16 novembre 2007

L'Eté de la Saint-Martin

Dès les premiers jours de novembre, la bise avait soufflé, et les montagnes s'étaient couronnées de neige. Aux rameaux dépouillés des arbres s'accrochaient déjà de petits glaçons, miroitant comme de beaux diamants, sous le pâle soleil, un soleil froid d'hiver.Le manoir, placé sur un coteau, faisait une tache sombre dans la campagne enveloppée de son linceul d'hermine. Des corbeaux, par bandes, croassaient en traversant le ciel, au-dessus des toits d'où montait une fumée bleue.Seules, les cheminées des pauvres gens restaient sans... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 16:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 novembre 2007

Le grand savant

Il y avait une fois un petit garçon qui était toujours le premier à l'école. Prix de grammaire, prix d'arithmétique, prix d'histoire, prix de géographie, il les avait tous.Et cela, il faut le dire, enflait bien un peu le pauvre petit et il s'habituait tout doucement à se prendre pour un savant.Il avait pour voisine une petite fille qui venait souvent jouer avec lui. Elle n'avait pas autant de facilité pour apprendre, mais c'était une bien gentille enfant, aimable et douce avec tout le monde, obéissante avec ses parents.Notre grand... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 18:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
08 novembre 2007

La souris blanche

Comment la fée des Pleurs fut changée en blanche sourette. Un jour de printemps et de nouvelle lune, il se fit un grand mouvement dans le royaume des fées. Toutes étaient conviées à une grande fête que donnait, le soir même, la reine des fées à son peuple.A l'heure convenue, comme vous le pensez bien, ces dames arrivèrent en foule, exactes et empressées, chacune voyageant à sa manière, les unes dans une conque de saphir attelée de papillons, les autres dans une feuille de rose emportée par le vent.Une fée manquait au rendez-vous. Dès... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 21:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 novembre 2007

Tirer le diable par la queue

Dans le pays albigeois, il existait autrefois une abbaye de l'ordre de Saint-Bernard, l'abbaye de Bellecelle. Aux premiers temps de sa fondation, ce monastère était aussi pauvre qu'honnête ; or, il était excessivement honnête ; devinez s'il était pauvre.La cuisine des frères se ressentait de cette pénurie apostolique. Les repas étaient toujours maigres, alors même qu'ils étaient gras, et la portion congrue de chaque moine était fort incongrue. Or l'établissement comptait vingt-quatre moines. Il en serait venu un vingt-cinquième qu'il... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 19:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
28 octobre 2007

Le pain des mécontents

Il était une fois un boulanger qui avait, comme on dit, un caractère du diable. Pour peu que son pain ne fût pas assez cuit ou le fût trop, il entrait dans une colère d'âne rouge, et alors sa femme et sa fille étaient obligée de prendre la fuite.Un jour qu'il frappait du pied, jurait, tempêtait, il vit apparaître à l'ouverture du four un petit homme noir, fluet, avec des cornes et une longue queue.- Monsieur le boulanger, dit le diablotin, pourquoi faites-vous tout ce tintamarre ? Parce que votre pain est brûlé et votre fournée perdue... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 14:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 octobre 2007

Pierre le Crédule

Pierre s'ennuyait : il rêvait d'être riche et la fortune ne venait pas à lui.- J'irai à elle, se dit-il, et le voilà parti.Tout de suite il eut la chance d'entrer chez un bon maître qui le garda sept ans. Pierre rassembla alors ses économies et témoigna le désir d'aller revoir sa mère et son pays. - Cela prouve ton bon coeur, lui dit son maître, je veux bien t'en récompenser, prends ce lingot d'or.Le lingot était aussi gros que la tête de Pierre... Le soleil était brûlant : Pierre fut bientôt las. Il vit passer un beau cavalier bien... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 21:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

25 septembre 2007

Un conte du vieux temps

Mes petits amis, approchez de moi sans crainte, bien que je sois un vieillard à grande barbe blanche, et que je porte une faux avec laquelle se fauchent toutes les oeuvres des hommes quand elles sont parvenues à leur maturité. Vous êtes de gentils bébés, vous êtes encore loin de ce moment, et la nouvelle année que vous inaugurez sera suivie de nombre d'autres, avant que vous entrevoyiez au-dessus de votre lit l'ombre de cette faux. Pour le moment, je la place à mes côtés et je la surveille de manière que vous ne puissiez pas vous... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 21:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
29 juillet 2007

Le cocher mystérieux

Il était la bonté même, Petit Jean n'en était pas récompensé, car il n'était heureux : les fermiers de la ferme des Saules qui l'avaient recueilli après la mort de ses parents, n'étant pas riches, se lassaient déjà de nourrir une bouche inutile.On ne le maltraitait pas, bien sûr, mais on lui laissait voir aisément qu'il était de trop dans la maison. Jean avait le coeur sensible ; il souffrait donc de cet état de choses qui, cependant, loin d'aigrir son caractères, le rendait plus accessible à la pitié. Il portait surtout un grand... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 21:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
30 mai 2007

Le valet du diable

Au temps jadis vivait un brave homme qui était riche. Il avait beaucoup de domestiques, qui tous se louaient de leur maître. Ils disaient :- Il n'y a sous le ciel aucun maître qui soit aussi bon que le nôtre. Il nous donne une excellente nourriture, il nous habille bien, nous distribue le travail dans la mesure de nos forces, il ne nous humilie jamais par de rudes paroles. Il n'est pas comme les autres maîtres, qui traitent les domestiques comme si ces derniers étaient du bétail, et plus mal encore. Notre maître veut notre bien, il... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 12:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
11 avril 2007

Le chant de l'alouette

As-tu déjà parcouru la campagne, ami lecteur, à l'aube d'un beau jour d'été quand le soleil surgissait, le front radieux, de son lit de pourpre ; quand les blonds épis qui couvrent la plaine ondulaient comme les vagues d'un océan d'or, mollement balancés par la brise ?Ton oreille attentive écoutait une divine mélodie qui dominait les bruits mystérieux de la nature frissonnante sous le réveil. Tes yeux levés vers le ciel d'où semblaient venir ces chants délicieux distinguaient, perdu dans l'immensité bleue, un point imperceptible, qui... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 15:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]