ce qui est bon &#xe0; manger !&amp;quot;&lt;br /&gt;Trois fois Matau r&#xe9;p&#xe8;te la m&#xea;me chose et le manteau ne bouge pas ; seuls se voient les trous et les pi&#xe8;ces.&lt;br /&gt;&amp;quot;Eh bien ! est-ce l&#xe0; le fameux manteau que tu as port&#xe9; ? Canaille, tu n&apos;as pas fini de te moquer de nous ! Attends un peu !...&amp;quot;&lt;br /&gt;Et pim et pam, frappe que tu frapperas, ils le laissent pour mort.&lt;br /&gt;Matau pourtant se rel&#xe8;ve quoique tout estropi&#xe9; et, cahin caha, s&apos;en va emprunter une corde &#xe0; un voisin pous aller se pendre. Il attache sa corde &#xe0; la branche du m&#xea;me pommier et se la passe autour du cou.&lt;br /&gt;&amp;quot;Que fais-tu ici ? m&#xe9;chant chr&#xe9;tien, lui crie alors le singe qui &#xe9;tait tapi entre les branches du noyer.&lt;br /&gt;- H&#xe9; ! Tu le vois bien ! Je suis malheureux que je veux me pendre, et je veux en finir cette fois-ci.&lt;br /&gt;- Et alors, tu n&apos;as pas honte de vouloir faire comme Judas ? Sors de l&#xe0; et prends cette baguette.&lt;br /&gt;- Qu&apos;est-ce que j&apos;en ferai de cette baguette, tout se retourne contre moi ; je suis plus malheureux que les pierres du chemin.&lt;br /&gt;- Quand quelqu&apos;un voudra te toucher, tu n&apos;auras qu&apos;&#xe0; dire : &amp;quot;Baguette marche !&amp;quot; et tu les verras tous fuir comme des li&#xe8;vres.&amp;quot;&lt;br /&gt;Matau prend la baguette et s&apos;en va. Il arrive &#xe0; l&apos;auberg, soupe comme un roi et s&apos;en va dormir. Le lendemain matin l&apos;aubergiste lui demande de lui payer le souper et le coucher :&lt;br /&gt;&amp;quot;Baguette, marche !&amp;quot; s&apos;&#xe9;crie Matau.&lt;br /&gt;Et la baguette saute au visage de l&apos;aubergiste - flip, flap -, elle le frappe aux oreilles, au nez, aux yeux, tant et si bien qu&apos;il en meurt.&lt;br /&gt;Il arrive chez lui. Aussit&#xf4;t, tous, femme, mar&#xe2;tre et marmaille se mettent &#xe0; crier car il n&apos;apporte ni viande, ni vin, ni pain :&lt;br /&gt;&amp;quot;Vaurien, chien, va te faire pendre, d&#xe9;barrasse-nous de toi une fois pour toutes, sale pouilleux...&lt;br /&gt;- Baguette, marche !&amp;quot; crie Matau&lt;br /&gt;Et la baguette frappe les jambes des enfants, frappe les oreilles des femmes, - flip, flap -, elle tape sur les caboches, sur les reins, sur les museaux et cela jusqu&apos;&#xe0; ce qu&apos;ils soient tous morts.&lt;br /&gt;Quand le roi apprit cela, il fit arr&#xea;ter Matau. Il ordonna qu&apos;il dorme en prison, qu&apos;on lui prenne sa baguette et qu&apos;on le d&#xe9;capite. Et c&apos;est la justice du roi qui l&apos;a fait enterrer dans une terre qui n&apos;est pas sainte, dans une terre en haut de ces montagnes de Couflens de Salau et que l&apos;on appelle &amp;quot;le Pr&#xe9; Matau&amp;quot;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cc66&quot;&gt;Si vous ne me croyez pas............ Allez voir l&#xe0;-bas !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 09 Apr 2008 18:01:00 GMT</pubDate></item><item><title>Quitte pour la peur</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/06/8552851.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/06/8552851.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8552851/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/06/8552851.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcc66&quot;&gt;J&apos;&#xe9;tais dans mon lit occup&#xe9; de r&#xea;veries. J&apos;entends ouvrir la porte, je vois entrer un inconnu &#xe0; grande figure blanche. Il m&apos;appelle famili&#xe8;rement par mon nom et me dit de me lever promptement. Je prend ma robe de chambre en tremblant ; il s&apos;approche de moi, m&apos;invite par ses gestes pressants &#xe0; me mettre sur un si&#xe8;ge aupr&#xe8;s de ma fen&#xea;tre. D&#xe8;s que je suis assis, je sens qu&apos;il me prend brusquement par le cou et il me le serre fortement ; il me couvre la joue avec la main gauche, d&apos;un boulet capable de me briser les dents. Une sueur abondante se r&#xe9;pand sur tout mon visage ; je sens les gouttes en tomber de tous les c&#xf4;t&#xe9;s. Cet accident me saisit au point que j&apos;en perds la respiration et je suis couvert d&apos;&#xe9;cume, sans pouvoir prof&#xe9;rer une seule parole ; l&apos;inconnu m&apos;a d&#xe9;fendu de parler ou de crier. Au bout de quelques instants, je le vois se saisir d&apos;une arme blanche, dont la lame est tr&#xe8;s reluisante ; il me la porte sur la gorge en sorte que je ne suis qu&apos;&#xe0; un demi-doigt de la mort. Je sens couler mon sang et, en bon chr&#xe9;tien, je recommande tout bas mon &#xe2;me &#xe0; Dieu. Ma frayeur fait apparemment impression sur ce mortel flegmatique ; il prend de l&apos;eau et du vinaigre, dont il m&apos;arrose le visage ; la cuisson que je sens me fait ouvrir les yeux ; alors mon homme me&amp;nbsp; saisit par les cheveux et il me lie. Je le vois aussi s&apos;emparer d&apos;une autre arme dont je crois qu&apos;il veut me br&#xfb;ler la cervelle, mais le feu ne fait que m&apos;effleurer les oreilles. Il m&apos;empaquette les mais sur une esp&#xe8;ce de linceul pour que je ne puisse pas les remuer. Voyant que je respire toujours, il m&apos;arrache bien des cheveux et para&#xee;t vouloir m&apos;&#xe9;touffer dans un tourbillon de poussi&#xe8;re. J&apos;avais d&#xe9;j&#xe0; ferm&#xe9; les paupi&#xe8;res, mais pour consommer son ouvrage, il prend de nouvelles armes qui lui restaient encore, et qu&apos;il tire de sa poche : &amp;quot;C&apos;est, me dis-je, le ciseau de la Parque avec lequel il veut essayer, mais en vain, de couper le fil de mes jours !&amp;quot; J&apos;&#xe9;tais tout tremblant et immobile d&apos;effroi comme un homme qui n&apos;attend que sa derni&#xe8;re heure. Mon bourreau aper&#xe7;oit une bourse qui &#xe9;tait sur ma commode, il s&apos;en saisit et me reprend au collet et par les cheveux. A ce dernier trait, j&apos;ouvre les yeux pour la seconde fois et je m&apos;empare brusquement d&apos;un couteau que je trouve sous ma main. Cet acte d&apos;&#xe9;nergie lui fait prendre la fuite. Je m&apos;essuie le visage devant le miroir. Peu &#xe0; peu je me reprends et je m&apos;aper&#xe7;ois (Eclatant de rire) que mes cheveux &#xe9;taient fris&#xe9;s, coiff&#xe9;s, pommad&#xe9;s, ma barbe faite. Mon assassin &#xe9;tait un nouveau gar&#xe7;on coiffeur que son ma&#xee;tre m&apos;avait envoy&#xe9; et qui &#xe9;tait muet. Jugez de ma stup&#xe9;faction et de ma satisfaction. J&apos;en &#xe9;tais quitte pour la peur, mais entre nous, c&apos;&#xe9;tait une peur bleue.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffcc66&quot;&gt;Fran&#xe7;ois HESNAULT&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 06 Apr 2008 15:01:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;oiseau-mouche</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/04/8551796.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/04/8551796.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8551796/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/04/8551796.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#99cc99&quot;&gt;&lt;img height=&quot;357&quot; alt=&quot;colibri1&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/37/28/218998/23865518.gif&quot; width=&quot;248&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Il y avait une fois, dans la vieille Bretagne, un pays appel&#xe9; Minor dont les habitants &#xe9;taient si petits que jamais &#xe2;me qui vive ne les avaient remarqu&#xe9;.&lt;br /&gt;Minor &#xe9;tait gouvern&#xe9; par une f&#xe9;e grande comme le pouce d&apos;un enfant, c&apos;&#xe9;tait la plus grande personne du royaume.&lt;br /&gt;La race animale &#xe9;tait dignement repr&#xe9;sent&#xe9;e par des chevaux gros comme des petites souris, des boeufs encore plus petits et des oiseaux comme des moucherons.&lt;br /&gt;Mais, h&#xe9;las ! Minor avait un fl&#xe9;au, et ce fl&#xe9;au &#xe9;tait une race d&apos;oiseaux d&apos;une taille extraordinaire.&lt;br /&gt;Chaque ann&#xe9;e les r&#xe9;coltes &#xe9;taient ravag&#xe9;es et dans les vergers les cerises des Minoriens disparaissaient comme par enchantement.&lt;br /&gt;La pauvre reine-f&#xe9;e n&apos;avait pas le pouvoir de d&#xe9;truire elle-m&#xea;me la race des Ravageurs, - comme on l&apos;appelait, - mais elle ordonna une chasse active, et quiconque lui apportait un de ces oiseaux recevait une prime consid&#xe9;rable.&lt;br /&gt;Gr&#xe2;ce &#xe0; la prime la race disparut, seul un couple de Ravageurs &#xe9;chappa au massacre en s&apos;enfuyant dans un pays alors inconnu, en Am&#xe9;rique.&lt;br /&gt;L&#xe0;, il s&apos;est multipli&#xe9; tout &#xe0; son aise et nous pouvons admirer aujourd&apos;hui l&apos;oiseau maudit du royaume de Minor : c&apos;est le bijou de la nature, c&apos;est l&apos;oiseau-mouche.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#99cc99&quot;&gt;Albert BARRE&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 04 Apr 2008 11:52:00 GMT</pubDate></item><item><title>La pr&#xe9;paration de la r&#xe9;volte</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/02/8549747.html</link><category>Conte, l&#xe9;gende, fable, histoire...</category><comments>http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/02/8549747.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://contesetlegendes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8549747/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://contesetlegendes.canalblog.com/archives/2008/04/02/8549747.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#66cc00&quot;&gt;La sc&#xe8;ne se passe dans l&apos;un des cantons les pus &#xe2;pres du P&#xe9;rigord, o&#xf9; une famille de petits seigneurs, les Nansac, ajoute depuis longtemps, par sa cruaut&#xe9;, aux malheurs des pauvres gens. Mais leur tyrannie est devenue insupportable. Un jeune homme, Jacquou, va, &#xe0; la t&#xea;te des paysans, et avec Jean son vieil ami, donner le signal de la r&#xe9;volte et pr&#xe9;parer l&apos;incendie du ch&#xe2;teau.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/08/03/218998/23858604.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;272&quot; alt=&quot;hnk6cgci&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/08/03/218998/23858604_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#66cc00&quot;&gt;L&apos;endroit &#xe9;tait un petit plateau entour&#xe9; de